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Petite douceur islandaiseINTERVIEW DE DAGUR KARI
‘Dark Horse’ : pourquoi ce titre ? Eh bien pour deux raisons. A l’origine, “dark horse” est une expression tirée du jargon des amateurs de champs de courses. On parle de “dark horse” à propos d’un cheval sur lequel personne n’a parié et qui pourtant gagne la course. Cette expression résume assez bien la journée du personnage principal du film, Daniel… Mais c’est aussi un clin d’oeil amusé et amusant à une anecdote personnelle. Quand je suis allé m’installer quelque temps au Danemark où j’ai reçu ma formation aux métiers du cinéma, personne ne parvenait à prononcer correctement mon nom. A tel point que mes amis ont fini par laisser tomber et ont décidé de m’appeler “Dark Horse”.
Comment est née l’histoire de ‘Dark Horse’ ?
‘Dark Horse’ est un film très graphique avec une image noir et blanc granuleuse, des cadrages très travaillés. Pourquoi ces choix ? Quand je fais des films, j’essaie toujours de trouver un univers cinématographique qui emmène le spectateur quelques pas en dehors de la réalité. J’aime les films qui nous transportent dans une bulle d’images et de sons. Et c’est ce que j’ai essayé de réaliser avec ‘Dark Horse’ par l’utilisation du noir et blanc, qui permet de créer une vraie force dramatique. L’esthétique de votre film est à l’image de vos personnages. Tout en contraste…
Quelles ont été vos sources d’inspiration artistiques ? Les années 1960 ? Oui. Je voulais que mon film soit débordant de vitalité, plein d’énergie. Et je souhaitais également prendre du plaisir, un plaisir enfantin, à raconter une histoire. Je désirais rester libre et insouciant, dans le bon sens du terme. Et je trouve que les réalisateurs européens des années soixante avaient tout cela en eux. Quels sont les réalisateurs qui influencent le plus votre conception de la réalisation ? Personne et tout le monde. Avec votre groupe Slowblow, vous êtes l’auteur de l’excellente bande originale du film. Peut-on la trouver dans le commerce ? Non, pas encore. Nous avons décidé de ne pas commercialiser la bande-son, mais notre prochain album studio inclura pas mal de morceaux de la musique du film. Alors patience… Réalisateur, scénariste et auteur-compositeur : au final, ‘Dark Horse’ est un objet artistique avec une réelle unité…
Votre film décrit l’incompatibilité de certains à vivre dans la société telle qu’elle est conçue aujourd’hui. A une esthétique nostalgique vous opposez une réflexion existentielle moderne… Je voulais que le film soit moderne avec également une dimension “vieille école”. Tout cela en même temps. Qu’il soit nostalgique à propos du temps présent. Finalement chacun est amené à prendre ses responsabilités ou à assumer ses choix. C’est ça la morale de votre film ?
Et vous, pencheriez-vous plus vers les plaisirs de l’insouciance ou plutôt vers la morale qu’impose le statut d’adulte responsable ? Je m’acharne énormément à être un adulte responsable de mes envies et de mes plaisirs. A l’écoute de mon insouciance… Votre film a été présenté à la sélection officielle Un Certain Regard du Festival de Cannes 2005. Comment ce film avait-il été reçu à l’époque ? Le Festival de Cannes est un grand festival et vraiment déroutant. Un jour tu portes un smoking et tu as tout un tas de gens qui t’applaudissent pendant vingt minutes pour ton film. Et le jour suivant, tu te réveilles avec une gueule de bois et tu lis des mauvaises critiques dans la presse. Je crois que la réalité est quelque part entre les deux. Après le succès de ‘Noï Albinoï’, ‘Dark Horse’ a reçu toute une série de récompenses. Cette reconnaissance vous offre-t-elle de nouvelles perspectives ?
Comment se porte le cinéma danois ? Je suis depuis maintenant pas mal de temps retourné vivre en Islande, mon pays natal. Donc je ne suis plus le cinéma danois d’aussi près qu’auparavant. Mais pour ce que j’en sais, il se porte plutôt bien ! Vos projets à venir ? Je travaille actuellement sur un film intitulé ‘The Good Heart’. Je vais le tourner aux Etats-Unis. Il sera achevé, on l’espère, cette année au plus tard. Le film se passe aux deux tiers dans un bar, dont le tenancier sera joué par le chanteur et acteur Tom Waits. Par ailleurs, je fais pas mal de musique dans le magnifique studio tout beau tout neuf que nous venons juste de terminer. Propos recueillis par Mathieu Menossi pour Evene.fr - Mars 2007
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