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'Comme tous les familiers de la rue, Doisneau a su fixer cette gravité rayonnante qui isole un être humain de la foule, ces moments de grâce qui rassemblent des passants dans 'l' illusion d'un instant' comme dans une géométrie de rêve.' (Jean-François Chevrier)
Longtemps Robert Doisneau a été perçu comme le chantre du pittoresque parisien. Illustrateur de génie, il a su comme personne saisir l'image agréable, l'anecdote inattendue : on a reconnu en lui le professionnalisme et la poésie simple de l'instantané. Mais l'oeuvre de Robert Doisneau est infiniment plus complexe. L'exposition de la fondation Cartier-Bresson propose une sélection d'une centaine d'épreuves originales, choisies en majorité parmi les trésors de son atelier et dans diverses collections publiques ou privées. Les images présentées ont été réalisées entre 1930 et 1966 à Paris et dans sa banlieue. Cette relecture tend à montrer comment Robert Doisneau est passé 'Du métier à l'oeuvre', avec une gravité insoupçonnée, en inscrivant sur la pellicule un monde dont il voulait prouver l'existence.

par Etienne SorinAgnès Sire, la commissaire de cette surprenante exposition, règle d'emblée son compte au fameux ‘Baiser de l’Hôtel de Ville’. Elle présente la photo de Doisneau dans une vitrine peu éclairée, telle qu’elle apparaît la première fois au public : dans un reportage sur les amoureux de Paris pour le magazine américain Life. Une façon de dire que Doisneau vaut beaucoup mieux que ce cliché culte.
Et la centaine d’épreuves originales, des images réalisées entre 1930 et 1966 à Paris et en banlieue, dont certaines très rares, voire inédites, révèle en effet un autre visage de Doisneau. Le faiseur de cartes postales pittoresques et romantiques fait place à un photographe sombre et grave. Le Paris occupé et celui de l’après-guerre n’ont ici rien d’enchanté. ‘Alerte dans le métro’ (1944) ou ‘Le Cheval tombé’ (1942), métaphore puissante de la ville écrasée sous la botte nazie, ne sont pas l’oeuvre d’un flâneur pétri de poésie urbaine. Même chose pour la banlieue. Si le photographe veut garder une trace d’un monde en train de disparaître, il n’idéalise pas pour autant ce qu’on appelle alors la Zone. Doisneau ne photographie pas assis à la terrasse d’un café. Le plus souvent, il prend de la hauteur et saisit un paysage lugubre, mélange de no man’s land et d’urbanisation monotone – les premières barres de béton sortent de terre. Ainsi, la petite fille de ‘Bidonville à Ivry’ (1946), ne vit pas dans un vert paradis en noir et blanc mais bien dans un taudis. Car on découvre aussi que les enfants, chez Doisneau, ne sont pas toujours des êtres drôles et insouciants. Les trois gosses des ‘Glaneurs de charbon’ (1945), silhouettes grises au bord d’un canal gelé, portent toute la misère de l’après-guerre sur leurs épaules. Quant à la gamine du ‘Nez au carreau’ (1953), qui regarde l’objectif depuis la vitre d’un café, c’est toute la tristesse du monde qui se lit sur son visage.
De 3 à 6 euros - Du mardi au dimanche de 13h à 18h30, le samedi de 11h à 18h45 et le mercredi jusqu'à 20h30 - Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris - Renseignements : 01.56.80.27.00
En savoir plus sur le site :
Fondation Henri Cartier-Bresson
Les photographies d'exception n'ont jamais raconté qu'une histoire, et au coeur de 'La Voiture fondue' de Robert Doisneau, ce sont cinq aventures, cinq destins qui se jouent dans la joie de l'instant. A découvrir jusqu'au 18 avril à la fondation Henri Cartier-Bresson à Paris, la rétrospective 'Du métier à l'oeuvre' rappelle la force de cet immense photographe, qui parvient à faire du quotidien, une fenêtre sur l'humanité.
Lire "DOISNEAU, LA VOITURE FONDUE 1944"
Avis de Bouriate1 
J'adore les photos de Robert Doisneau, mais malheureusement pour cette exposition les photos sont très mal éclairées, elles ne sont pas mises en valeur et il faut vraiment avoir une excellente vue pour pouvoir apprécier les sujets exposés. [...]
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Les photos [evene]Robert Doisneau
La Voiture fondue, 1944 - (c) Atelier Robert Doisneau
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Le diplôme de graveur-lithographe en poche, Robert Doisneau est formé à la photographie par André Vigneau. Il devient rapidement photographe indépendant pour l'agence Rapho. Il vend ses clichés à des magazines aussi divers que Le Point, Vogue, La Vie ouvrière... et reçoit le prix Kodak en 1947 et le prix Niepce en 1956. Ce "braconnier de l'éphémère" est célèbre pour ses clichés d'écoliers [...]
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