Le Figaro
Jean Fautrier Présentation d'une série d'encres rouges. Véritable incarnation du corps féminin, les dessins de Jean Fautrier donnent à voir un univers intérieur fort et sensuel. Ses nus féminins ont d'ailleurs illustré de nombreux ouvrages de Georges Bataille et du poète Robert Ganzo. 27 Apr 2006 - 27 May 2006
Galerie Di Meo 9 rue des Beaux-Arts Paris
Jean Fautrier

Jean Fautrier

de Georges Bataille, Tous

Dates : du 27 Avril 2006 au 27 Mai 2006 TERMINÉ Galerie Di Meo - Paris (75006)

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274643 La série de dessins à l'encre rouge ou noire de Jean Fautrier présentée à la galerie Di Meo... La série de dessins à l'encre rouge ou noire de Jean Fautrier présentée à la galerie Di Meo pourrait bien être résumée en un certain style de la figure ou bien en une figure de style : la litote. Sur papier Japon ou de Chine, la ligne sûre et fine qui dessine ces figures avec vivacité, parfois nervosité, suffit à les incarner sensuellement : le trait consiste alors à représenter peu pour en faire voir plus. C'est là un lien possible dans cette série dite des 'Otages' des années 40, dans laquelle Jean Fautrier y a exposé un souvenir de guerre : suggestion et révélation d'otages fusillés non loin de chez lui. La représentation ne figure pourtant pas ce que le titre suggère : ici, comme par réticence (soit une omission volontaire) et une forme de silence, le bruit sourd de cet événement résonne comme disséminé à travers la ligne de ces nus féminins. Eloquence du trait, de la couleur, et d'une posture qui s'offre de façon ambiguë. C'est la troisième exposition consacrée par la galerie Di Meo à cet artiste tant admiré par les poètes et dont Francis Ponge disait que "chacun de ses tableaux s'ajoute à la réalité avec vivacité, résolution, naturel". Né à Paris en 1898 Fautrier s'est éteint à Châtenay Malabry en 1964, il est resté longtemps méconnu du grand public. L'occasion ici de d'appréhender son travail graphique, finalement pas si différent de ses peintures, qualifiées de "figuration informelle", dont la matière comme une chair vivante s'est délestée du souci de la représentation au profit de l'évocation : cette matière est ici la préséance du souvenir et de son surgissement à travers seulement quelques lignes rouges ou noires parfois rehaussées. 4

critiques & avis

la critique evene

 
Evene par Jean-Baptiste Touja

La série de dessins à l'encre rouge ou noire de Jean Fautrier présentée à la galerie Di Meo pourrait bien être résumée en un certain style de la figure ou bien en une figure de style : la litote. Sur papier Japon ou de Chine, la ligne sûre et fine qui dessine ces figures avec vivacité, parfois nervosité, suffit à les incarner sensuellement : le trait consiste alors à représenter peu pour en faire voir plus. C'est là un lien possible dans cette série dite des 'Otages' des années 40, dans laquelle Jean Fautrier y a exposé un souvenir de guerre : suggestion et révélation d'otages fusillés non loin de chez lui. La représentation ne figure pourtant pas ce que le titre suggère : ici, comme par réticence (soit une omission volontaire) et une forme de silence, le bruit sourd de cet événement résonne comme disséminé à travers la ligne de ces nus féminins. Eloquence du trait, de la couleur, et d'une posture qui s'offre de façon ambiguë. C'est la troisième exposition consacrée par la galerie Di Meo à cet artiste tant admiré par les poètes et dont Francis Ponge disait que "chacun de ses tableaux s'ajoute à la réalité avec vivacité, résolution, naturel". Né à Paris en 1898 Fautrier s'est éteint à Châtenay Malabry en 1964, il est resté longtemps méconnu du grand public. L'occasion ici de d'appréhender son travail graphique, finalement pas si différent de ses peintures, qualifiées de "figuration informelle", dont la matière comme une chair vivante s'est délestée du souci de la représentation au profit de l'évocation : cette matière est ici la préséance du souvenir et de son surgissement à travers seulement quelques lignes rouges ou noires parfois rehaussées.

l'Avis de la presse

  • Le Point

    Jean Fautrier (1898-1964) aimait les femmes. Les siennes, successivement, mais aussi celles représentées dans l'art africain qui furent des sources d'inspiration. A l'aide de la plume, il les dessine tout en ondulations et en rondeurs. La galerie parisienne Di Meo présente une sélection de dessins des années 40. Lire la critique sur le site de Le Point

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