


Conseillez "La Vénus à la fourrure" à un ami
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'La Vénus à la fourrure' commence par un rêve : Vénus, la déesse de l'amour, visite l'ami de Séverin. La sublime créature, emmitouflée dans une sombre fourrure, lui fait une étrange révélation : 'Vous appelez cruauté ce qui fait l'élément propre de la sensualité et de l'amour pur, la vraie nature de la femme : se donner où l'on aime et aimer tout ce qui plaît. [... ] Vous autres, gens du nord, prenez l'amour beaucoup trop au sérieux. Vous parlez de devoir où il ne devrait être question que de plaisir'. L'homme, troublé par ce rêve, s'empresse de le raconter à Séverin. Ce dernier lui confie alors un manuscrit intitulé : 'Confessions d'un suprasensuel' dont il est lui-même le héros. L'ami découvre les premiers amours sensuels de Séverin : par une nuit de pleine lune, alors qu'il pleurait aux pieds d'une statue de pierre dont il était amoureux, Séverin rencontre une jeune veuve, Wanda von Dunajew. Subjugué par sa personnalité hors du commun et persuadé qu'elle peut incarner son idéal féminin, Séverin imagine un contrat dans lequel il s'engage à se soumettre aux désirs et aux volontés de sa maîtresse...
De Léopold von Sacher Masoch
Adaptation et mise en scène de Christine Letailleur
Avec Philippe Cherdel, Thierry de Peretti, Valérie Lang, Dimitri Kondourakis, Maelle Bellec

par Guillaume BenoitSymbole du patrimoine de la langue française, Sacher Masoch propose une lecture fascinante de la question amoureuse. Parcouru d'éclairs de génie comme de lourdeurs certaines, 'Vénus à la fourrure' n'a rien d'une histoire d'amour comme les autres. Entre les considérations érudites d'un homme aussi progressiste que critique invétéré de la condition des femmes de son époque, le texte accumule les maladresses autant qu'il multiplie les fulgurances. On crie, on hurle, on fabule et on souffre dans cette litanie amoureuse d'un nouveau genre. Recette idéale à une cérémonie grandiloquente de sentiments ? Certainement. Mais un détail, un petit rien vient tout bouleverser : un héros "suprasensuel", aussi bavard qu'impudique, aussi éloquent que soumis à son bourreau, l'amour. De celui qui fait "boom", de celui qui fait mal.
Qui, après Gilles Deleuze et sa merveilleuse 'Présentation de Sacher Masoch', se risquerait à une lecture aussi crue, aussi fidèle de cette Vénus ? Improbable ingénuité ou simple trait de génie, Christine Letailleur relève le défi de la plus belle des manières, sans complexe. Devant ce jeu tout en excès, ce héros en souffrance dont la langue souffre autant que l'âme, dont la diction s'applique autant qu'elle trébuche, dont les poses enfin frisent, par tant d'émoi, le ridicule ; on ne peut que s'incliner. Et sa partenaire, bourrasque impertinente et inspirée, vient contrebalancer avec malice et gravité ces insolents débordements. C'est toute la complexité d'une victime de son propre désir, moquée et admirée qui éclôt. Bien rares sont ceux qui auront aussi intelligemment lu Sacher Masoch, son indéniable force et sa vibrante sincérité. Et le résultat est pour le moins enivrant. Soumise au jeu de l'écrivain, la mise en scène, malgré quelques longueurs, est une ode à la vitalité de ce texte, décidément difficile et surprenant.
De 13 à 27 euros - Mardi à 19h, du mercredi au samedi à 21h, dimanche à 16h - Théâtre national de la Colline, 15 rue Malte Brun, 75020 Paris - Renseignements : 01.44.62.52.52
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Les photos [evene]La Vénus à la fourrure
(c) Brigitte Enguerrand
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Léopold von Sacher MasochRomancier autrichienNé à Lemberg le 27 Janvier 1836 Décédé à Lindheim le 9 Mars 1895
Ecrivain qui met en scène des femmes dominatrices, Léopold von Sacher Masoch a inspiré l'adjectif masochiste. Sa mère ne pouvant le nourrir, l'enfant chétif fut confié à une nourrice ukrainienne qui l'a abreuvé des récits du folklore de son pays dans lesquels les femmes tiennent un rôle majeur. L'oeuvre de l'auteur porte bien évidemment la marque de ces histoires et des mouvements révolutionnaires [...]
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Thierry de PerettiComédien françaisNé à Ajaccio en 1970
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