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Il serait temps de ne pas mélanger carottes et navets et appeler les choses par leur nom. Les requêtes du front social passent au plan dernier et c'est les reformes constitutionnelles qui prennent l'avant-première chez le chef du gouvernement en Algérie. Le front social est en colère et des grèves multiples se dessinent à l'horizon. Le Gouvernement ne fait pas siennes les réclamations du front social. Les augmentations de salaires qui étaient prévues pour Janvier ne voient pas encore le jour. Le cheval de bataille, pour le moment, est "les réformes constitutionnelles" pour permettre au Président un troisième mandat. Est-ce que le peuple a été consulté au moins ? Non, je ne le pense pas ! C'est toujours le système de la langue de bois dans les hautes sphères de leur République, pas la nôtre. Le peuple est marginalisé tout se décide dans un cercle vicieux et fermé hermétiquement et gare à celui qui est contre. Le pouvoir d'achat des algériens ne cesse de dégringoler à une vitesse vertigineuse malgré le pétrole à plus de 100 dollars. On auait dit que tout ce qui est entrepris est fait pour aller à l'encontre de l'aspiration du peuple. Il faut savoir que les factures d'électricité, d'eau, de gaz et j'en passe, deviennent de plus en plus salées. Une augmentation est prévue tous les six mois au niveau de ces institutions de service de la République et la pouvoir d'achat du citoyen ne cesse de s'amenuiser au fil des jours. En Algérie, nous ne trouvons plus de classe moyenne qui est le moteur de la consommation. L'inflation bat son plein et les salaires stagnent. Ne parlons pas des retraités qui, eux, ont été écartés, purement et simplement, de la vision des responsables qui les considérent comme des parias, les traitant d'improductifs et de tous les noms et qu'ils sont une charge que ne peut supporter l'état, oubliant de ce fait que ces mêmes retraités ont été à un moment donné le pilier principal de cette République que les dirigeants veulent "leur" et pas à d'autres. Comment peut-on concevoir qu'un citoyen qui touche à peine 20.000 dinars par mois, c'est-à-dire l'équivalent de 200 euros puisse payer des factures d'électricité de plus 7000 dinars et des factures d'eau de plus 2000 dinars ? Que lui resterait-il pour sa "survivance" ? D'un autre côté, comment un responsable peut-il concevoir de construire la plus grande mosquée d'Afrique et ne pas penser aux citoyens qui dorment dans la rue sur des cartons. Nous avons plus 30.000 mosquées en Algérie. Chaque hameau, chaque douar en a une. Pourquoi ce gaspillage ? Ne trouve-t-on pas où utiliser cet argent ? Si c'est le cas, alors distribuez-le aux pauvres qui foisonnent dans le pays. Par ailleurs, de par la politique de l'Etat, les jeunes veulent fuir cette atmosphère de non-dits et de laisser-pour-compte pour d'autres cieux plus cléments peut-être. On les appelle "Harragas" mais pourquoi veut-on leur faire porter le chapeau ? Ils sont plus nationalistes et plus patriotes que ceux qui se targuent d'une certaine légitimité historique ou religieuse. Un conseil gratuit à nos dirigeants n'envenimez pas les choses encore plus. Le peuple en a ras-le-bol de vos décisions. Soyez logiques au moins pour une fois et essayez de considérer ce peuple comme "mature" pour une fois. |