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08/05/2012 01h48 salut Monsieur Rodney moi c'est Boussou Kassi je suis un Acteur résident en Côte d'Ivoire, je viens de voir cet article sur ce...
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JOURNEE MONDIALE CONTRE LA PEINE DE MORT Pour une justice sans bourreau
Thomas Yadan pour Evene.fr - Octobre 2007 - Le 10/10/2007
Le 10 octobre 2007 est organisée, à l’appel de nombreuses organisations abolitionnistes, la 5e Journée mondiale contre la peine de mort. L’occasion de dénoncer la persistance d’un châtiment illégitime et barbare pratiqué dans de nombreuses régions du monde.
Aujourd’hui encore, raisonnent ces mots si éclairés de Robert Badinter : “Après 1981, le combat pour l’abolition, gagné en France, pour moi n’était pas achevé, tant s’en faut. Le refus d’une justice qui tue est un principe universel, comme les droits de l’homme […] Elle ne connaît pas de frontières et doit se poursuivre inlassablement jusqu’à ce que le dernier état qui pratiquerait encore la peine capitale y ait renoncé” (1). Une manière de signifier le caractère extranational de l’abolition. Une manière de préconiser la vigilance et la lucidité car la peine de mort s’exerce toujours dans beaucoup de pays démocratiques, ou non. C’est ce combat que mène, depuis 2002, la Coalition mondiale contre la peine de mort, organisatrice de ces journées de célébration et d’information.
Mobilisation universelle
Parti d’un mouvement citoyen et militant, le 1er Congrès mondial contre la peine de mort a réuni, les 21, 22 et 23 juin 2001 à Strasbourg, plus d’un millier de personnes afin de définir un plan de lutte contre la peine capitale. Un an plus tard, c’est à Rome que les signataires ont fondé la Coalition sous l’autorité légale d’une charte de fonctionnement. Regroupant des ONG (Amnesty internationale, ligue des droits de l’homme, etc.), des syndicats, des juristes, des enseignants, des chercheurs et des associations religieuses ou laïques, la Coalition tente de faire pression sur les Etats et les institutions mondiales (ONU, parlement européen, etc.) contre les gouvernements rétentionnistes.
En 2003 a été organisée la première Journée mondiale contre la peine de mort avec le soutien de nombreux pays tels que la France, le Canada, l’Italie, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples et l'Union européenne. Depuis, les initiatives se succèdent et les actions semblent de plus en plus effectives. Le dernier congrès en date a eu lieu à Paris, en février.
Edition 2007
Cette année, en plus des manifestations, conférences, débats, colloques, lobbying, information, etc., il s’agit d’inciter, grâce à une pétition (déjà cinq millions de signatures), l’assemblée générale de l’ONU à adopter un moratoire mondial sur la peine de mort. De Rabat à Porto Rico en passant par Kinshasa, de nombreuses rencontres sont prévues. Le mouvement abolitionniste a déjà organisé une conférence de presse en présence de la Coalition arabe contre la peine de mort, mardi dernier, et une autre, le 4 octobre, avec la Coalition caribéenne. L’Afrique sera également concernée, sans oublier les Etats-Unis où, à New York (siège des Nations Unis), les acteurs et réalisateurs Tim Robbins et Mike Farrell réaffirmeront leur opposition à la peine capitale.
Comme tous les ans, cette journée est aussi l’occasion de faire des constats, évaluer la progression ou la régression du nombre de condamnations, réfléchir sur les causes de la persistance de la peine de mort et dénoncer l’atrocité des méthodes d’application.
Le constat
Il est évident que le constat reste accablant et qu’il oblige à persévérer. Si 133 pays ont aboli la peine de mort légalement ou en fait, il reste 64 pays qui la maintiennent, avec 1591 exécutions et 3861 condamnations pour l’année 2006. (3) La réalité serait malheureusement plus dramatique puisque supérieure aux chiffres officiels. Ainsi, une estimation mondiale évalue le nombre de prisonniers en attente de la peine capitale entre 19.185 et 24.646 en 2006. La Chine, l’Irak, le Pakistan, le Soudan, l’Iran et les Etats-Unis représentent à eux seuls 91% des condamnations. De même, les méthodes d’exécution varient selon les pays concernés. En 2007 sont encore pratiqués la décapitation, l’électrocution, la lapidation, l’injection létale, le fusil ou la pendaison…
Des justifications multiples
La difficulté réside également dans la complexité des raisons de la pratique de la peine de mort. Si la Cour suprême des Etats-Unis avait déclaré en 1972 la peine de mort comme contraire à la Constitution, un retour à l’ordre et une augmentation des crimes l’ont incitée à modifier sa jurisprudence. Ainsi, le Texas, la Virginie et la Floride sont devenus les nouveaux experts de cette condamnation. Châtiment qui se justifie avant tout comme moyen de dissuasion envers les criminels. Or, pour une démocratie, une telle pratique devient d’autant plus grave qu’elle destitue la justice de sa dignité et de sa légitimité en faisant abstraction des inégalités sociales et de l’absoluité de la personne humaine.
Les Etats islamistes (Arabie saoudite, Iran, etc.) qui pratiquent la peine de mort font, quant à eux, reposer le maintien de la condamnation sur le respect de la loi divine. Ce n’est donc plus le pragmatisme ou le réalisme mais une certaine interprétation de la morale qui rentre en jeu. Il est en effet difficile de dénoncer un acte barbare sans entendre au loin les injonctions différentialistes critiquant les ingérences culturelles occidentales ? Mais encore une fois, pour les abolitionnistes, l’argument ne tient pas si l’on considère que le caractère sacré de l’homme transcende les terres et les drapeaux. Dans ce contexte, l’universalisme des droits de l’homme ne pourrait apparaître, selon eux, comme une forme implicite d’impérialisme.
Lutter pour le droit à la vie
Nombreux et légitimes sont les arguments abolitionnistes. Hugo, Zola, Nietzsche, Badinter, etc., autant d’intellectuels, de juristes, d’humanistes qui ont dénoncé la part immorale, barbare, contradictoire, inefficace de la peine de mort. Mais plus qu’un combat de droit, l’abolition engage l’humanité de l’homme, son caractère sacré. Si l’Histoire, Dieu, l’Etat, la nation, le collectif ont engendré autant de violence et justifié la barbarie, c’est par cette désacralisation de la personne humaine. Et la peine de mort est l’expression de cette défaite de l’homme, de la transgression d’une éthique basée sur la vie.
De même pour les abolitionnistes, la justice ne doit pas fonder ses principes sur des inclinations, des ressentiments ou un rapport comptable de créanciers et débiteurs (Nietzsche). Son projet est de briser l’enchaînement de violence afin de transformer la colère et la vengeance en une sanction et une réparation dignes. Car, comme le notait Badinter, “La mission de la justice n’est pas seulement répressive. Dans ses décisions s’inscrivent les valeurs morales essentielles d’une société” (1), qui sont essentiellement le droit à la vie comme corollaire de l’universalité des droits de l’Homme.
En clair, la justice ne doit pas être l’expression de la volonté de vengeance, de la vindicte populaire ou le moyen ultime de répression. Elle n’est pas non plus l’interprétation erronée de la loi du talion. Car à ceux qui voient encore aujourd’hui dans le proverbe “oeil pour oeil, dent pour dent” un appel explicite à la violence et au meurtre, Levinas répondait avec subtilité : “Le principe d’apparence si cruel que la Bible énonce ne recherche que la justice. Il s’insère dans un ordre social où la sanction si légère soit-elle ne s’inflige en dehors d’une sentence juridique [..] l’humanité naît dans l’homme à mesure qu’il sait réduire les offenses mortelles à des litiges d’ordre civil, à mesure que punir se ramène à réparer ce qui est réparable et à rééduquer le méchant. Il ne faut pas une justice sans passion seulement. Il nous faut une justice sans bourreau.” (2)
(1) ‘Contre la peine de Mort’, Robert Badinter, éd. Fayard.
(2) ‘Difficile Liberté’, Lévinas, éd. Albin Michel.
(3) Tous les chiffres proviennent du site Internet de la Coalition mondiale contre la peine de mort : www.world coalition.org
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