Le Figaro
Le trait Pour Nacera Belaza, le plateau du théâtre est cet espace vide et infini, ce champ ouvert à tous les possibles, traversé de lumières et de son. L'inaliénable solitude, comme état fondamental de la condition humaine, lui apparaît l'état le plus propice pour percevoir et laisser advenir les gestes immémoriaux dont ce vide est peuplé. Que ce soit dans la forme du solo, dans laquelle elle a choisi, tout comme sa sœur Dalila, d'inscrire aujourd'hui sa danse, ou dans celle du duo qu'elle a écrit pour deux danseurs algériens, chaque interprète de cette nouvelle création y est irréduc­tiblement seul et, par là même, infiniment relié à l'espace qui l'accueille. 12 Jul 2012 - 14 Jul 2012
Avignon Avignon Vaucluse
Contemporain
Le trait

Le trait

de Nacera Belaza

Dates : du 12 Juillet 2012 au 14 Juillet 2012 TERMINÉ Avignon - Avignon

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1080162 Impossible résolution de la quadrature du cercle… Dans un premier duo intitulé 'Le Cercle', la... Impossible résolution de la quadrature du cercle… Dans un premier duo intitulé 'Le Cercle', la découpe précise d’un petit carré de lumière désigne sur la scène l’espace dédié à la danse. Nacera Belaza crée ainsi un effet de zoom sur ses danseurs Mohamed Ali Djermane et Lotfi Mohand Arab, tandis que le reste du plateau demeure plongé dans un noir profond. Sur une partition musicale mêlant des bruits urbains et des percussions, la danse hypnotique de Nacera Belaza parcourt alors le corps figé des deux hommes à la manière d’une transe aussi irrésistible que vagabonde. Mouvements de tête, sauts sur place, l’étrange sortilège de possession qui au départ les agite dans un synchronisme troublant, individualise bientôt ses effets en révélant un esprit de révolte qui réveille la personnalité de chacun. Tels des pantins désarticulés, ils sont alors les proies de ce sort jeté et témoignent d’un cérémonial qui tutoie l’ancestral de ceux des Maîtres-fou filmés par Jean Rouch. À la suite, vient un solo, 'Le coeur et l’oubli', interprété par Dalila Belaza, la sœur de Nacera. Long silence et pénombre sur le plateau. La limite entre la scène et les premiers rangs du public s’éclaire d’un rai lumineux avec une infinie lenteur. L’interstice ouvert s’élargit, se transforme en une frange de lumière qui gagne alors sur la nuit à la manière d’une vague refluant vers le large pour découvrir en l’extirpant de l’ombre le corps de la danseuse. Dans la gestuelle d’une danse minimaliste, la voici alors un moment surexposée en pleine lumière puis réduite à l’ombre d’une silhouette en contre jour dans l’effet d’un champ contre champ digne du cinéma. Ultime solo de ce programme, 'La nuit' met en scène la chorégraphe dans une pièce minimaliste consacrée à son corps marchant lentement vers la lumière. Le mouvement de ses bras en croix lui donne les allures d’un oiseau solitaire tentant une fois encore de prendre son envol. Remettant trois fois sur le métier son obsession des corps tourmentés par leur désir d’émancipation, martelant sans cesse le message proche du S.O.S. d’une seule et même revendication, Nacera Belaza fait mouche. Époustouflant de justesse et de vérité. 5

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Evene par Patrick Sourd

Impossible résolution de la quadrature du cercle… Dans un premier duo intitulé 'Le Cercle', la découpe précise d’un petit carré de lumière désigne sur la scène l’espace dédié à la danse. Nacera Belaza crée ainsi un effet de zoom sur ses danseurs Mohamed Ali Djermane et Lotfi Mohand Arab, tandis que le reste du plateau demeure plongé dans un noir profond. Sur une partition musicale mêlant des bruits urbains et des percussions, la danse hypnotique de Nacera Belaza parcourt alors le corps figé des deux hommes à la manière d’une transe aussi irrésistible que vagabonde. Mouvements de tête, sauts sur place, l’étrange sortilège de possession qui au départ les agite dans un synchronisme troublant, individualise bientôt ses effets en révélant un esprit de révolte qui réveille la personnalité de chacun. Tels des pantins désarticulés, ils sont alors les proies de ce sort jeté et témoignent d’un cérémonial qui tutoie l’ancestral de ceux des Maîtres-fou filmés par Jean Rouch. À la suite, vient un solo, 'Le coeur et l’oubli', interprété par Dalila Belaza, la sœur de Nacera. Long silence et pénombre sur le plateau. La limite entre la scène et les premiers rangs du public s’éclaire d’un rai lumineux avec une infinie lenteur. L’interstice ouvert s’élargit, se transforme en une frange de lumière qui gagne alors sur la nuit à la manière d’une vague refluant vers le large pour découvrir en l’extirpant de l’ombre le corps de la danseuse. Dans la gestuelle d’une danse minimaliste, la voici alors un moment surexposée en pleine lumière puis réduite à l’ombre d’une silhouette en contre jour dans l’effet d’un champ contre champ digne du cinéma. Ultime solo de ce programme, 'La nuit' met en scène la chorégraphe dans une pièce minimaliste consacrée à son corps marchant lentement vers la lumière. Le mouvement de ses bras en croix lui donne les allures d’un oiseau solitaire tentant une fois encore de prendre son envol. Remettant trois fois sur le métier son obsession des corps tourmentés par leur désir d’émancipation, martelant sans cesse le message proche du S.O.S. d’une seule et même revendication, Nacera Belaza fait mouche. Époustouflant de justesse et de vérité.

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