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dimanche 03 juin

Fil d'actualité [Angoulême]

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ET LES GAGNANTS SONT...

le 27 Janvier 2008 à 16:50:37

Le Festival de la bande dessinée d'Angoulême vient de décerner son Grand Prix 2008 à Philippe Dupuy et Charles Berbérian pour l'ensemble de leur oeuvre. C'est la première fois qu'un tandem d'auteurs reçoit le Grand Prix de la ville d'Angoulême. "Impossible de les séparer. Ils avaient déjà été primés ensemble", a affirmé Benoît Mouchard, directeur artistique du Festival. Les deux compères succèdent ainsi à l'Argentin José Munoz. Rendez-vous l'année prochaine pour une coprésidence donc.

'Trois Ombres', Essentiel 2008 - critique

le 27 Janvier 2008 à 16:42:48

Un gamin débordant d'énergie, son père fort comme un Turc, sa mère douce et belle, voilà une vision bien idyllique. Mais très vite cette famille heureuse se sent surveillée, menacée : ces trois ombres qui rôdent, qui sont-elles, que veulent-elles ? Pour son premier roman graphique en solitaire chez Delcourt, Cyril Pedrosa embarque son lecteur dans une quête épique et fantastique, aux traits simples et poétiques à la fois. 'Trois ombres' reprend des thèmes universels, comme l'enfance, la peur de la mort et l'amour pour les décliner de façon très personnelle en noir et blanc. Epure graphique, découpage cinématographique, il est difficile de ne pas tomber amoureux du dessin de Pedrosa, qui ne s'encombre pas, et c'est heureux, de l'habituel format en 48 ou 64 pages. Ce long ouvrage parcourt le monde et les contrées, sur terre comme sur mer et même bien au-delà. Se perdant parfois un peu en route - quelques scènes restent sans véritable explication (qui est mademoiselle Pique ? Pourquoi cette soudaine poussée capillaire ?) l'auteur explore ses envies au gré du vent, mêlant les cultures et les symboles : chaman exotique et trinité bien de chez nous, psychanalyse et contes pour enfant s'entrechoquent dans ce voyage vers l'étrange au rythme d'une inspiration issue de sources multiples - manga, comics, underground. Récit ancré dans l'irréel, 'Trois ombres' est l'histoire d'une vie, sinon de la vie, tout simplement, "qui n'est rien d'autre qu'une alternance de drames et de bonheurs". Pourtant, loin de proposer une vision simpliste ou naïve, Pedrosa teinte ses personnages de côtés sombres qui les rendent acceptables, possibles. Un conte magnifique doublé d'un graphisme somptueux, le plaisir est total.

'La Marie en plastique', Essentiel 2008 - critique

le 27 Janvier 2008 à 14:30:25

Une statuette de la Vierge Marie saigne des larmes de sang. Début d’une BD d’horreur satanique ? Non, suite des aventures d’une paisible famille de province troublée par ce phénomène inexpliqué. Si mamie la bigote est heureuse, ses disputes avec papy le communiste sont de plus en plus féroces. Avec sa pudeur et son art de la description réaliste, Rabaté nous entraîne dans l’intimité de ces deux personnages opposés. Comme dans ‘Les Petits Ruisseaux’, le scénariste excelle dans le portrait de personnages de 3e âge encore bien verts, et plus largement, dans celui d’une société provinciale avec ses codes et ses clichés, sur laquelle la folie de la vie effrénée des grandes villes semble ne pas avoir de poids. Drôle - hilarante même dans une scène d’analyse de sang qui deviendra à n’en point douter une référence -, mais surtout tendre et originale, l’intrigue se concentre sur les protagonistes et leur mentalité, avec un ton nostalgique contrebalancé d’une pointe de satire. Derrière ses crayons, Prudhomme poursuit son dessin simple et nu qui, s’il n’emballe pas à première vue, s’accorde à merveille à une histoire qui n’aurait sans doute pas supporté un graphisme trop stylisé. Un an après ‘Les Petits Ruisseaux’, Rabaté prouve que sa bande dessinée “altermondialiste”, qui nous raconte un autre monde que celui habituellement développé dans le 9e art actuel, possède une humanité et une sincérité pleines d’avenir. Mikaël Demets

'Exit Wounds', Essentiel 2008 - critique

le 27 Janvier 2008 à 12:29:52

Rutu Modan met en scène une rencontre étrange, improbable, entre un jeune homme tranquille et une femme de son âge, dernière petite amie en date d’un père qu’il n’a pas vu depuis des années. Elle pense qu’il est mort dans un attentat, lui pense qu’il s’est enfui ailleurs. De cette relation bancale, presque forcée, naît une liaison originale entre deux êtres qui deviennent dépendants l’un de l’autre tout en se rejetant. Sur fond d’une terre d’Israël déchirée qui compte ses morts, se met en place une enquête singulière au milieu d’individus seulement unis par un attentat tragique. L’auteur, tout en restant sobre et pudique dans la mise en scène des sentiments, parvient à traiter de la perte, de l’amour et de ses blessures avec beaucoup de justesse et une simplicité très réaliste. Malheureusement, les graphismes empêchent toute immersion dans le récit. Les dessins sont statiques, sans relief ni mouvement, et les couleurs très plates accentuent encore la froideur de cette esthétique peu engageante. Trop fades, les illustrations mettent une barrière entre le lecteur et le récit. Dommage, car cela gâche la profonde humanité que l’auteur avait réussi à y glisser. Mikaël Demets

RG tome 1, 'Riyad sur Seine', Essentiel 2008 - critique

le 27 Janvier 2008 à 10:10:47

C'est vrai que ce Pierre Dragon ne ressemble, comme il le dit lui-même, à rien. Mais il décrit diablement bien sa vie quotidienne. Même qu'on s'y attache. Normal, la collection Bayou, dirigée d'une main de maître par Joann Sfar, semble n'éditer que des ouvrages qui font autant appel au sens esthétique qu'à une réelle qualité scénaristique de leurs auteurs. Au centre de ce polar moderne raconté de l'intérieur, la traque d'un groupe soupçonné de financer le terrorisme international. Grosses cylindrées et caviar composent leur quotidien, tandis que celui de Pierre Dragon et de ces acolytes tourne plus autour du café-kebab. Et pourtant, on les y sent bien. Et, logiquement, on suit le groupe. Ca pue la sueur, l'attente, mais on se prend à estimer ce gros pataud solitaire qui traîne sa carcasse d'aventures d'un soir en castagnes d'un jour. Pour vous donner une idée, Dragon est l'homme qui s'invite à la table de l'ambassadeur des Etats-Unis sans rendez-vous. On est loin d'un smoking à la 007, le costume est plutôt au jean basket, mais pourtant force est de constater qu'il a la classe. On aime aussi le dessin de Frederik Peteers, qui a quitté les mondes extraordinaires de 'Lupus' pour ceux plus terre à terre du sous-marin policier, des chambres sous-louées et des tables en formica. Et ce avec une maîtrise indéniable. Est-ce le dessin, ou bien la moiteur augmente-t-elle au fil des pages passées à attendre l'ennemi ? Si le suspense compte un peu dans ce récit, la part la plus importante est la tendresse qui suinte de partout. Tendresse pour ces hommes de l'ombre. Tendresse pour ces moments passés ensemble, dans cette amitié virile exacerbée par la pudeur. Tendresse enfin pour cette non-vie, puisque aliénée au service d'un idéal. Tendresse même pour ces ennemis dont la plupart sont les esclaves de plus forts qu'eux… Simple, efficace, sensible juste ce qu'il faut pour enrober la réalité : mission réussie pour ce premier tome. Mathieu Laviolette-Slanka

'Là où vont nos pères', Meilleur album 2008 - critique

le 26 Janvier 2008 à 20:19:44

Il est toujours intéressant de voir que l’image vierge de tout écrit acquiert une force accrue. Un pouvoir parfois inquiétant car les mots absents ne jouent justement plus leur rôle de garde-fous. Cela se vérifie dans la publicité, dans des expositions d’art, dans la bande dessinée également. L’album de Shaun Tan, muet et élaboré sur quatre années, en est aujourd’hui une nouvelle preuve, simple, effroyablement efficace. L’histoire débute sur des objets quotidiens, une photo, une tasse ébréchée, une cocotte en papier. Cette fragilité, mise en opposition avec un danger latent prenant la forme de puissants tentacules sombres, pousse l’homme à fuir et à abandonner les siens, son travail, sa vie. ‘Là où vont nos pères’ est l’histoire de cette fuite. Certes, avec la mondialisation, l’accélération des échanges et des migrations, ce déracinement est aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Mais la grande force de cet album, c’est bien de le rendre intemporel, apatride, absolu. On imagine bien sûr les Etats-Unis derrière ces formes imposantes, ce bras de mer et ces gratte-ciel. Mais l’idée devient bien vite anecdotique au profit d’une attention centrée sur la qualité des relations humaines, sur la découverte d’une culture différente, sur des obstacles ou des petits plaisirs qui composent la journée d’un homme venu d’un ailleurs et débarquant dans un nulle part. Les tons sépias et les formes douces, qui ne sont pas sans rappeler les hallucinations de Jim Woodring, associés à un dessin qui frise l’académisme - les visages notamment bénéficient d’un traitement naturaliste parfaitement maîtrisé - créent un monde onirique où la frontière entre rêve et cauchemar se révèle fragile. Au final, le sourire des personnages éclaire cette vision - un peu idéalisée - et nous pousse à mieux considérer l’humanité. Sans voir en ce travail un réel témoignage, on saluera bien plus cette capacité à rêver, à aimer et à émouvoir qui est la marque d’un vrai artiste. Mathieu Laviolette-Slanka

ET LE GAGNANT EST...

le 26 Janvier 2008 à 20:16:34

Ca y est, l'Angoulême cru 2008 de l'Argentin José Munoz a livré ses secrets. Et c'est 'Là où vont nos pères' de Shaun Tan, qui remporte le fameux "fauve d'or" imaginé par Trondheim l'an dernier. Une récompense amplement méritée pour un album au graphismes extraordinaire qui se permet même de se passer des mots pour livrer une histoire touchante et passionnante qui touche à l'immigration. On reconnaît évidemment la patte de Munoz, exilé d'Argentine à cause de la junte militaire, auteur clandestin en Italie, derrière ce choix.

Révélation 2008

le 26 Janvier 2008 à 19:01:10

Isabelle Pralong remporte ce prix "essentiel" grâce à son album 'L'Elephant', paru chez Vertige Graphic. L'histoire de cette femme qui voit son père réapparaître dans sa vie pour apprendre qu'il est tombé dans le coma a touché le jury du festival.

ET LES ESSENTIELS SONT...

le 26 Janvier 2008 à 19:00:29

'Exit Wounds', de (chez Actes Sud BD), 'Ma Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill', de Regnaud et Bravo (Gallimard jeunesse), 'La Marie en plastique' de Pascal Rabaté (chez Futuropolis), 'Trois Ombres' de Cyril Pedrosa (Delcourt-Shampooing), ainsi que l'ouvrage 'RG' tome 1 de Peeter et Dragon (Gallimard-Bayou), sont les ouvrages retenus pour former la bibliothèque idéale de l'année 2007. 'Kiki de Montparnasse', de Catel et Bocquet, est lui l'essentiel Fnac-SNCF, élu par le public.

LE PRIX DU PATRIMOINE EST DECERNE A...

le 26 Janvier 2008 à 18:59:56

C'est 'Moomin et les brigands' qui remporte ce prix. L'oeuvre de Tove Jansson, paru dès 1954, avait pour la première fois cette année bénéficié d'une traduction française de la part de l'éditeur Le Lézard noir.

Prix de la BD alternative

le 26 Janvier 2008 à 18:58:01

C'est 'Turkey Comix' numéro 16 qui remporte cette année à Angoulême le prix de la BD alternative.

Moebius au Futuroscope !

le 26 Janvier 2008 à 09:28:11

Ce samedi matin a lieu à la mairie d'Angoulême la présentation d'une nouvelle attraction au parc de Poitiers, "La citadelle du vertige". Le rapport avec la BD ? Il s'agit d'une attraction exploitant un système d'illusions mis en place par le magicien Gérard Majax qui permettra de voyager dans des décors dessinés par Moebius en personne. L'hallucinoscope, c'est son nom, permettra de se promener dans un monde inspiré du légendaire 'Garage hermétique' de Moebius. Ouverture au grand public le 9 février.

Spirou contre Superdupont !

le 25 Janvier 2008 à 12:51:59

Match d'impro BD saignant en vue ! D'un côté, un échantillon de dessinateurs du magazine Spirou, de l'autre, une sélection de gribouilleurs de chez Fluide Glacial. L'affrontement est simple: un arbitre impose un thème, et comédiens (de la Ligue d'improvisation belge professionnelle) et dessinateurs s'engagent dans une lutte sans merci ! Deux matches ont lieu : le premier ce vendredi soir à 19h au Théâtre d'Angoulême. Le second demain samedi à 14h, même lieu. L'enjeu ? L'honneur bien sûr, et une vieille querelle bédéistique franco-belge à régler...

Besson à Angoulême

le 25 Janvier 2008 à 10:34:50

Après le cinéma, les romans jeunesse et l'animation, Luc Besson vient cet après-midi à Angoulême pour présenter son nouveau projet : la maison d'édition Septième Choc. C'est le dessinateur Dikeuss, lauréat du Prix Tournesol 2006 à Angoulême, qui est à l'origine de ce projet. But de ce nouveau-né, faire "des bandes dessinées de qualité, en associant l’urbain, le social, mais aussi le pur divertissement". On attend le premier album pour juger...

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