Le Figaro
L'Atelier volant Elle fourche parfois, dérape. La langue cherche son chemin, vole dans les airs, devient parole, flux, mots débités. Elle travaille au corps et aux têtes, laboratoire suspendu, atelier volant. Valère Novarina met en scène pour la première fois sa toute première pièce L'Atelier volant (écrite en 1971). Il fuit les conventions d’un théâtre régi par la représentation convenue de la figure humaine. Il opte pour le « démontage des idéologies ». Il inaugure un lieu d’accélération des particules du langage. Ici, un trio patronal porté par Le Docteur. Des subalternes qui dansent pour obtenir le job. Mais l’acteur, l’espace et les mots restent les premiers sujets de L’Atelier volant. Novarina y dirige une troupe d’artistes aguerris à son langage : tout un « petit orchestre de solistes extravagants ». Du Discours aux animaux à L'Opérette imaginaire, de La Chair de l’homme au Drame de la vie, le langage de Novarina donne à voir le verbe comme substance charnelle, souvent hilarante. C’est une matière ardente, sortie de la bouche des acteurs rois, maîtres absolus de son théâtre. Langues courantes, dialectes oubliés, mots réinventés, la parole prend la forme de comètes vivantes. Peintre, Novarina capte les énergies de l’espace, les plaque au sol par ses traits et ses couleurs. Metteur en scène, il révèle les variations thermiques du lieu, les angles cachés, la matière et les arêtes. Entré au répertoire de la Comédie-Française avec L’Espace furieux, auteur récemment associé à l’Odéon, Novarina poursuit au Rond-Point sa recherche ludique d’un théâtre où le spectateur et l’acteur seraient agis par les mots, par la force hallucinogène, merveilleuse et salvatrice du langage. 06 Sep 2012 - 06 Oct 2012
Théâtre du Rond-Point 2 bis avenue Franklin Roosevelt Paris Paris
L'Atelier volant

L'Atelier volant

de Valère Novarina

Dates : du 6 Septembre 2012 au 6 Octobre 2012 TERMINÉ Théâtre du Rond-Point - Paris (75008)

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1182365 « Les résultats de mon examen d’nombril ne sont pas brillants », chante à tue tête Monsieur Boucot... « Les résultats de mon examen d’nombril ne sont pas brillants », chante à tue tête Monsieur Boucot en ouverture de 'L’Atelier Volant', pièce écrite en 1971 par Valère Novarina et montée pour la première fois en 1974. Avec ce texte, l’auteur et metteur en scène raconte les aventures d’un certain Boucot, petit entrepreneur découvrant les joies de l’exploitation de l’homme par l’homme avec sous sa coupe un mini troupeau de cinq prolétaires-moutons désignés sans états d’âme par les premières lettres de l’alphabet. Soit donc A, B, C, D et E qui, quant à eux, s’éveillent à la lutte syndicale en goûtant au bonheur d’investir en fin de mois leur maigre paie dans le système des vases communicants inventé par les génies du marketing de la société de consommation. Avec ‘L’Atelier Volant’, Valère Novarina entre à 24 ans par la grande porte dans le cercle très fermé des auteurs contemporains qui comptent. Avec ce Boucot aux allures de Père Ubu délirant, flanqué d’une Madame Bouche décalque de Mère Ubu trempée dans un pot de peinture Bleu Klein, Novarina inscrit sa farce sociale dans la lignée d’un Alfred Jarry qui aurait passé ses nuit à apprendre par cœur 'Pantagruel' de François Rabelais. Et, avec quarante ans de recul, cette nouvelle mise en scène donne l’occasion d’assister en live à la naissance d’une écriture. En 2h20 sans entracte et sans jamais se départir de son ironie grinçante, Novarina s’offre une liberté folle, osant des monologues où les déformations jubilatoires qu’il impose à la langue française deviendront plus tard sa marque de fabrique. Le Big Bang d’un univers théâtral qui peut aussi bien être dégusté par un agrégé de lettres que par Monsieur Tout Le Monde. 5

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Evene par Patrick Sourd

« Les résultats de mon examen d’nombril ne sont pas brillants », chante à tue tête Monsieur Boucot en ouverture de 'L’Atelier Volant', pièce écrite en 1971 par Valère Novarina et montée pour la première fois en 1974. Avec ce texte, l’auteur et metteur en scène raconte les aventures d’un certain Boucot, petit entrepreneur découvrant les joies de l’exploitation de l’homme par l’homme avec sous sa coupe un mini troupeau de cinq prolétaires-moutons désignés sans états d’âme par les premières lettres de l’alphabet. Soit donc A, B, C, D et E qui, quant à eux, s’éveillent à la lutte syndicale en goûtant au bonheur d’investir en fin de mois leur maigre paie dans le système des vases communicants inventé par les génies du marketing de la société de consommation. Avec ‘L’Atelier Volant’, Valère Novarina entre à 24 ans par la grande porte dans le cercle très fermé des auteurs contemporains qui comptent. Avec ce Boucot aux allures de Père Ubu délirant, flanqué d’une Madame Bouche décalque de Mère Ubu trempée dans un pot de peinture Bleu Klein, Novarina inscrit sa farce sociale dans la lignée d’un Alfred Jarry qui aurait passé ses nuit à apprendre par cœur 'Pantagruel' de François Rabelais. Et, avec quarante ans de recul, cette nouvelle mise en scène donne l’occasion d’assister en live à la naissance d’une écriture. En 2h20 sans entracte et sans jamais se départir de son ironie grinçante, Novarina s’offre une liberté folle, osant des monologues où les déformations jubilatoires qu’il impose à la langue française deviendront plus tard sa marque de fabrique. Le Big Bang d’un univers théâtral qui peut aussi bien être dégusté par un agrégé de lettres que par Monsieur Tout Le Monde.

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de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

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