


Distributeur : KMBO
Film colombien en couleur, 2007, tout public
Durée : 1 h 30
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Mane traverse une situation économique difficile. Après avoir perdu une jambe, il ne peut continuer à travailler. Alors il parcourt les rues cherchant comment survivre, et rencontre un homme qui porte les gens sur une chaise accrochée à son dos...

le 8 Avril 2008 par Thomas FlamerionBien sûr, il y a de l’idée derrière cette ‘Ombre de Bogota’ - titre d’ailleurs fort mal traduit de ‘La Sombra del Caminante’ : à croire que pour exporter un film étranger il faut en souligner l’exotisme. Le tout jeune cinéaste Ciro Guerra y explore la misère et la violence colombienne dans un conte humaniste qui voit naître envers et contre tout l’amitié de deux accidentés de la vie. Mais voilà, à force de métaphore, d’épure (peu subtilement renforcée par le noir et blanc), il souligne plus l’ennui que la férocité. Pourtant la violence est bien là, dans l’agressivité, dans le désoeuvrement, dans la douleur et la perte qui s’immisce au coeur de chaque foyer. Mais la valeur symbolique des scènes - parfois franchement grossière -, se noie dans des lacunes scénaristiques et une trop grande confiance en la portée du message. Résultat, si le film a les faux airs d’un Charlie Chaplin dans ses codes, il n’en recrée ni l’humour (à part peut-être cette scène de course-poursuite grand-guignolesque), ni la magie. Et même en admettant que l’on soit passé à côté du film, reste l’impression que ce coup d’essai gagnerait à être confirmé, et qu’on aurait aimé connaître un peu mieux les tenants et les aboutissants de cette sauvagerie qui plane sur les murs de Bogota.
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Les photos [evene]L'Ombre de Bogota
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(Réalisation) |
Titre original : La Sombra del caminante
Durée : 1 h 30
Engagement artistique
Le film a été tourné avec un budget minimum, et a contraint les acteurs et l'équipe technique à travailler sans rémunération. Ciro Guerra expose les raisons de cet engagement : 'Nous voulions être uniquement payés si le film faisait des profits. Une fois le tournage terminé, nous avons proposé le film dans une version non finalisée au Festival du Film de San Sebastian. C'est grâce au prix que nous avons remporté que nous avons pu finir la postproduction et être prêts à distribuer le film.'
Contexte difficile
Le tournage du film a relevé de l'exploit quotidien. Le réalisateur se souvient de quelques anecdotes : 'La caméra n'a pas fonctionné le premier jour du tournage. L'acteur principal est tombé malade après avoir bu une boisson lors d'une prise. Ou encore, lors d'une journée de tournage à la montagne Monserrate, une fusillade a éclaté à côté de nous ! Des gangs rivaux s'affrontaient à vingt mètres du plateau ! '
Influences
'L' Ombre de Bogota' est marqué par le travail des néoréalistes italiens, notamment par 'Umberto D' de De Sica, et 'La Terre tremble' de Visconti, tout comme l'oeuvre de Tomas Gutierrez Alea, cinéaste cubain.
Et vous ? Vous avez vu ce film ? Faites-nous part de vos impressions !
Donnez votre avis sur "L'Ombre de Bogota"
Studio Magazine - Michel Rebichon (Avril 2008)
Sous l'influence du cinéma néoréaliste italien, le film débute comme une comédie originale (.. .). La relation porteur / porté, dans sa seconde partie, vire hélas au règlement de compte politico-historique moins convaincant.
Les Inrockuptibles - Vincent Ostria (9 avril 2008)
Malgré les apparences, il n'y a rien de rétro dans cette oeuvre baroque presque kafkaïenne, qui métaphorise les tourments d'un peuple à travers ses héros biscornus.
Télérama - Pierre Murat (12 avril 2008)
L'évidente sincérité du réalisateur et son habileté à créer, à chaque instant une angoisse diffuse, font oublier l'esthétisme permanent de sa mise en scène. Une coquetterie maîtrisée, certes, mais inutile.
Libération (9 avril 2008)
'L' Ombre de Bogota', plus encore peut-être que pour la politique de sa fable, vaut pour la gaucherie visionnaire de son style.
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