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28/03/2010 12h00 Bonjour, monsieur Arnaud Waltz, je ne saurai point inconvenant, en formulant à votre attention, la distinction d’usage : « sensei », qui sanctionne l’enseignement de votre discipline. Ah oui ! Maestria et virtuosité dans votre dévouement au grand œuvre, pour la disciplinaire du Budo. J’ai apprécié votre entrevue sur Evène, s’agissant de la pratique de l’aïkido ; Dont j’ai eu " oui - dire", et qui me parait opportun pour parfaire, si ! je puis m’exprimer ainsi : le kyūdō de l’aspirant.Vocable pour le moins bien convenable, pour initier la quête de la perfection de l’art. Pour ma considération personnelle, vos propos, vivifient mon émulation pour la discipline martiale, vers la maitrise de la didactique du mental ; Car je vise ou plutôt, j’ai opté pour la métaphysique de l’œuvre. Et ce, grâce à la « sapientia » ! Qui honore votre instruction de la pratique, à l’ égard du profane que je suis. Bien cordialement.
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INTERVIEW D'ARNAUD WALTZ L'aïkido, voie de l'harmonie
Propos recueillis par Jean-Nicolas Berniche pour Evene.frUn grand merci à Pierre Le Lay et Yvan Bert pour leur collaboration - Mars 2010 - Le 17/03/2010
« INTERVIEW D'ARNAUD WALTZ »
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Art de saisies et de projections prônant la non-violence, l'aïkido est né de l'expérience de son créateur Morihei Ueshiba et de sa réflexion spirituelle sur la pratique martiale à l'ère de la militarisation japonaise. Le pratiquant et enseignant haut gradé Arnaud Waltz fait le point sur cette discipline qui va bien au-delà du simple sport.
Arnaud Waltz a commencé l'aïkido en 1973. Il y est arrivé "par hasard", parce qu'aucun club de karaté n'existait près de chez lui. Par la suite, il a pratiqué de nombreux autres sports de combat : kendo, karaté, boxe thaï, judo et même… rugby ("Pour moi, c'est un sport de combat collectif."). Mais après 37 ans de pratique reste une constante : l'aïkido. Jamais le budoka (1) n'a cessé cette discipline, même quand il pratiquait la compétition dans d'autres sports. Lorsqu'on lui demande pourquoi il n'a pas laissé tomber, il répond gaiement : "D'abord, parce que j'y ai rencontré des individus intéressants, ensuite parce que l'activité en elle-même se renouvelle en permanence… et j'ai besoin de ce renouvellement, je suis extrêmement instable !" L'aïkido, un art martial traditionnel dont chaque mouvement ouvre sur un autre mouvement, dont le combat n'est pas la clé, dont les codes sont aussi fascinants que mystérieux… Difficile de s'y retrouver. Heureusement Arnaud Waltz, sixième dan, à la fois professeur d'aïkido et de sciences de l'éducation, est là pour nous éclairer.
Le 27 mars, vous serez à Bercy pour montrer à quoi ressemble l'aïkido ?
Je n'y vais pas pour montrer ce qu'est l'aïkido : quand on fait un tel spectacle, on est obligé de tricher avec la technique car elle n'est pas lisible telle quelle par le spectateur. Il faut construire une chorégraphie de manière à ce qu'il ait le temps de voir et de comprendre ce qui se produit sur scène. L'intérêt pour le pratiquant est de trouver un équilibre entre le spectacle et ses valeurs, pour que l'exercice lui plaise autant qu'au spectateur.
Le Festival des arts martiaux mélange les disciplines traditionnelles et celles davantage estampillées "sports de combat". Comment expliquez-vous l'engouement des seconds face aux premiers ?
Arnaud Waltz et Yvan Bert, (c) Mathieu MenossiLes arts martiaux traditionnels s'effacent parce qu'ils ne se renouvellent pas. Si la tradition s'enferme dans un passé et ne se confronte jamais au présent, elle va forcément disparaître. L'aïkido évolue en permanence, car c'est un sport extrêmement moderne. Lorsqu'il apparaît dans le Japon des années 1920, sa forme n'est pas encore précise. Aujourd'hui encore c'est un art tout jeune, on se pose des questions d'enseignement, de pratique. Ce qu'on fait désormais en aïkido ressemble de moins en moins à ce qu'on peut voir sur de vieux films sportifs, et ça va continuer dans ce sens. La pratique sera plus orientée vers la santé et l'écologie que vers l'art martial, car il s'agit de préoccupations actuelles.
L'aïkido a donc de beaux jours devant lui…
Oui… Le problème, c'est que l'aïkido est une activité non seulement difficile à apprendre, mais aussi compliquée parce que les enseignants la rendent compliquée. Il y a une manière assez ésotérique d'amener les choses, qui correspond probablement à l'interprétation que nous avons en Occident des arts martiaux japonais. On y projette nos valeurs en les transformant. La valeur du travail, du temps passé à la tâche perdure dans les arts martiaux, alors que les individus qui entrent dans la pratique aujourd'hui n'ont pas du tout les mêmes attentes qu'il y a trente ans. Ils veulent comprendre immédiatement, ne pas passer beaucoup de temps à la pratique, aller voir un peu partout. On a donc du mal à fidéliser les jeunes.
Au départ, à quoi obéissait votre propre pratique de l'aïkido ?
Arnaud Waltz et Pierre Le Lay, (c) Mathieu MenossiMême lorsque je pratiquais d'autres sports et que je manquais de temps, je n'ai jamais laissé tomber l'aïkido. Ca m'a toujours semblé être la discipline la plus intéressante du point de vue de la bagarre… J'ai longtemps investi ma pratique d'une volonté d'en découdre. Le travail doit se faire avec l'autre, et non contre lui, mais je n'ai pas compris ça tout de suite : je voulais être le plus fort ! Je suis d'ailleurs devenu très bon, et puis un jour, j'ai rencontré des Japonais qui m'ont dit que ce que je pratiquais, ce n'était pas de l'aïkido. Ca m'a questionné : qu'est-ce que j'avais fait durant toutes ces années, à part casser la figure aux copains ? C'est à ce moment que j'ai commencé à étudier l'aïkido, à entrer dans la pratique.
Vingt ans après avoir commencé…
On peut schématiser les choses comme ça : il y a une période à laquelle on apprend à marcher, à coordonner ses gestes. Après on fait ça avec l'autre, on essaie de le construire en validant les choses apprises. Et puis si on continue à vouloir valider en permanence, c'est qu'on n'a jamais rien appris. A un moment donné, il faut comprendre que ce qu'on a déjà appris doit suffire pour la suite. Il n'y a plus à valider mais à mettre en relation, à partager avec l'autre. Là, ça devient intéressant. Mais ça demande de se déprendre des fantasmes de toute-puissance, de la volonté d'être le seul, le meilleur, de valeurs qui vont gêner la pratique de l'aïkido et faire en sorte qu'on passe à côté. Et puis il faut aussi démystifier les maîtres, démonter tous les ressorts. Après, on peut effectuer une pratique qui rentre dans le quotidien, dans l'ordinaire. Alors que dans les premiers temps on cherche toujours l'extraordinaire.
La pratique de l'aïkido devient alors davantage un combat contre soi-même ?
Arnaud Waltz et Pierre Le Lay, (c) Mathieu MenossiIl ne doit même plus y avoir de combat. Le combat contre l'autre initie la pratique, et dans un second temps on peut effectivement le transposer contre soi-même. Mais c'est toujours imaginer qu'il y a un ennemi ; c'est de ça dont il faut se départir ! D'ailleurs, s'il existe un véritable danger, on n'y peut rien, et ce n'est pas avec une technique de torsion de poignet qu'on va résoudre le problème… C'est pourquoi, après tout ça, il ne faut plus chercher à se vaincre soi-même mais s'accepter tel qu'on est et partager avec les autres. On teste alors à travers une activité physique les émotions qu'on donne à l'autre, ce qu'on reçoit de lui et ce qu'on en fait. Là est la "philosophie" des arts martiaux, qui correspond à une conception de vie. Personnellement, j'y ai découvert l'intérêt de construire du collectif, parce que je me suis rendu compte que je n'y arrivais pas seul, que travailler avec un seul partenaire sans les autres autour ne pouvait être profitable et enrichissant. C'est d'ailleurs ce qui caractérise particulièrement la pratique de l'aïkido : on doit la partager tous ensemble, sinon elle n'a aucun intérêt.
L'aïkido sort donc des limites du dojo ?
Arnaud Waltz et Yvan Bert, (c) Mathieu MenossiBien sûr, mais il ne faut pas retenir de l'aïkido seulement les notions d'échange et de partage, puisque la pratique commence toujours par un conflit. Il est artificiel, certes, mais il va s'alimenter de tous les ressorts conflictuels qu'on peut nourrir contre les autres et contre soi-même. Ce qu'on peut transposer dans la vie de tous les jours, c'est la stratégie gagnant-gagnant de l'aïkido : on construit ensemble. Mais cela fonctionne avec n'importe quelle activité prenant l'autre en compte. Dans l'aïkido, il doit y avoir nécessairement au départ l'expression d'un conflit vital, sinon la dimension martiale disparaît. La martialité renvoie au fait de s'engager totalement, de pouvoir tout perdre ou tout gagner sur un geste. Si on est conscient de ça, qu'on s'engage complètement, on peut effectivement construire n'importe quoi dans la vie de tous les jours. Mais pour construire collectivement, il faut être au moins deux ; si l'autre n'a pas envie d'être en harmonie, on ne construira rien.
On doit expliquer à l'autre qu'il se trompe ?
Ce serait donner une leçon, c'est donc mal parti pour trouver une entente… Il faut véritablement, dans la technique, ne jamais rien imposer à l'autre mais être au service de ce qu'il fait. C'est seulement dans cette attitude-là qu'on peut trouver quelque chose de l'ordre de l'harmonie. On doit partir du postulat que nous sommes identiques, mêmes en cas de niveaux différents. Refuser cela augmente simplement les différences en montrant à l'autre ce qu'il n'est pas, ce qui lui manque, ce qu'il devrait faire. Nous devenons alors tous des guides les uns pour les autres, mais nous sommes tous aveugles !
Le maître est le guide ?
Arnaud Waltz et Pierre Le Lay, (c) Mathieu MenossiJe ne crois pas… Le maître est celui qui ne sait rien. Il peut montrer à l'élève où il en est et lui donner des indications, mais il ne doit pas lui dire quoi faire. L'aïkido est une découverte de soi qui ne peut se faire qu'à l'aune de la relation aux autres. Je vais dire quelque chose de blasphématoire, mais je crois que Morihei Ueshiba n'a jamais fait d'aïkido, il l'a inventé. Comme Marx n'était pas marxiste, Ueshiba n'était pas aïkidoka. Il a lancé une idée complètement absurde dans le Japon fascisant de 1925 (2) ; à nous, ensuite, d'en faire ce qu'on veut et de voir si ça fonctionne. C'est une pratique qui n'existe que dans le moment de la pratique, il y a une expérimentation permanente qui va ouvrir à une perception du monde, qui passe par le contact et permet de se représenter les effets négatifs de nos actions. Ce travail sur l'émotion nourrit à la fois le geste et la pensée.
(1) Le budo constitue l'ensemble des arts martiaux japonais, et par extension la spiritualité qui leur est associée. Le budoka est celui qui pratique un budo.
(2) Au moment où le Japon se militarise, Morihei Ueshiba prône un art de la paix qui prend le contre-pied des arts martiaux existants. La pratique martiale devenant inutile à une époque où apparaissent des armes de masse, Ueshiba fait évoluer et renouvelle le budo.
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23/03/2010 12h00 La tradition romaine et grecque antique admirait l'harmonie corps-esprit : "Mens sana in corpore sano" ou encore "En regardant Alcibiade (son corps nu), l'on devient architecte". L'intellectualisme français et son parisianisme, héritiers de siècles de rejet chrétien du corps, se gargarise de mots, de sophisme et snobisme. En bon Français, nous pédalons dans la semoule. Né et éduqué à Paris (Jeanson), j'ai passé une ou deux vies à enseigner le ski et à y trouver un sens. Votre article me passionne. Evene brise les barreaux de la prison parisianiste. Divine surprise ! Arnaud WALTZ risque d'être intéressé par ce qu’il trouvera sur skipanda.com. Alain B.
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09/02/2012 11h41 Romain, je tenais à vous dire que je fus émue à pleurer en visionnant Molière ! Vous avez été si émouvant, si séduisant, si tendre dans cet...
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« Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus. »
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