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5 BONNES RAISONS D'ALLER À BUDAPEST Reine du Danube

Delphine Sampic Berger - Le 30/11/2010

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5 BONNES RAISONS D'ALLER À BUDAPEST

La « Reine du Danube » a tourné le dos à son passé de plomb, rénovant ses magnifique façades Art Déco et érigeant des bâtiments au design ultramoderne... Et même si cet élan dissimule mal les cicatrices du passé, la ville a conquis sa liberté et a gagné cette légèreté qui la rend si attirante.

Spectaculaire et émouvante
On ne le sait pas, mais de tous les exilés hongrois, Tony Curtis (Bernard Schwartz de son vrai nom et Danny Wilde de la série « Amicalement vôtre ») était un des plus actifs. C'est à son initiative, grâce aux fonds collectés auprès de la communauté juive que Nagy Zsinagoga, la plus grande synagogue du monde après celle de New York, vient d'être restaurée. Construite au XIXe siècle dans un style mauresque inspiré de l'Alhambra à grand renfort de minarets et de coupoles (par l'architecte australien Ludwig Forster), elle avait, en effet, été endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale. Lieu de culte très fréquenté, elle se visite néanmoins tous les jours avec l'aide de guides polyglottes prompts à faire découvrir ce monument incontournable qui marque l'entrée du quartier juif. Attention tout est fait pour que vous pensiez que ces visites guidées sont obligatoires alors qu'il existe un guichet pour les visites simples, juste après le contrôle de sécurité. A l'arrière, un saule pleureur en métal s'élève, monument à la mémoire des 600 000 victimes du nazisme signé de l'artiste hongrois Imre Varga.

Expositions d'exception
C'est au Musée des Beaux Arts que se tiennent deux expositions dont un des intérêts est qu'elles peuvent se visiter l'une après l'autre. La première est une rétrospective consacrée à Fernando Botero qui regroupe, jusqu'au 2 janvier, une soixante de toiles et sculptures majeures des vingt dernières années ainsi que des pièces inédites. Autre époque, autre style, le musée accueille également une exposition consacrée à Gustav Klimt et à la Sécession Viennoise jusqu'au 9 janvier. Parmi les 200 œuvres accrochées, l'attention des visiteurs se focalise bien évidemment la Nuda Veritas (la vérité nue) jamais exposée en Hongrie, les autorités autrichiennes jugeant que le pays ne donnait pas suffisamment de garantie pour sa protection et La vie est une lutte (le Chevalier doré) venue directement du Japon. En janvier, le musée fermera ses portes et commencera des travaux d'élargissement en sous-sol pour accueillir quelques trésors de ses réserves qui abritent notamment l'un des plus vastes fonds de peinture espagnole.

Point de vue classé
Perché sur la colline de Buda sur laquelle on accède via un antique funiculaire, le bastion des pêcheurs (Halaszbastya) s'élève telle une forteresse de dentelle au dessus du Danube. Couronné de sept tours, il vient lui aussi de s'offrir un sérieux lifting et l'on peut y grimper pour s'offrir une vue classée au patrimoine mondiale de l'UNESCO : Pest et les bords du Danube. Il faut dire que ce monument est cher au peuple hongrois, car il commémore l'arrivée des sept tribus Magyars dans la plaine de Pannonie en 896 et la création de la ville. C'est sans conteste l'un des rendez vous les plus romantiques où il fait bon siroter un thé sur le chemin de ronde, à la tombée du jour, avec en fond sonore les notes des musiciens des rues toujours prompts à jouer du violon et du cymbalum.

Le renouveau des cafés littéraires
Si Buda est romantique, Pest est romanesque. Les cafés littéraires y renaissent. En tête, le New York ressuscité à grand renfort de devises étrangères. Au tournant du XXe siècle, c'était assurément le lieu le plus en vogue parmi les cinq cents cafés littéraires dont s'enorgueillissait la ville. Embouti par un char soviétique en 1956 et laissé dans un état de décrépitude totale pendant des décennies, ce monstre de pierre à recouvrer sa prestance et toutes ses dorures. Bon nombre d'hommes de plumes et d'artistes y ont ainsi repris leurs quartiers. L'autre grand rendez-vous de l'intelligentsia historique, le Café Central, a lui aussi été restauré à l'identique. Pour autant, sa salle avec ses hauts-plafonds à caisson dans laquelle Frigyes Karinthy a écrit 'Voyage autour de mon crâne', n'est pas devenue un musée. Il s'agit d'un espace chaleureux, fréquenté notamment par les étudiants et les journalistes de la revue 2000 qui s'y réunissent désormais tous le jeudis après-midi.

Hajós et le Bauhaus
Mais Budapest n'est pas seulement la ville de l'Art nouveau et des cafés littéraires. Entre 1930 et 1948, les grands immeubles résidentiels, les cinémas, les églises et même un aéroport ont été construits dans ce style. C'est plus précisément au centre-ville, aux environs de la rue Váci, que les artistes de ce mouvement à l'origine de l'architecture moderne ont déployé leurs talents. En témoignent l'église et la gare routière de la place Pasaréti. Mais, c'est à quelques centaines de mètres de cet ensemble que les maisons Bauhaus ont essaimé (aux environs de la rue Napraforgó). Le long du boulevard Marguerite, plusieurs immeubles furent aussi édifiés dans ce style. Et c'est à un des héros nationaux hongrois que l'on doit la construction de la maison (aujourd'hui transformée en hôtel) située à l'angle des rues Andrássy et Munkácsy. Son nom ? Alfred Hajós qui avant d'adhérer à ce mouvement architectural en construisant des stades, des piscines ou des écoles, s'est fait remarquer dans la sport. Il fut en effet le premier champion olympique hongrois en remportant le même jour, le 11 avril 1896, à Athènes, les 100 m et 1200 m nage libre. Une tête bien faite dans un corps sain puisqu'il était international de foot et champion national d'athlétisme.

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