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06/04/2010 12h00 Ne serait’ il pas possible d'envisager le troc comme mode de rémunération d'une action, je pense à l'artiste qui peut rémunérer un critique via une toile. En c'est temps de disette le troc peut être un acteur du développement culturel, participer à l'émergence de talent en permettant à de jeunes artistes de bénéficier des compétences d'étudiants des Beaux-arts de dernière année. J'aimerai participer et travailler à la mise en place de passerelles entre les différents acteurs de la communauté artistique. Soyons inventif et créatif. Cordialement. Michel.
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BABELDOOR Un autre don est possible
Guillaume Benoit pour Evene.fr - Mars 2010 - Le 22/03/2010
« BABELDOOR »
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L'Internet participatif a le vent en poupe. Mais dans le monde terrible des sites sollicitant l'aide financière de généreux internautes, 'Babeldoor', ouvert en début d'année, s'impose comme l'une des initiatives les plus rafraîchissantes du Web. Autour d'une idée simple, sa fondatrice Hortense Garand défend, pleine d'enthousiasme, cette exception culturelle du Web. Et forcément, dès qu'elle en parle, on adhère...
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' est un projet à nul autre pareil. Le principe est simple : "Mettre en relation des porteurs de projets de toute nature avec des personnes qui souhaitent les soutenir de façon solidaire", explique Hortense Garand, fondatrice et présidente de 'Babeldoor', autrement dit "fédérer des internautes qui tous ensemble vont prendre le risque financier du projet". Concrètement, le "porteur de projet" (artiste, auteur, explorateur, humanitaire, metteur en scène, réalisateur…) soumet une idée et les moyens financiers nécessaires pour la réaliser. 'Babeldoor' diffuse son message et met à sa disposition un espace au sein duquel les internautes peuvent le soutenir comme ils le souhaitent. La mise de départ est de 5 euros, qui ne seront débités qu'à condition que le porteur du projet ait réussi à obtenir l'intégralité de la somme nécessaire à sa réalisation. La référence à la tour du même nom n'aurait pu tomber plus juste ; érigée par la main de l'homme pour aller taquiner le ciel, elle unirait autour d'une même langue cette civilisation mue par un projet d'envergure. Avec 'Babeldoor', la langue se fait langage, celui de la création et le projet se matérialise en une communauté de passionnés altruistes.
L'amour de l'art
Une souscription à grande échelle en quelque sorte, comme il en fleurit sur le Net ('My Major Company', 'My Show Must Go On', 'Kisskissbankbank', 'Buzz My Band'…), à cette exception près que 'Babeldoor' n'a rien d'une simulation de producteurs, et lorgne bien plus du côté de l'économie solidaire. Car sur 'Babeldoor', c'est la réalisation du projet qui devient le terme de l'échange. Une perspective à laquelle tient Séverine Maire, directrice générale du site : "Au contraire de la production classique, il n'y a pas de contrepartie financière si le projet aboutit. L'internaute n'aura pas de retour sur investissement." Faut-il y voir l'éclosion d'un système de mécénat populaire ? Pas sûr, car la communauté "d'investisseurs" a beau partager un amour désintéressé de l'art, la plateforme encourage les échanges avec tous ceux qui sollicitent une aide financière. Au coeur du système 'Babeldoor', l'échange régit les participations et fait de chaque projet personnel une occasion d'oeuvrer pour le collectif.
On trouvera ainsi, pêle-mêle, un projet de financement d'un atelier mobile à New York, une participation aux frais d'édition d'un livre d'artiste, à la réalisation d'une série télévisée, d'un festival artistique, d'un jeu de société, de la restauration d'un bateau historique ou encore d'un voyage culturel. Et les gratifications attribuées aux généreux donateurs sont à l'avenant : la dédicace d'un ouvrage, un week-end avec l'artiste, des conseils avisés pour préparer son voyage, une apparition à l'écran… Un échange de compétences encouragé par les fondatrices du site, qui n'hésitent pas à rappeler aux porteurs de projets l'importance de l'originalité dans la rétribution.
La culture est un humanisme
Une originalité qui contribue à faire de 'Babeldoor' une véritable plateforme de contacts. L'artiste n'est plus celui qui "demande de l'aide" ; il appelle ici à la "participation" et à "l'adhésion" à son projet, dans un premier temps, des internautes. D'autant plus que le projet, "sélectionné", précise Hortense Garand, détourne la demande directe : "embarrassante à la fois pour la personne qui demande de l'aide mais aussi pour la personne qui reçoit cette demande". C'est tout l'intérêt d'une telle structure, envisagée comme "zone neutre qui n'oblige personne à agir mais qui met tout en oeuvre pour inviter et inciter à participer, à hauteur de ses propres moyens". Un constat à l'origine de l'initiative : Hortense Garand, elle-même artiste, a connu ces difficultés. "Depuis deux ans, en traversant la crise économique, j'ai moi-même rencontré des difficultés à concrétiser des projets. Et j'étais entourée de gens avec des idées en or mais qui n'avaient plus la possibilité de les faire aboutir." Alors, passionnées par le concept d'économie solidaire, Hortense Garand, accompagnée de Séverine Maire, décide de monter une plateforme, "un outil qui permet de favoriser un maximum de petits projets". De là, l'enthousiasme aidant et le sentiment de répondre à un véritable manque a définitivement mis en branle la machine pour ouvrir, en février dernier, ce site de partage qui ne cache pas son "modèle un peu idéaliste, résolument humaniste…".
Mécénat version 2.0
Et l'idée fait mouche. Les internautes, comme les artistes, la suivent : "Il y a un énorme espoir de la part des artistes, ce qui nous conforte dans l'idée que ce service est vraiment pertinent." D'autant que les projets passent d'abord par l'examen minutieux du comité éditorial, qui sélectionne et aiguille les propositions pour permettre une offre de qualité sur le site. "A la base, il y a une gamme de critères qui sont la motivation, l'originalité, la présentation, l'énergie… Il y a donc forcément une part subjective, il est important que nous ayons une ligne éditoriale, et que nous ayons envie de porter les projets présents sur le site." Une façon de rassurer également les participants, qui savent exactement à quoi va servir leur argent. D'où la relation très spéciale qui naît avec les artistes : "Celui qui met, même 5 euros, est considéré comme à la naissance du projet. Et je pense que le porteur du projet ne l'oublie pas. La notion d'argent disparaît presque." Pour se déplacer vers l'idée de "participation" ; une notion qui fait son chemin tant les internautes tiennent à cette forme d'implication.
Le Web apparaît bien comme le médium par excellence de cette nouvelle façon de donner. "Utiliser le média papier ou ouvrir une agence aurait demandé énormément de ressources humaines… Internet est l'outil idéal pour présenter et diffuser une variété de porteurs de projets." Un biais nécessaire, ajoute Séverine Maire, pour "donner une dimension sans commune mesure au message du créateur". Et 'Babeldoor', encore jeune, commence déjà à inspirer ces mêmes créateurs, demandeurs de cette confrontation initiale : "On voit des projets qui sont maintenant écrits parce que la plateforme existe."
Mais 'Babeldoor' n'a rien de la boîte de Pandore et loin de sombrer dans la surenchère, la sélection éditoriale reste une part déterminante de la vie du site. C'est d'ailleurs au travers de cette marque de fabrique que Babeldoor compte trouver son équilibre économique. Car il n'est pas question de profit direct avec le site internet. Pour l'heure, les frais prélevés (5 % sur les transactions réussies) ne servent qu'à faire vivre les outils du site. Pour ce qui est de se rémunérer, ce ne sera que dans un second temps, avec la duplication du modèle et l'offre d'un service aux entreprises dont 'Babeldoor' sera la vitrine et le garant. Un succès que l'on espère au rendez-vous, tant pour le pari à contre-courant des impératifs économiques du monde de la culture que pour cette pensée nouvelle du financement de la création, indépendant, courageux et déjà riche d'une foule de projets inédits.
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