Le Figaro
...como el musguito en la piedra, ay si, si, si... Le dernier ballet composé par Pina Bausch avant sa mort en juin 2009 est inspiré de son séjour au Chili, ultime refuge, et porté par une chanson de Victor Jara, à qui la dictature chilienne avait coupé les mains pour qu'il ne puisse plus faire l'amour à la guitare. 22 Jun 2011 - 08 Jul 2011
Théâtre de la Ville de Paris 2 place du Châtelet Paris Paris
Danse
...como el musguito en la piedra, ay si, si, si...

...como el musguito en la piedra, ay si, si, si...

de Pina Bausch

Dates : du 22 Juin 2011 au 8 Juillet 2011 TERMINÉ Théâtre de la Ville de Paris - Paris (75004)

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326594 « Comme la mousse sur la pierre… » Tirée d’une complainte chilienne, la petite phrase en espagnol... « Comme la mousse sur la pierre… » Tirée d’une complainte chilienne, la petite phrase en espagnol choisie par Pina Bausch pour titre de son ultime spectacle résonne immédiatement à nos oreilles comme une métaphore de la vie sur terre. Quand on sait qu’après une résidence au Chili, la pièce fut créée le 12 juin 2009 au Tanztheater de Wupperthal alors que la dame quitta ce monde le 30 juin de la même année, on ne peut s’empêcher d’approcher l’œuvre par le prisme du message testamentaire. Voici donc un dernier cadeau offert à tous ceux qui depuis plus d’un quart de siècle voient en Pina la plus grande chorégraphe de son temps et se retrouvent orphelins depuis sa disparition. Avec un humour glacé et une rage intacte d’enfant mutine qui n’ont jamais cessé de l’habiter, Pina Bausch s’est toujours appliquée à faire mentir l’adage qui veut que la révolution ne soit pas une soirée de gala. Chez elle, exister en société, c’est d’abord trouver sa propre liberté en dépassant les contraintes des règles du savoir-vivre. Dans ses spectacles, les femmes portent toujours de longues robes de soirée et les hommes des costumes stricts et des chemises blanches… Ainsi, un spectacle de Pina Bausch est toujours une révolution mais individuelle, de celles qui vous confrontent d’abord à vous-même. Et c’est pourquoi l’on y rit et l’on y pleure, dans un débordement d’émotions à aucun autre pareil. ‘… como el musguito en la piedra, ay si, si, si…’ ne déroge pas à la règle. L’amour en est le sujet profond, affleurant dans une galaxie de petits moments cruels et cocasses dédiés à notre incommensurable besoin d’aimer et d’être aimé. Le premier acte de la pièce s’amuse à multiplier les récits et la danse s’avère alors, plus que tout autre, le langage idéal pour témoigner de la vie. Comme on fait le vide dans sa tête, le deuxième acte cerne le problème à l’os et nous cueille en douceur. Ici tous se dépouille, s’atomise. Ainsi, après avoir percé notre cuirasse, Pina Bausch semble s’adresser une dernière fois à chacun de nous, et chacun de nous se reconnaît alors dans l’extrême lucidité de sa danse. A travers cette mise à nu offerte en partage, Pina nous fait plus qu’un cadeau, elle nous délivre un viatique. Celui qui à travers cette leçon de vie va nous donner les moyens de faire notre travail de deuil pour affronter sans elle notre destin. 5

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la critique evene

 
Evene par Patrick Sourd

« Comme la mousse sur la pierre… » Tirée d’une complainte chilienne, la petite phrase en espagnol choisie par Pina Bausch pour titre de son ultime spectacle résonne immédiatement à nos oreilles comme une métaphore de la vie sur terre. Quand on sait qu’après une résidence au Chili, la pièce fut créée le 12 juin 2009 au Tanztheater de Wupperthal alors que la dame quitta ce monde le 30 juin de la même année, on ne peut s’empêcher d’approcher l’œuvre par le prisme du message testamentaire. Voici donc un dernier cadeau offert à tous ceux qui depuis plus d’un quart de siècle voient en Pina la plus grande chorégraphe de son temps et se retrouvent orphelins depuis sa disparition. Avec un humour glacé et une rage intacte d’enfant mutine qui n’ont jamais cessé de l’habiter, Pina Bausch s’est toujours appliquée à faire mentir l’adage qui veut que la révolution ne soit pas une soirée de gala. Chez elle, exister en société, c’est d’abord trouver sa propre liberté en dépassant les contraintes des règles du savoir-vivre. Dans ses spectacles, les femmes portent toujours de longues robes de soirée et les hommes des costumes stricts et des chemises blanches… Ainsi, un spectacle de Pina Bausch est toujours une révolution mais individuelle, de celles qui vous confrontent d’abord à vous-même. Et c’est pourquoi l’on y rit et l’on y pleure, dans un débordement d’émotions à aucun autre pareil. ‘… como el musguito en la piedra, ay si, si, si…’ ne déroge pas à la règle. L’amour en est le sujet profond, affleurant dans une galaxie de petits moments cruels et cocasses dédiés à notre incommensurable besoin d’aimer et d’être aimé. Le premier acte de la pièce s’amuse à multiplier les récits et la danse s’avère alors, plus que tout autre, le langage idéal pour témoigner de la vie. Comme on fait le vide dans sa tête, le deuxième acte cerne le problème à l’os et nous cueille en douceur. Ici tous se dépouille, s’atomise. Ainsi, après avoir percé notre cuirasse, Pina Bausch semble s’adresser une dernière fois à chacun de nous, et chacun de nous se reconnaît alors dans l’extrême lucidité de sa danse. A travers cette mise à nu offerte en partage, Pina nous fait plus qu’un cadeau, elle nous délivre un viatique. Celui qui à travers cette leçon de vie va nous donner les moyens de faire notre travail de deuil pour affronter sans elle notre destin.

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