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De nouveau, les émeutes ont repris ce jour 28 Avril 2008, juste après dix heures du matin en plein centre ville de Chlef. La ville était apparemment calme mais.... Nous sommes au deuxième jour des émeutes qui ont secoué la ville de Chlef. Apparemment tout était calme et serein. Il y avait foule devant les services de la grande poste à Chlef. Des retraités qui étaient là à attendre leur dû, c'est-à-dire pour toucher leur maigre retraite. Il y avait aussi des jeunes de tout âge sur l'esplanade de la poste. Les corps de sécurité ont commencé à invectiver les gens de quitter les lieux et de débarrasser l'esplanade, ce qui a mis le feu aux poudres et rebelote pour de nouvelles émeutes. Les jeunes se sont rué dans les artères de la ville voulant tout saccager. C'était de la provocation. Le Wali (préfet) a essayé de calmer les esprits à la radio Chlef, mais il ne voulait point reconnaître que toutes ces émeutes sont le résultat de ses propos et des propos du ministre de l'intérieur par lesquels ils ont traité les gens (habitants) d'El Asnam (Chlef) comme n'étant pas des hommes et qu'ils étaient tous des "beznassis" qui veut dire "businessman" dans le sens le plus péjoratif du terme. Les jeunes ont voulu un peu de liberté, du travail, de la considération pour eux et pour leurs parents qui suent sang et eau pour boucler les fins de mois. Un jeune questionné au sujet de l'émeute a dit : "J'avais une petite table où je vendais des cigarettes, les policiers me l'ont saisie" "J'ai emprunté de l'argent et j'ai commencé à vendre des effets vestimentaires sur les trottoirs et dans les marchés pour subvenir à mes besoins et ceux de ma famille, les policiers me les ont confisqués, je n'ai plus aucun avenir, il est sombre. J'ai essayé d'être un "Harrague", mais je n'ai pas d'argent. Il est préférable de mourir en mer que de rester sous le joug de nos potentats". Ça c'est l'état d'esprit de presque tous les jeunes. Certains ont atteint la quarantaine et ne sont ni mariés ni ont un travail, donc leur avenir a été saboté au sens propre et étymologique du terme. Sommes-nous à la veille d'un nouvel octobre 88 ???????? VINGT ANS DEJA ! Le réveil du peuple en 1988 et la transparence qui avait été demandée par ce même peuple au lendemain de manifestations sanglantes en Octobre 1988 n'ont rien apporté. Les choses n'ont pas changé depuis. Le chômage bat son plein et les quatre-vingt-huitards ont dépassé la quarantaine et sont devenus amorphes. Le poids des ans et des vicissitudes de la vie les ont contraint à vivre en ermite. Certains n'ont même pas été dédommagé dans la blessure de leur chair et vivent les affres dans les dédales d'une administration décadente et corrompue. L'inflation est galopante et le pouvoir d'achat du citoyen s'amenuise de jour en jour et le peuple vivote tant bien que mal alors que les dirigeants se vautrent dans leurs salons et voitures de luxes acquis sur le dos du peuple. Aucun des politicards ne regarde en bas de l'échelle, c'est la course au trésor, aux containers, aux villas luxueuses et au gaspillage. Les jeunes ne récoltant aucun fruit des richesses de cette pauvre Algérie (que dis-je ? De cette riche Algérie) qui ne profite qu'aux magnats du fer, de la semoule, de l'huile et des autres ingrédients nécessaires à la vie de tous les jours. Le peuple en a ras-le-bol. L'anniversaire d'Octobre 1988 va être des plus chauds et gare à ceux qui ont voulu asservir ce peuple et le maintenir dans l'ignorance, dans la pauvreté et dans le musellement des libertés individuelles et collectives. La jeunesse ne profite nullement des richesses. Le hittisme est devenue une profession sans équivoque pour la jeunesse algérienne. Lorsqu'on voit un universitaire pris en pré emploi avec 6000 dinars, il y a de quoi rire ! Là ou le bât blesse, c'est lorsqu'on le renvoie dans ses quartiers parfois dans six mois ou un an maximum et il n'a plus droit au pré emploi, car ayant déjà bénéficié de cette "prolifique aubaine"(sic). Le comble de nos dirigeants, c'est eux qui ont fait le malheur de cette jeunesse et lorsque celle-ci veut émigrer au péril de sa vie à la recherche d'un "éden", au lieu de les comprendre et de résoudre leurs problèmes, on les arrête et on les juge comme des malfrats. Qui les a mis dans cette situation, si ce n'est les dirigeants eux-mêmes ? Qui les a poussé à quitter leur terre natale, leur pays, pour aller au petit bonheur la chance en sachant pertinemment qu'ils risquent leurs vies ? Qu'ont fait les responsables pour atténuer les malheurs et les déboires de cette jeunesse ? Que prévoient-ils pour combler ce retard et cette incompréhension de l'autre ? Tant de questions qui ne resteront pas toujours sans réponse et peut-être que les jeunes pourront prendre en main leur avenir, qui sait ? |