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dimanche 03 juin

Fil d'actualité [Angoulême]

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'NonNonBâ', Prix du meilleur album - critique

le 28 Janvier 2007 à 19:22:04

‘NonNonBâ’ est une oeuvre ambivalente, beaucoup plus riche qu’elle n’y paraît au premier abord. Shigeru Mizuki part sur un thème légendaire : la grand-mère NonNonBâ raconte ses histoires de yokaï, ces êtres surnaturels qui vivent discrètement aux côtés des hommes. De là, l’album vire tantôt au fantastique, lorsque ces fantômes ou autres personnages extraordinaires interviennent, tantôt vers l’onirisme, quand c’est le jeune Shigeru, projection de l’auteur, qui dessine ses histoires merveilleuses. L’ascension vers le paradis est à ce titre une scène inoubliable, marquante par sa finesse et sa beauté. Toujours entre rêve et réalité, l’intrigue joue sur cette ambiance pour instaurer une atmosphère agréable à la lecture, qui fait glisser le lecteur dans un rêve éveillé. La poésie qui imprègne les histoires est touchante, tant le récit, simple au début, fait petit à petit appel à des sentiments plus prégnants, plus adultes : la mort et la maladie frappent, et Shigeru Mizuki excelle pour allier légèreté de la narration et gravité des sentiments. D’un autre point de vue, ‘NonNonBâ’ est une série humoristique. Les aventures des enfants ou le personnage du père de famille coureur de jupon grotesque et bouffon font sourire. D’ailleurs le personnage du père, capable d’être le bouffon du récit puis d’endosser le rôle du patriarche à la sentence philosophique, est la parfaite illustration des multiples facettes de ce manga. Tout comme les dessins qui, mettant en scène des personnages caricaturaux (grosses têtes, lèvres déformées, expressions exagérées...) dans un décor au réalisme photographique, témoignent de l’univers mouvant de l’auteur, qui combine harmonieusement tous les styles. Saluons enfin les efforts de l’éditeur Cornélius qui, par une introduction pertinente et des notes précises, ôte toute zone d’ombre que l’Occidental trouverait dans ce récit, donnant à ce manga une dimension supplémentaire, plus historique. Mikaël Demets

Fin du festival...

le 28 Janvier 2007 à 18:09:44

Le Festival touche à sa fin. La moquette est défraîchie, le sol est jonché de papiers et de prospectus en tout genre – pourquoi personne n’a eu l’idée de mettre des poubelles dans ce salon ? Les stands commencent déjà à remballer, les tables de dédicaces se désertent. Que retiendra-t-on ? Le festival éclaté dans toute la ville ? Les organisateurs ont confirmé que cette répartition perdurerait l’an prochain. Les visiteurs n’ont pas semblé gênés, le système de navettes s’étant avéré efficace. Finalement, ce sont surtout les auteurs qui reprochent cette distribution qui les exile et ne leur permet ni de se promener dans le centre-ville, ni d’apprécier les autres activités du salon. La victoire d’un manga, une première pour l’album de l’année, restera dans les annales. Le succès aura en tout cas été au rendez-vous : après un jeudi qui sonnait creux, les allées bouchées par le public auront pris le dessus. Eh oui, Angoulême reste la capitale mondiale de la bande dessinée. A l’année prochaine…

GRAND PRIX DU FESTIVAL...

le 28 Janvier 2007 à 17:00:52

Malgré une refonte des récompenses qui a fait couler pas mal d'encre, un prix reste encore et toujours en vigueur : le Grand Prix de la Ville d'Angoulême. Décerné par l'Académie des Grands Prix (soit une assemblée qui regroupe tous les lauréats précédents de cette récompense), il couronne cette année un auteur majeur, d’envergure internationale, engagé depuis toujours au plus profond des problématiques de son temps. L'Argentin José Muñoz, qui avait déjà par deux fois été récompensé par un prix au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, reçoit cette année une distinction qui lui permettra de siéger, en 2008, à la tête du jury du festival. Trondheim avait imposé son style pince sans rire, qu'en sera-t-il l'année prochaine ?

'Sergent Laterreur', Prix du patrimoine 2007 - critique

le 28 Janvier 2007 à 16:43:37

Ouvrez ce gros recueil, son contenu vous saute au visage. Couleurs pleines, vives voire criardes, trait de plume épais, rond, bulles gigantesques, déformées, qu’on croirait presque douées de vie, lettrage surdimensionné, intenable. Rose, vert, violet, bleu, noir, c’est un véritable feu d’artifice qui se cache dans ce bel album. ‘Sergent Laterreur’ est un véritable bijoux psychédélique, une bande dessinée comme on n’en voit plus. Initialement éditée dans les pages du célèbre magazine ‘Pilote’ entre 1971 et 1973, la série joue sur un antimilitarisme forcené, avec un acharnement typique des années 1970. Heureusement, le côté intemporel du sujet fait qu’aujourd’hui encore, l’alchimie entre la folie des graphismes et l’engagement de l’écriture fonctionne à merveille. A travers des gags de 2 pages, les auteurs stigmatisent la stupidité de l’institution militaire, de ses lourdeurs administratives, le coût élevé de tout ce gâchis, et, surtout, la mentalité bête et méchante des autorités, symbolisées par ce petit teigneux de sergent. Toujours à brailler, il ne dit jamais “Garde à vous” mais hurle “GAAARRD AOU !” à travers toute la page, si bien que la moitié des bulles qui lui sortent littéralement de la gorge est hors-champ. Sa victime : un bon gros soldat tout rond, symbole de ces pauvres engagés le temps du (défunt) service militaire. Muet, il se contente de faire claquer ses talons au passage de son supérieur. Les auteurs n’ont pas dû garder que des bons souvenirs de cette période, ça sent la revanche... Grâce à de nombreuses trouvailles visuelles et à un nouvel éblouissement visuel à chaque page tournée, ‘Sergent Laterreur’ impressionne et affirme son caractère de série mythique, trop peu connue. Espérons que cette intégrale participe à une reconnaissance, même tardive. Mikaël Demets

'Le Photographe', essentiel 2007 - critique

le 28 Janvier 2007 à 15:19:29

Troisième et dernier tome de la série, ce nouveau ‘Photographe’ clôt de la plus belle des manières une trilogie exceptionnelle. On s’éloigne quelque peu de la guerre, des bombardements ou des gens de Médecins sans frontières pour suivre Didier Lefèvre, seul, en direction du Pakistan. Ce voyage de retour éprouvant comme jamais attaque physiquement et moralement notre photographe. Il passe de mains en mains, d’une caravane à un guide incompétent, d’un escroc à un policier véreux. Franchissant des cols hostiles dans la plus grande solitude, transi par le froid et entouré de mines, en tirant un cheval agonisant, Didier passe par des moments de désespoirs tels qu’il prend même la photo de sa mort, paroxysme bouleversant de cet album. Une image dominée par un cheval lugubre et fantomatique qu’il croit être son ultime prise de vue. A ces pages poignantes, comme on en lit rarement, s’enchaînent des instants de bonheur, une rencontre, la chaleur d’une mosquée, une blague réussie qui lie deux personnes qui ne se comprennent pas. Le récit en journal de bord est d’une lucidité et d’une intensité incroyable, intensité décuplée par la qualité graphique de cet album. En mélangeant photographies noir et blanc et vignettes classiques, dessinées par Guibert, les auteurs donnent au texte une richesse inégalée et le poids d’un réalisme pesant. En explorant en outre, plus prosaïquement, de nouveaux horizons pour le 9e art. Supplément de cet album, un film passionnant qui retrace ce qui nous avait été raconté dans les 2 premiers tomes de la série, la moindre des choses pour rendre hommage à ces membres de MSF qui sont clandestinement allés aider les populations malgré la guerre menée par les Soviétiques. Un document remarquable doublé d’une bande dessinée hors normes. Mikaël Demets

'Panier de singe', révélation de l'année - critique

le 28 Janvier 2007 à 14:35:58

Pour Florent Ruppert et Jérôme Mulot, la bande dessinée n’est pas qu’un enchaînement de vignettes flanquées de leurs éternelles bulles. Composé d’histoires courtes indépendantes mais aux personnages récurrents, ‘Panier de singe’ se vit comme un jeu visuel et graphique puisqu’il use d’une mise en page parfois inhabituelle et comporte plusieurs stéréoscopes ou phénakistiscopes, sortes de dessins animés à faire soi-même en découpant sa BD (!) et en faisant tourner les images. Rassurez-vous, il n’est pas obligatoire de découper un album puisque non seulement l’intrigue se comprend sans cela, mais surtout parce que les animations sont disponibles sur Internet. Cela peut déstabiliser, d’autant qu’il faut admettre que l’album n’est pas très attirant. Le dessin très dépouillé se résume à un trait uniforme sur fond blanc qui en repoussera certains. Les aventuriers continueront et s’apercevront qu’il n’est finalement pas si difficile de s’accrocher à cette intrigue, certes décousue, mais prenante. Attention aux âmes sensibles : les sujets abordés ne sont pas toujours glamour. Au hasard : partouze avec des mutilés, zoophilie clandestine, chutes violentes et perversions multiples. Provocateur ? Sans doute, mais surtout très drôle et assez nouveau. Une fois refermé, cet album laisse un goût étrange, comme si l’on avait aimé sans être sûr d’avoir tout compris. Voilà en tout cas de quoi ravir les explorateurs de la BD. Mikaël Demets

'Black Hole', essentiel 2007 - critique

le 28 Janvier 2007 à 13:23:14

Etats-Unis, vers les années 1970. La communauté étudiante est en émoi : une étrange épidémie sévit, qui modifie l’apparence des personnes touchées. Cela peut aller d’une simple éruption cutanée à l’apparition d’une petite bouche au milieu du cou, d’une queue de rat au bas du dos ou d’autres transformations plus gênantes. Les plus atteints, devenus monstrueux, s’isolent dans la forêt, formant une sorte de ghetto inquiétant. ‘Black Hole’ va s’attacher au destin de quelques-uns des pestiférés qui peuvent encore mener une vie plus ou moins normale. Sur fond d’angoisse et d’incertitude, ils tentent de se construire malgré leurs infirmités ; chose difficile à une époque - l’adolescence - où le regard des autres reste primordial. Cette étude à peine voilée des ravages causés par le sida est à lire avant tout comme un témoignage. Plus que les mutations, c’est la nonchalance avec laquelle les personnages vivent la maladie qui choque. Alors que l’épidémie change leur vie, les rendant à jamais étrangers dans leur propre monde, ils ne se protègent ni ne protègent leurs partenaires plus qu’auparavant. Préférant parfois s’enfermer dans une solitude austère, ils choisissent la dissimulation plutôt que l’affirmation et le combat. Désabusé, Burns ? Peut-être. Ne voyez pas dans ces douze chapitres un manifeste geignard, ni même vraiment engagé. C’est peut-être d’ailleurs un défaut : à trop rester neutre, l’auteur transforme un scénario au potentiel manifeste en image un peu fade de vies gâchées. Une impression appuyée par un dessin efficace, uniquement en noir et blanc, qui va à l’essentiel, mais qui, en évitant les détails, tend parfois à perdre un peu le lecteur : qui est qui, qui devient quoi ? Comme les héros dans leur vie, on patauge un peu. Reste une idée intéressante, reconnue - Burns a reçu le Harvey Awards, l’équivalent de notre festival d’Angoulême aux Etats-Unis - et qui aurait mérité un traitement peut-être plus approfondi. Mathieu Laviolette-Slanka

'Pourquoi j'ai tué Pierre', Prix du public et essentiel 2007 - critique

le 28 Janvier 2007 à 13:11:41

Impressionnant. Que dire d’autre après la lecture de cet album-confession d’Olivier Ka, magistralement mis en images par Alfred ? Ka a décidé, plutôt que de s’offrir une thérapie (“C’est aussi efficace et ça me fait faire des putains d’économies”), d’écrire un livre sur l’événement marquant de sa vie : l’agression pédophile dont il a été victime à 12 ans. Rassurons tout de suite les allergiques à la confession intime ou les lassés de la psychanalyse sur papier, dont l’auteur de ces lignes fait d’ailleurs partie : cet ouvrage n’est pas comme ces étalages de vie privée nombriliste. Si la démarche de l’auteur est personnelle, évidemment, elle donne naissance à l’un des meilleurs albums de l’année, album dans lequel le lecteur trouve un grand intérêt. Le ton n’est pas à l’atermoiement, au trash ou à la colère. Olivier Ka parvient à recréer son enfance, ses sentiments de bambin innocent, et à nous retracer sa vie jusqu’à la récente mise en vignettes de cette histoire. Une biographie donc, dominée par un arrière-goût dont il n’arrive pas à se débarrasser. En cela, l’apport du dessinateur et du coloriste est parfait. Les graphismes sont superbes d’expressionnisme, les couleurs et le trait varient selon les évolutions du personnage. La dernière partie de l’ouvrage, lorsque la réalité dépasse la fiction et que Ka décide de retourner sur les lieux de son enfance, fait partie des pages les plus suffocantes qu’il nous ait été donné de lire, tant le récit et les illustrations fusionnent pour nous raconter l’intérieur d’un enfant devenu un homme marqué. Impossible d’en dire plus sans gâcher la fin. A vous de vous plonger dans cette histoire inoubliable, sublimée, malgré la difficulté que cela devait représenter, par des illustrations envoûtantes et oppressantes à la fois. Mikaël Demets

Halte à la polémique !

le 28 Janvier 2007 à 12:13:29

Benoît Mouchard, directeur artistique du festival, coupe court aux contestations éventuelles qui pourraient survenir sur le choix du meilleur album de cette édition 2007 du festival : "‘NonNonBâ’ est un excellent manga tout public, un très bon manga même pour commencer. (…) C’est important, car l’auteur a un propos humaniste et universel. On ne reste pas dans l’image du manga violent et pour garçons." Le choix de l’oeuvre de Shigeru Mizuki correspond ainsi bien à la volonté annoncée d’être "une indication".

De la solitude des auteurs

le 28 Janvier 2007 à 11:30:05

Angoulême 2007 ? Pour Louis, illustrateur, c’est une année un peu spéciale. «A cause des travaux, tout est sens dessus dessous. C’est la sixième fois que je viens, et là, on se retrouve complètement excentré, c’est assez particulier. Jeudi on a eu un peu peur, il n’y avait pas beaucoup de monde. Mais dès vendredi on a retrouvé nos marques : le public était là, et depuis ça se passe comme un Angoulême normal. En revanche on aimerait bien que le salon ne reste pas à cet endroit. Pour aller déjeuner, les auteurs sont souvent obligés de rentrer dans le centre-ville, ce qui fait 25 minutes à pinces ; ça fait des allers-retours (et donc des absences) super longs et le public n’est pas content. Même pour les commerçants, c’est dommage. Et comme les expositions sont super éparpillées, on ne peut pas aller s’y balader... Cette organisation doit rester une solution de dépannage. Bon, ça reste Angoulême et on est content d’être là !»

Un nouveau venu raconte

le 28 Janvier 2007 à 10:30:33

Pour Clément Sauvé, auteur canadien qui découvre Angoulême, la vie est belle et les journées bien remplies. «C’est vraiment énergique, il y a beaucoup plus de monde que ce que je ne croyais ! C’est peut-être un peu dommage que ce ne soit pas dans le centre-ville. Je suis arrivé une journée avant le début du salon, j’ai fait le tour d’Angoulême… J’aurais aimé avoir plus de temps pour visiter et prendre des photos. Je n’ai pas eu le temps de voir les autres bulles (= les autres stands), mais il y a l’air d’avoir des choses assez intéressantes… De toute façon, en tant qu’auteurs, on est assez occupés : ils nous mettent sur le planning de 10 à 19h, et si on ne se lève pas pour s’en aller, il y a toujours des gens qui sont prêts à nous tendre leurs albums.» Bienvenue dans le grand marathon du festival.

Que lit Pascal Brutal ?

le 28 Janvier 2007 à 09:46:34

Riad Sattouf, père du désormais célébrissime Pascal le roi de la gourmette, a laché le nom de l’auteur qu’il a le plus apprécié en 2006. Il s’agit de Blutch, dont l’album ‘La Volupté’ était officiellement sélectionné cette année. Monsieur Sattouf apprécie la créativité du scénario autant que la maîtrise du dessin de son collègue. Comme quoi, Pascal sait lire…

LE MEILLEUR ALBUM D'ANGOULEME EST DESIGNE !

le 27 Janvier 2007 à 19:01:03

'NonNonBâ', de Shigeru Mizuki aux éditions Cornélius, remporte le prestigieux Grand Prix du 34e Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême. Une décoration qui risque de susciter bien des polémiques... On peut en tout cas se réjouir de voir gagner les éditions Cornélius, qui gagneront à être connues.

LES ESSENTIELS SONT...

le 27 Janvier 2007 à 19:00:33

Les 6 ''Essentiels'' du 34e Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême sont 'Black Hole' de Charles Burns, 'Lupus' de Frederik Peeters, 'Lucille' de Ludovic Debeurme, 'Pourquoi j'ai tué Pierre' d'Olivier Ka et Alfred, et 'Le Photographe' d'Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier. 'Panier de singes' de Jérôme Mulot et Florent Ruppert est consàcré quant à lui 'Révélation'. Ces albums sont ainsi désignés pour constituer une base de qualité à toute bibliothèque de bédéphile.

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