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23/04/2012 04h24 J'ai eu la chance de voir cette expo à Milan l'année dernière et elle m'a complètement conquise. En plus d'etre...
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EXPOSITION ‘BIG BANG’ AU CENTRE POMPIDOU Désordre dans l'art du XXe siècle
Boris Daireaux pour Evene.fr - Janvier 2006 - Le 11/01/2006
Commencée au mois de juin et visible jusqu’au mois de mars 2006, l’exposition ‘Big Bang’ offre un vaste panorama de tout l’art du XXe siècle. Réjouissant. Découvrez la video EVENE exclusive de cet événement dès maintenant...
Il y a bien des comparaisons à faire entre l’ouverture du MAC/VAL à Vitry-sur-Seine et cette exposition ‘Big Bang’. Dans cette vision éclatée de l’art du XXe siècle, qui n’obéit plus seulement à des critères chronologiques mais appréhende l’art de façon thématique, dans ces rapprochements formels, ces dialogues entretenus par des artistes d’époques différentes.
Au programme huit thématiques
Destruction, Construction / Destruction, Archaïsme, Sexe, Guerre, Subversion, Mélancolie, Réenchantement : Voilà les huit thématiques abordées dans l’exposition ‘Big Bang’. Si l’on appelle parfois péjorativement le nouveau musée de Vitry, le MAC/VAL, une "petite antenne" de Beaubourg, il reste que les deux espaces sont liés par une même volonté de montrer l’art différemment, non plus de manière chronologique mais thématique. Et c’est une chose réjouissante que de découvrir l’art dans le "désordre", montré avec une logique nouvelle d’exposition. Les oeuvres sont là, 850 au total, qui offrent une vision aérée, fraîche, de l’art du XXe siècle.
Des oeuvres primordiales dans la compréhension de l’art du XXe siècle
César, Donald Judd, Richard Long, Bruce Naumann, la liste est longue des artistes que l’on pourrait citer et dont les chefs-d’oeuvre figurent à l’exposition ‘Big Bang’. Pourtant, si l’on regarde de plus près, certaines oeuvres se détachent par leur singularité et l’évidence de leur beauté. Mais il n’y a pas que des critères esthétiques ou émotionnels à privilégier lorsque l’on regarde une oeuvre d’art. En l’occurrence, devant la masse un peu indigeste des travaux, il faut considérer des oeuvres majeures, rares, qui viennent éclairer la lanterne du spectateur novice ou du critique surpris, par exemple de voir des oeuvres fondamentales de l’art conceptuel présentes dans un musée qui nous y avait si peu habitués. Il est bien difficile en effet de parler, dans une telle exposition, d’une oeuvre en particulier et d’affirmer, au-delà d’un sentiment très subjectif, qu’une oeuvre est plus grande, plus belle, ou même meilleure qu’une autre. Pourtant, la sculpture ‘Expansion n. 14’ de César est fascinante, tout comme le sont les tableaux de Ad Reinhardt ou Ellsworth Kelly. Mais il faut aller plus loin que cette vision un peu trop émotive de l’art et tenter d’appréhender l’art du XXe siècle dans son ensemble. Et c’est là que l’exposition est remarquable, dans la manière qu’elle donne à voir des oeuvres complexes mais qui ici semblent accessibles, infiniment touchables pourrait-on dire. C’est le cas d’une oeuvre de Robert Morris, ‘Card File’, 1962, qui préfigure toutes les orientations du mouvement de l’art conceptuel. D’autres artistes de ce mouvement, notamment Weiner, Atkins et Richardson (du mouvement Art & langage), Baldessari, ou encore Joseph Kosuth sont aussi présents mais la manière de montrer leurs oeuvres, de les agencer, est infiniment subtile et bien trouvée. Parce que ces oeuvres semblent on ne sait trop comment beaucoup plus abordables qu’elles ne le sont vraiment. C’est une réussite incontestable de l’exposition.
Une scénographie un peu chargée
S’il est intelligent de rapprocher le tableau de Malévitch, ‘Carré noir’ (1923-1930), des peintures de carrés noirs sur fond blanc de Mac Collum, 1985, si le spectateur est ravi de voir des films du mouvement Fluxus, ou des oeuvres de Robert Filliou, si la scénographie aménage astucieusement des vitrines en référence à des oeuvres ou des grands courants littéraires, il y a quand même un hic dans cette exposition. C’est d’une part la surcharge des oeuvres, étouffante, et d’autre part la simplification des thématiques dans lesquelles sont enfermées les oeuvres. C’est une réduction, et parfois une facilité de mettre les oeuvres dans un même sac. C’est assez vain en général. On ne voit en effet pas pourquoi une oeuvre comme ‘Musique télépathique n. 5’ de Robert Filliou ne pourrait pas autant s’inscrire dans la partie ‘Régression’ que la thématique ‘Réenchantement’ ni pourquoi le mouvement conceptuel a particulièrement quelque chose à voir avec la déconstruction. Mais au-delà de ces catégories un peu simplistes de l’art, les mêmes qui avaient agacé l’auteur de cette critique lors de l’ouverture du MAC/VAL, il y a de bien belles choses à voir dans cette exposition.
Une appréciation des oeuvres forcément très subjective
Une question se pose à nouveau : "Comment évaluer l’art au-delà du seul sentiment de la subjectivité ?". On pourrait dire, par exemple, que le film de Peter Kennedy et Bob Watts ('Fluxfilms,' 1970) est génial dans sa simplicité et son dispositif visuel, que les dessins de Arnulf Rainer frappent peut-être plus qu’aucun autre, que le film de Lucy Gunning, ‘The Horse Impressionists’, 1970, est infiniment plus drôle que les sketches de Laurel et Hardy, mais l’on reste, il faut bien l’accepter, dans une vision très subjective de l’art contemporain, une vision à laquelle on ne peut échapper et qu’il faut tolérer comme telle. Comment échapper, en effet, dans cette immensité d’oeuvres, ce magma de tableaux, à la subjectivité du regard. Il y a des oeuvres qui marquent plus que d’autres, et c’est un peu un point de repère dans cette forêt d’oeuvres. C’est là où l’oeil s’arrête, où son acuité se fait sentir. Comment faites-vous lorsque vous êtes perdu au milieu d’une foule ? Vous cherchez un point de repère. Et bien, c’est un peu pareil pour ‘Big Bang’. Vous cherchez des points de repère, des oeuvres marquantes dans une masse compacte. Et elles ne manquent pas.
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