Le Figaro
Tabou Le viol est-il tabou dans nos sociétés ? Le spectacle se déroule en trois temps : l'inventaire, les interrogatoires de cinq victimes, et la plaidoirie flamboyante de Gisèle Halimi au procès d’Aix-en-Provence en 1978, ici reprise par Laurence Février. Avec Véronique Ataly, Mia Delmaë, Laurence Février, Françoise Huguet, Carine Piazzi, Anne-Lise Sabouret. 05 Sep 2012 - 21 Oct 2012
Lucernaire rue Notre-Dame-des-Champs 53 Paris Paris
Contemporain
Tabou

Tabou

Dates : du 5 Septembre 2012 au 21 Octobre 2012 TERMINÉ Lucernaire - Paris (75006)

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1109462 Le tabou en question est celui du viol. Il ne s’agit pas simplement de la peur d'en parler mais du... Le tabou en question est celui du viol. Il ne s’agit pas simplement de la peur d'en parler mais du sort que réserve la justice à ce crime : Laurence Février montre sur scène la très fréquente mise en accusation de celles qui sont les victimes. Cinq comédiennes vont chacune répondre à un interrogatoire judiciaire, et illustrer tour à tour ce glissement insidieux du statut de plaignante à celui de coupable. La redistribution permanente des rôles participe de ce retournement. La première à jouer la juge est détestable de mépris, pour devenir ensuite la prochaine interrogée, l’air hagard et perdu. On leur demande d'un ton intraitable pourquoi elles ont agi de telle sorte que la situation en vienne à leur échapper, on leur fait comprendre qu'elles sont responsables de leur sort, mais surtout, aucune n'échappe à cette question fatale : pourquoi ne pas avoir porté plainte au moment des faits ? Et la femme de se défendre faiblement, troublée, parfois sidérée qu'on remette en cause la nature criminelle de l'acte. Le parti pris de la pièce impose des interrogatoires sans pitié, dangereusement pervers, au point de remettre en cause le statut de victime de ces femmes. Le texte est inspiré de cas réels, issus des 98% de cas où le viol a lieu dans un cadre familial, avec des connaissances, sur une longue période... Pour appuyer son argumentation, Laurence Février elle-même clôt les témoignages par la brillante plaidoirie de Gisèle Halimi, à la Cour d'Aix-en-Provence en 1978. Une pièce politique, engagée, mais avant tout un plaidoyer pour ces vraies victimes. 4

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la critique evene

 
Evene par Claire Pérez

Le tabou en question est celui du viol. Il ne s’agit pas simplement de la peur d'en parler mais du sort que réserve la justice à ce crime : Laurence Février montre sur scène la très fréquente mise en accusation de celles qui sont les victimes. Cinq comédiennes vont chacune répondre à un interrogatoire judiciaire, et illustrer tour à tour ce glissement insidieux du statut de plaignante à celui de coupable. La redistribution permanente des rôles participe de ce retournement. La première à jouer la juge est détestable de mépris, pour devenir ensuite la prochaine interrogée, l’air hagard et perdu. On leur demande d'un ton intraitable pourquoi elles ont agi de telle sorte que la situation en vienne à leur échapper, on leur fait comprendre qu'elles sont responsables de leur sort, mais surtout, aucune n'échappe à cette question fatale : pourquoi ne pas avoir porté plainte au moment des faits ? Et la femme de se défendre faiblement, troublée, parfois sidérée qu'on remette en cause la nature criminelle de l'acte. Le parti pris de la pièce impose des interrogatoires sans pitié, dangereusement pervers, au point de remettre en cause le statut de victime de ces femmes. Le texte est inspiré de cas réels, issus des 98% de cas où le viol a lieu dans un cadre familial, avec des connaissances, sur une longue période... Pour appuyer son argumentation, Laurence Février elle-même clôt les témoignages par la brillante plaidoirie de Gisèle Halimi, à la Cour d'Aix-en-Provence en 1978. Une pièce politique, engagée, mais avant tout un plaidoyer pour ces vraies victimes.

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