-
23/04/2012 04h24 J'ai eu la chance de voir cette expo à Milan l'année dernière et elle m'a complètement conquise. En plus d'etre...
Voir tous les avis
BILAN D'ART BASEL L'art contemporain ne connaît pas la crise
Par Maxime Rovere - Le 20/06/2011
Art Basel n'est plus seulement la foire d'art contemporain la plus importante de la planète – en volume, en qualité, en chiffre d'affaires ; avec les années, elle est aussi devenue une sorte de festival géant qui rassemble le monde de l'art en un seul lieu, dans les montagnes suisses, laissant le reste en suspension. Evene dresse le bilan de cette dernière édition.
Avez-vous entendu ce pénétrant silence ? Le monde de l'art a retenu son souffle du 15 au 19 juin. « Personne au monde n'inaugure d'exposition pendant Art Basel… », confie Martin Kiefer, coordinateur des expositions au Louvre. Au vrai, avec les années, la foire est aussi devenue une sorte de festival géant qui rassemble le monde de l'art en un seul lieu. Et on ne compte plus seulement le « in » ou le « off » de Basel. Non, c'est toute une ville qui vibre au rythme du contemporain. Quatre types de publics se déplacent à Bâle : les collectionneurs avertis, les responsables de musée, les acheteurs occasionnels et les amateurs d'art. Plus elle gagne en maturité, plus la foire satisfait au plus près les attentes des uns et des autres. Le crû 2011 n'a pas démenti le succès des années précédentes – au contraire. À l'heure du bilan, reprenons-les jour après jour.
L'embarras du choix
Les collectionneurs se pressent dès le matin, Courtesy of Art BaselLes premières heures appartiennent aux collectionneurs chevronnés. Pour ne pas laisser leur artiste fétiche se faire acheter par d'autres, ils arrivent en début de foire. Quelques minutes à peine après l'ouverture des portes, ils se rendent, à pas pressés, au stand de la galerie où les œuvres sont susceptibles de se trouver. Parfois, l'artiste est représenté par plusieurs marchands : c'est l'embarras du choix. En cas de mauvaise pioche, il reste toujours le « marché secondaire », les galeries qui revendent des œuvres qu'elles ont elles-mêmes achetées à d'autres. Quoi qu'il en soit, la plupart des ventes les plus importantes ont lieu dès le premier jour. Ce sont des transactions entre des collectionneurs qui savent ce qu'ils veulent, et des galeristes qui savent ce qu'ils vendent, et même souvent à quels acheteurs ils souhaitent le vendre. En effet, certains collectionneurs suivent les artistes pendant toute leur carrière, et c'est le genre de fidélité que les galeristes encouragent le plus. Dès le premier jour, l'évidence est criante : malgré la crise, l'argent est là et le marché 2011 se porte bien. Les collectionneurs européens, chinois ou orientaux ont été plus nombreux que les Américains, du fait d'un dollar très bas. « Du point de vue du marché, c'était une bonne foire », confie une galeriste.
Marchepied pour l'éternité
Les triangles de Fred Sandback, Courtesy of Art BaselLes galeristes ne viennent pas seulement pour vendre, mais aussi pour montrer les œuvres. La sélection d'Art Basel est célèbre par son exigence : les artistes les mieux établis côtoient les nouvelles recrues des galeristes les plus renommés. C'est pourquoi les responsables de musées viennent y voir l'évolution des créateurs et mesurer leur importance. Inversement, il est indispensable, pour les galeries du monde entier, d'y être présentes, dans l'espoir que l'œuvre, remarquée ici, soit exposée puis acquise par un musée. Ainsi, la foire n'est pas une plateforme de lancement pour débutants, c'est plutôt un marchepied pour l'éternité.
À l'intérieur de la foire officielle, un second pavillon s'est avéré particulièrement intéressant : l'ancien directeur de la foire, Samuel Keller, a souhaité ajouter à « Art Basel », où se concentrent les galeries, la section « Art Unlimited » qui regroupe les œuvres trop grandes pour être exposées dans les stands. L'espace se visite alors comme l'une des meilleures expositions d'art contemporain au monde, et beaucoup ont pu voir que les œuvres, cette année encore, sont encore plus remarquables ici qu'à la Biennale de Venise. On retiendra la photographie du mur de Jérusalem par Robert Longo (3 m de haut et plus de 8 m de long), et les grands triangles de Fred Sandback achetés par un musée chinois.
Juste pour voir
Gavin Brown's enterprise, Courtesy of Art BaselPassés quelques jours, les visiteurs ont moins de moyens et demandent volontiers des informations sur l'œuvre. C'est alors que le galeriste montre son savoir-faire : « expliquer pourquoi c'est une belle œuvre, et pourquoi il faut dépenser de l'argent pour cette œuvre », résume Matilde Guidelli Guidi, de la galerie Paula Cooper. D'un stand à l'autre, l'amateur d'art remarque l'évolution des tendances. Cette année, la peinture est omniprésente ; la vidéo s'est repliée dans le pavillon « Unlimited », et la photographie, medium désormais affirmé, est moins présente. C'est une tendance, parmi d'autres, que ce regain d'intérêt pour le travail : pour les trompe-l'œil de Tauba Auerbach, Paula Cooper confesse une liste d'attente de 127 personnes ! Mais comme l'écrit Erik Van Lieshout : « Le vrai luxe, c'est de ne rien acheter. »
vos commentaires
Pour aller plus loin
Articles & dossiers associés
-
5 BONNES RAISONS D'ALLER À BÂLE
TourismePlus primesautière que Genève, Bâle déborde d'énergie. En plus de son traditionnel carnaval, la ville suisse peut compter sur sa fameuse foire d'art contemporain, l'Art Basel, qui ouvrira...
Plus sur 5 BONNES RAISONS D'ALLER À BÂLE
Les événements associés
Autres
Art Basel
La foire de Bâle est un des événements les plus importants au monde en art moderne et contemporain. Près de 300 galeries d'Amérique du Nord et d'Amérique Latine, d'Europe, d'Asie et d'...
Plus sur Art Basel Réservez vos places sur fnac.comLes stars & célébrités associées
-
Ernst Beyeler
Galeriste et marchand d’art suisseNé à Riehen Né le 16 Juillet 1921Ernst Beyeler arrive un peu par hasard dans l’univers de l’art. Étudiant, il est embauché dans la boutique de livres anciens d’Oskar Schloss, juif allemand réfugié en Suisse. Le soir venu,...
- Plus sur Ernst Beyeler
fil culture
-
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez15/05 AC/DC, le retour ? -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez15/05 Picasso à Roubaix, un succès mérité -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez15/05 Hommage à Cassavetes cet été -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez15/05 Depardieu mobilisé pour sa...
les Avis des membres
citation du jour
« Cannes c'est un endroit bizarre où l'on montre des films qui ne sont pas sûrs de sortir à des gens qui ne sont pas sûrs d'y aller. »
de Gilles Jacob
En savoir plus sur cette citationVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez-
Membres (5)




