-
20/08/2011 12h00 Je n'ai pas vu le film et ne suis donc pas très bien placée pour juger ce film. Je conseille malgré tout de regarder un chef d'oeuvre du cinéma qui me parait dépasser ce nouveau Almodovar : Les yeux sans visages de Georges Franju !!! Il est possible que Pedro s'en soit inspiré pour son film. Un chef d'oeuvre à voir !!
- Vous aussi donnez votre avis
LA PIEL QUE HABITO Pedro Almodovar : le chef-d'oeuvre au noir
Par Olivier De Bruyn - Le 19/05/2011
« LA PIEL QUE HABITO »
1 personne a déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez
Scénario efficace, mise en scène élégante, interprétation impeccable... 'La Piel que habito', qui sort le 17 août, marque le grand retour de Pedro Almodovar. Pourtant, si le cinéaste espagnol a conquis la rédaction d'Evene, il n'a pas su convaincre le jury du dernier Festival de Cannes, qui ne lui a remis aucun prix. 'La piel que habito' : chef-d'oeuvre maudit ?
Almodovar à Cannes ou l'histoire d'une malédiction… Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Présent à chaque nouveau film ou presque depuis une grande décennie (et quels films !), Pedro a dû se contenter de deux prix, selon lui secondaires : celui de la mise en scène en 1999 pour 'Tout sur ma mère' et celui du scénario en 2006 pour 'Volver'.
Réputé pour mettre beaucoup d'humour dans ses fictions, mais pour être beaucoup plus radin rayon autodérision, le cinéaste semblait fâché tout rouge que le festival s'obstine à l'honorer si peu. Et paraissait, de ce fait, tenté de ne plus jamais fréquenter la compétition locale. Na !
Tentation de la palme
Banderas et Anaya, © José HaroMais les bouderies n'ont qu'un temps. Et la tentation de la palme est si prégnante qu'Almodovar a finalement décidé de revenir une nouvelle fois tenter sa chance à Cannes. En espérant que De Niro et ses acolytes lui réservent un meilleur sort que tous les vilains prédécesseurs ayant « inexplicablement » oublié de le consacrer au palmarès du plus grand festival de tout l'univers.
Autant l'annoncer illico : Almodovar n'a vraiment pas fait le voyage pour rien. Avec 'La piel que habito', le cinéaste signe un maître film de genre (une sorte de thriller horrifique) qui embarque dans un récit gigogne stupéfiant d'habileté et, simultanément, une fiction-somme où il remet sur son beau tapis quelques obsessions prégnantes de sa riche filmo : le désir (et sa loi), le sexe, la pulsion (auto)destructrice et l'identité dans tous ses états.
Vrais-faux indices
Elena Anaya, © Lucia FaraigVoici l'éminent Docteur Ledgard, une pointure de la chirurgie esthétique qui a fait fortune en remodelant les visages et les corps de ses riches patientes. Beau et ténébreux, Ledgard vit dans une grande maison qui lui sert aussi de labo perso. Il y héberge, ou plutôt y séquestre, Vera, une ravissante patiente, qui semble se pâmer d'amour pour lui tout en affichant de curieuses pulsions suicidaires. C'est quoi ce bordel ? Le film, passé une première demi-heure qui sème de vrais-faux indices un peu partout remonte le fil. Et celui-ci est méchamment entortillé c'est le moins que l'on puisse dire.
Qu'est-il arrivé à la femme du Doc ? Et à sa fille ? Qui est Vera ? Quel rôle tient l'étrange domestique en chef de la maison : Marilla ? Quelles sont les caractéristiques de cette nouvelle peau concoctée par Ledgard et qui suscite l'admiration et l'effroi de ses pairs médecins ? Almodovar manipule avec une très sournoise habileté notre attention sur les enjeux du thriller, ce qui est déjà beaucoup, mais de toute évidence ne lui suffit pas.
Toile de maître
Elena Anaya, © José HaroFidèle à son art inimitable où l'intellect est invité à travailler pendant que les sens sont titillés, il embarque dans un second grand-huit interrogatif, encore plus corsé. Les garçons sont-ils des filles comme les autres (à moins que ce ne soit l'inverse) ? Les relations familiales, c'est quoi ? Les êtres les plus chers sont-ils ceux que l'on s'invente de toute pièce ?
On l'aura compris : le menu fictionnel de 'La piel que habito' est copieux, mais, excellente nouvelle, il glisse tout seul. En adaptant 'La mygale', le roman de Thierry Jonquet, Almodovar tisse une toile de maître où chaque scène, chaque plan, dessine de nouvelles perspectives dramatiques, thématiques et sensorielles. Dans ce film dont il convient de ne surtout pas raconter l'intrigue (le premier petit malin qui vend la mèche mérite d'être radié à vie du Festival de Cannes), le metteur en scène, habitué aux détournements cinéphiliques lorgne du côté des 'Yeux sans visage', le monument de George Franju où un chirurgien dingo remodelait le visage de sa fille, furète du côté d'Hitchcock, via le personnage de Ledgard qui fait songer à la fois à James Stewart dans 'Vertigo' (ou comment réinventer celle que l'on a perdue) et à Cary Grant dans 'Les enchaînés' (ou comment le désir peut être un empoisonnement). Mais, au final, le film, inspiré et sidérant, ne ressemble qu'à du Almodovar dans son alliance d'humour grinçant, d'anxiété maîtrisée et de radiographie du délire psychique. Un film tendu à l'extrême où le beau travail sur le genre est indissociable de la plongée dans les gouffres identitaires. Un film où l'on dit « Dors, mon amour », mais aussi « L'amour d'un fou fait des miracles » ou encore « Tu n'es pas mon fils, je t'ai juste mis au monde ».
Hymne freudien
Almodovar et Banderas, © José HaroDans 'La piel que habito', fiction magistrale en forme d'hymne au latex et à Freud où l'on baise beaucoup, fume de l'opium et frissonne de plaisir et de peur entremêlés, Almodovar rappelle en outre qu'il est peut-être le plus grand directeur d'acteurs contemporain. Antonio Banderas, ex icône mâle des années Movida du réalisateur, trouve ici son meilleur rôle. Quant à Elena Anaya, croisement idéal de Victoria Abril jeune et de Penelope Cruz, elle fait son entrée par la très grande porte dans la galerie généreusement fournie des héroïnes almodovariennes.
On se résume : porté par un scénario redoutable d'efficacité, mis en scène avec une élégance inouïe, interprété par des comédiens impeccables, 'La piel que habito' cumule les atouts pour trouver le succès et opérer une nouvelle mue dans la filmographie d'Almodovar.
vos commentaires
Pour aller plus loin
Articles & dossiers associés
-
ENTRETIEN AVEC PEDRO ALMODOVAR ET PENELOPE CRUZ
Cinéma, à la vie, à la mortSous ses atours labyrinthiques, 'Les Etreintes brisées' s'impose comme le film de Pedro Almodovar le plus explicite : un vibrant hommage cinéphile doublé d'une lettre d'amour...
Plus sur ENTRETIEN AVEC PEDRO ALMODOVAR ET PENELOPE CRUZ
-
LE DENIROMÈTRE
Pronostics sur les choix cannois de Mr PresidentDu 11 au 22 mai, le très mutique Robert De Niro présidera le jury du festival de Cannes pour trier le bon grain de l'ivraie. Que va-t-il aimer et pourquoi ? Evene n'a peur de rien et a...
Plus sur LE DENIROMÈTRE
-
64e ÉDITION DU FESTIVAL DE CANNES
Le palmarès d'EveneLes jeux sont faits, rien ne va plus… À la veille de la cérémonie de clôture, François Aubel , N.T. Binh, Olivier de Bruyn, Adrien Sene et Étienne Sorin ont établi leur palmarès. Preuve...
Plus sur 64e ÉDITION DU FESTIVAL DE CANNES
Les livres associés
Biographies
Pedro Almodovar, l'iconoclaste
Plus sur Pedro Almodovar, l'iconoclaste Commandez avec 5% de remise sur Fnac.com - livraison gratuiteLes films associés
Comédie dramatique
Volver
de Pedro Almodovar
Madrid et les quartiers effervescents de la classe ouvrière. Au sein de cette trame sociale, trois générations de femmes survivent au vent, au feu, et même à la mort, grâce à leur bonté, à...
- Plus sur Volver
« Volver »
2 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez
Film dramatique
La Piel que habito
de Pedro Almodovar
Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d'une nouvelle peau, grâce à...
- Plus sur La Piel que habito
« La Piel que habito »
2 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
RéagissezLes événements associés
Festivals
Festival de Cannes 2011
Qui succèdera à 'Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures', du réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul ? C'est à cette question que répondra cette 64ème...
Plus sur Festival de Cannes 2011 Réservez vos places sur fnac.com
Festivals
Festival Paris Cinéma
Pour sa 9e édition, Paris Cinéma se place sous les couleurs du Mexique, après avoir célébré les productions philippines, turques et japonaises. Près de cinquante films sont présentés sous...
Plus sur Festival Paris Cinéma Réservez vos places sur fnac.comLes stars & célébrités associées
-
Elena Anaya
Actrice espagnoleNé à Palencia Né le 17 Juillet 1975Née à Palencia (Espagne) en juillet 1975, Elena Anaya se détourne rapidement de ses études pour exclusivement se consacrer à la comédie. Alors qu’elle suit le cours d’interprétation de l’...
- Plus sur Elena Anaya
-
Pedro Almodovar
Réalisateur espagnolNé à Calzada de Calatrava Né le 24 Septembre 1949Exubérants, provocateurs, les films de Pedro Almodovar vantent la liberté de ton acquise à la mort de Franco et le déclin du catholicisme en Espagne. Punks, travestis, personnages perdus,...
- Plus sur Pedro Almodovar
« Pedro Almodovar »
3 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez3
-
Antonio Banderas
Acteur espagnolNé à Malaga Né le 10 Août 1960Dépassant sans cesse le cliché du latin lover, Antonio Banderas s'est parfaitement intégré à la machine hollywoodienne. Dans son pays d'origine, en 1982, l'artiste rencontre Pedro Almodovar...
- Plus sur Antonio Banderas
« Antonio Banderas »
3 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez3
fil culture
-
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez29/05 François Morel plaide au Rond Point -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez29/05 Gérard Jugnot sur les planches -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez29/05 Europacorp mise sur la comédie -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez29/05 Troisième film pour Claudel
nouveautés
-
Comédie dramatique
The Paperboy
-
Documentaire
Woody Allen : a documentary
-
Film dramatique
Cosmopolis
les Avis des membres
-
18/05/2012 12h14 presque nul...
Voir tous les avis
VOUS AIMEZ
-
Film Policier - Thriller
01.Sans issue
-
Films divers
02.Fading
-
Film Horreur Epouvante
03.Twixt
-
Film d'aventure
04.Avengers
-
Film dramatique
05.De rouille et d'os
-
Films divers
01.Amour
-
Film dramatique
02.Cosmopolis
-
Film dramatique
03.Confession d'un enfant du siècle
-
Comédie dramatique
04.The Paperboy
-
Film dramatique
05.Holy motors
citation du jour
« J’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire “Guerre et Paix” en vingt minutes. Ca parle de la Russie. »
de Woody Allen
En savoir plus sur cette citationVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez-
Membres (7)





Documentaire
01.Palestro, Algérie : histoire d'une...
Film Policier - Thriller
02.Sans issue
Film Fantastique SF
03.Lock Out
Film Policier - Thriller
04.Contrebande
Films divers
05.Fading