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15/02/2011 12h00 Bon article ! Assez explicite notamment de l'esprit qui, il me semble, est la principale cause d'un certain éloignement du public de cette belle musique qu'est le Jazz et surtout lorsqu'il est instrumental et encore plus lorsqu'il est, comment dire ? « Pur », oui c'est ça le mot ! Je m'explique par un exemple en réaction à ce que dit Ivana : « … Aux médias d’arrêter de tirer vers le bas, en relayant exclusivement une musique aseptisée. ... » Parler de « musique aseptisée », c’est vrai mais de « médias qui tirent vers le bas », on sait tous pourquoi ils le font mais c'est considérer qu'une musique est mieux qu'une autre et ce n'est sûrement pas la solution pour aider à la rendre plus populaire. Il ne faut pas oublier que le Jazz vient de la souffrance d'hommes chantant dans des champs de coton et que la musique vulgairement dite « classique » souvent posé comme supérieure aux autres est aussi née de chants du tout aussi bas peuple. Et là, je parle de chant pas par hasard pour aussi donner l’exemple d’un manager producteur d’un artiste de Jazz que je ne nommerai pas ici et à qui j’avais téléphoné ; je me suis heurté à un mur anti-chant … et me suis posé la question : « Pourquoi tant de haine ? ». Et maintenant, rendons à César … et réconcilions, réunifions et là, tout le monde viendra !
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PARIS JAZZ CLUB Association d’improvisation massive
Propos recueillis par Mathieu Menossi pour Evene.fr - Février 2007 - Le 09/02/2007
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Depuis juin 2006, le jazz soigne son blues. Afin de pallier la baisse de fréquentation par un public accaparé par les festivals ou nourri d’a priori, afin de promouvoir et célébrer le jazz sous toutes ses formes, les clubs parisiens de la rue des Lombards swinguent à l’unisson, forts de leur association, le Paris Jazz Club.
Le club a toujours été la maison originelle du jazz. Il est né, a grandi et mûri dans son intimité. Mais en venant s’encanailler sur la Croisette de Nice, le parvis de la Défense ou la pelouse du Parc floral de Paris, le jazz a tendance à prendre ses grands airs et à mener le grand train. Au point de vivre au-dessus de ses moyens. Pour ne pas se voir couper définitivement les vivres, les bons vieux clubs se devaient de réagir. Autour de Jean-Michel Proust, Stéphane Portet et Maria Rodriguez (directeurs artistiques respectivement du Duc des Lombards, du Sunset-Sunside et du Baiser salé), la rue des Lombards monte au créneau pour sensibiliser le public et les institutions concernées afin que le jazz n’oublie pas d’où il vient et qui le nourrit. Anne-Laure Bucelle, coordinatrice de l’association, et Ivana, chargé de la communication presse du Baiser salé, ont accepté de répondre à nos questions.
De quel constat est née l’association Paris Jazz Club ? Quels en sont ses principes ?
Ivana : Il y a quelques années existait le Lombard sur jazz, qui a fonctionné un moment, avant de s’éteindre. Nous avons souhaité réactiver le projet. Avec notre association, nous visons la promotion du jazz à Paris à travers les clubs. Un club n’est pas une salle de concerts. L’atmosphère y est plus conviviale, le talent à portée de main. On peut discuter ou partager un verre avec les musiciens en toute simplicité. Nous avons la chance d’avoir dans une même rue quatre clubs quasi mitoyens. Une configuration unique qui nous permet de monter des projets tels que les soirées “1 entrée pour 4 clubs”, pendant lesquelles nous proposons un focus sur l’oeuvre d’un artiste (Ornett Colman, Ella Fitzgerald, Michel Petrucciani) ou sur un label.
Anne-Laure Bucelle : En effet, une fois par mois, pour le prix d’une entrée de 20 euros, les gens peuvent accéder à la fois au Sunside, au Sunset, au Duc des Lombards et au Baiser salé. Le fait de pouvoir venir ainsi écouter quatre groupes différents permet aux gens d’avoir un aperçu en une soirée de ce que peut être la musique jazz. Nous avons également mis en place une carte d’adhésion qui, pour 30 euros, donne accès à quatre concerts par mois, un par club, ainsi que des réductions sur toutes les autres affiches et des disques.
A quoi aspire le Paris Jazz Club ?
A-L.B. : L’association Paris Jazz Club a pour objectif de réunir l’ensemble des clubs de jazz parisiens. Pour le moment, la rue des Lombards constitue évidemment un excellent terrain d’expérimentation. Une telle proximité dégage une force de communication considérable. Les médias grand public semblent prêts à nous suivre, articles et annonces à l’appui.
La démarche du Paris Jazz Club est de développer le jazz à travers les clubs pour en faire un des attraits majeurs de cette ville. Nous n’avons jamais eu autant de musiciens de jazz. Soixante-trois écoles enseignent cette musique en Ile-de-France. L’association est autant un outil de communication qu’un outil de promotion et de défense des clubs au niveau des institutions. A travers elle, nous nous donnons les moyens d’attirer des partenaires tels que la Mairie de Paris ou le ministère de la Culture.
Comment choisissez-vous votre programmation ?
A-L.B. : On se concerte, le but étant de trouver des thématiques fédératrices. Au lieu de s’enterrer dans une logique de concurrence, nous profitons de notre proximité, de notre complémentarité pour mettre en valeur toutes les facettes de l’artiste ou du label... Les musiciens qui participent à ces soirées s’enrichissent par la même occasion des univers de chacun, se remettent en question. Tout le monde est gagnant.
I. : Nous évitons la facilité autant que possible en allant chercher des associations d’instruments ou de musiciens originales afin de créer des moments de créations inédits.
Comment expliquez-vous ce relatif désintérêt pour les programmations des clubs en regard du pouvoir d’attraction mondiale des festivals ?
I. : Le système actuel subventionne grassement les festivals qui peuvent ainsi aligner les plus grandes pointures américaines. Mais l’année durant, nos clubs font travailler des musiciens français ou européens qui ont largement autant de talents que leurs homologues US et sont pourtant délaissés. Des artistes tels que le pianiste Jean-Michel Pilc ont préféré traverser l’océan en quête de reconnaissance. Ce n’est pas à eux de pousser pour que cela change mais aux institutions d’intervenir. Car au final, privés de toute subvention, les clubs se retrouvent face à, d’un côté, des musiciens insuffisamment payés qui quittent la France, et de l’autre, un public qui trouve excessif le fait de payer entre 15 et 20 euros un concert de qualité. L’organisation d’un festival gratuit et d’excellente qualité tel que le Paris Jazz Festival est une très bonne chose. Pouvoir écouter Herbie Hancock allongé sur une pelouse au soleil, c’est plus que royal. Mais si la ville de Paris a les moyens d’organiser une telle manifestation, elle devrait aussi pouvoir nous aider. Car à l’affluence que connaît ce festival s’oppose la désaffection de nos clubs. Avec les cafés proposant des concerts gratuits, le public s’est habitué à payer pour une bière mais pas pour la musique, si ce n’est “au chapeau”. Au cinéma, pourtant, l’achat de pop-corn ne nous prive pas d’acheter notre place.
A-L.B. : Le Paris Jazz Club cherche aussi à se mettre en relation avec les festivals pour qu’ils nous fassent profiter de leur logistique. Il s’agit d’un travail de groupe. Le public n’est pas responsable. Tournons-nous davantage vers les gens, les structures qui apprécient le jazz afin qu’ils le défendent davantage, en y mettant les moyens. Le Paris Jazz Club en est un, les écoles de musique un autre.
Quelles sont les clés pour s’aventurer sans crainte sur les chemins de la musique improvisée ?
I. : C’est d’abord une question d’éducation. Si, à côté du McDo, vous habituez les enfants à manger un boeuf bourguignon, ils sauront l’apprécier. A l’école de jouer son rôle. Aux médias d’arrêter de tirer vers le bas, en relayant exclusivement une musique aseptisée. Aux pouvoirs publics de soutenir les clubs, qui eux s’occuperont de diffuser le jazz.
A-L.B. : Il faut sensibiliser les gens à la musique jazz qui est loin d’être inaccessible. Les soirées “1 place, 4 concerts” du Paris Jazz Club permettent aux curieux de s’ouvrir à cette musique, d’y confronter leurs oreilles, de rencontrer ceux qui la font et qui l’aiment.
Dans un entretien récent, le batteur Daniel Humair s’interrogeait sur l’évolution du jazz, avec la crainte “qu’actuellement le jazz ne soit rentré dans une phase de “revival” de ce qui pouvait se faire auparavant.” Croyez-vous qu’aujourd’hui les musiciens manquent parfois de courage pour affirmer leurs choix ?
A-L.B. : C’est vrai que l’histoire du jazz se découpe en périodes aux identités bien marquées. Comment pourrait se définir celle que nous traversons ? Ce qui est certain, c’est qu’elle est très créative. Daniel Humair parraine notre association. Et ensemble, nous nous efforçons de défendre une certaine idée du jazz, ces laboratoires d’improvisation que sont les clubs pour que les musiciens puissent vivre correctement de leur art et pour justement donner envie aux jeunes d’affirmer leurs choix.
I. : Le réflexe “revival” a toujours existé, comme une sorte d’assise sur laquelle les musiciens s’appuient pour s’orienter vers des formes musicales nouvelles. L’essence même du jazz se trouve dans sa capacité à se nourrir perpétuellement de ce qui l’entoure. Alors considérez qu’il existe des “puristes” du jazz auxquels on se référencerait éternellement me paraît en soi un non-sens. Si le jazz était pur, il serait mort depuis longtemps. Au-delà même du jazz et de la musique, notre période est de celle où les genres s’interpénètrent constamment. Profitons-en ! Amenez et on fera le tri après !
Comment allier une volonté bien légitime de développer la communication autour du jazz tout en évitant l’écueil d’une démarche démagogique ou trop commerciale ?
I. : De fait, nous n’en avons pas les moyens. Par contre, nous pouvons caresser l’espoir de redonner à Paris sa place de capitale européenne du jazz. Nous avons les talents. Donnez-nous les moyens. Le jazz peut être commercial sans se dénaturer. Et si on achète du jazz comme on achète du Britney Spears, tant mieux !
A-L.B. : Des artistes comme Aldo Romano, Pat Metheny ou Brad Meldhau sont des artistes internationaux dont les identités particulières ne sont absolument pas remises en cause. Le jazz puise sa force dans sa diversité. Cette musique ne peut être nivelée vers le bas : les musiciens, les genres, les labels sont trop nombreux et différents pour que le jazz finisse étouffé par une major.
Quelles sont vos prochaines soirées prévues ?
A-L.B. : Prochainement, le 13 février, le label Cristal Records viendra présenter quatre de ses groupes. Et 2007 étant l’Année de l’Arménie, nous prévoyons d’organiser le mardi 6 mars, en partenariat avec le ministère de la Culture, la Nuit du jazz arménien. Suivi, le 8, d’une soirée autour de la Journée de la femme. Fin avril est prévue une soirée “jazz italien”. Et à plus long terme, nous aimerions organiser notre premier festival, avec notamment l’appui de Bernard Lubat.
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