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12/02/2012 06h12 TOUT SIMPLEMENT FEERIQUE ++++++LE REVE DE MA VIE ALLER AU JAPON ?????MAIS HELAS JE REVE
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GRÈVE DANS LES MUSÉES L’envers du décor
La rédaction d’Evene.fr - Mars 2007 - Le 07/03/2007
Depuis le 9 février 2007 les agents de surveillance de plusieurs musées, Louvre, Orsay, Versailles, ont entrepris une grève. Rencontre avec deux déléguées syndicaux, Anne-Marie Andrzejczak de Sud Culture Solidaires et Nathalie Tchenquéla de CFDT Culture, afin de comprendre les raisons d’un tel mouvement.
Si la culture, par sa diffusion, son essence et sa fonction, semble ne pas intéresser les candidats à la présidentielle, il n’en reste pas moins que les problèmes et les conflits demeurent. Quand la dissymétrie, entre les exigences légitimes des agents de surveillance pour un fonctionnement efficace des musées et les moyens matériels proposés, apparaît de plus en plus éclatante, peut-on encore concevoir la coexistence d’une mission de service public basée sur la médiation culturelle et la démocratisation du savoir avec des objectifs d’autonomisation et de rentabilité ? Eléments de réponses avec deux syndicalistes et agents de surveillance.
Depuis combien de temps la grève a-t-elle commencé au Louvre ?
Nathalie Tchenquéla : Depuis le 9 février. On a lancé le préavis depuis la grève “service public” du 8 février et on a pensé qu’il était intéressant de créer une dynamique puisque la revalorisation de la prime en question est une partie de cette revendication sur la hausse des salaires dans la fonction publique.
La grève est-elle suivie ?
Anne-Marie Andrzejczak : Une grève, ça se construit doucement. Je précise que les agents de surveillance du musée du Louvre concernés par la revendication sont environ 480 dans les salles et une dizaine dans les vestiaires. Les agents ont apporté à Sud Culture la pétition que nous avons transmise aux autres syndicats pour que l’on puisse mener quelque chose en front unitaire. On a popularisé la revendication aux autres musées, Versailles, Picasso, Guimet et Orsay. Versailles et Orsay ont suivi la grève. Pour les autres musées, on est au stade de l’information, pas encore de la mobilisation et c’est tout l’enjeu de notre boulot. En nombre d’agents sur le Louvre, il faut savoir que des équipes tournent. Tout le monde ne travaille pas en même temps. Tous les jours, il faut environ de 150 à 160 personnes, jusqu’à 210. Sur l’ensemble des agents concernés, il y a eu 183 personnes qui se sont mobilisées pour au moins une journée de “grève relais”.
Combien de syndicats soutiennent le mouvement ?
AA : Trois sur quatre au Louvre, Sud Culture solidaires, CFDT Culture et FO.
Que réclament très précisément les grévistes ?
AA : Ils demandent que leur indemnité passe de 100 euros à 150 euros. Cette indemnité est ce que l’on appelle l’IAT ou “indemnité d’administration et de technicité”. A coté du salaire de la fonction publique, il y a des indemnités qui reconnaissent une technicité spécifique à tel ou tel métier, pour les catégories B et C. Cette technicité correspond à tout ce que l’on développe comme savoir, savoir-faire, qualifications pour effectuer une mission bien précise. Ici, il s’agit de compétences liées à la maîtrise de plusieurs langues, à la gestion d’un public de plus en plus nombreux, à des formations et une connaissance des normes de sécurité.
NT : Cette IAT comprend à la fois ces compétences et leur évolution dans le temps, puisque les conditions de travail et la fonction même de l’agent de surveillance se sont énormément transformées. Même le ministère qui ne veut pas l’augmenter a dit que cette prime était légitime et raisonnable.
Mais au-delà de cette revendication spécifique, la grève n’est-elle pas la conséquence d’un malaise général des agents de musées ?
NT : Certainement ! A travers cette demande de revalorisation de cette prime, les agents ont voulu que l’on reconnaisse les missions qu’ils effectuent. Depuis 15 ans, on nous parle de la professionnalisation de l’agent de surveillance sans nous donner les moyens de la réaliser. Et tous les 3 ans, la direction négocie un nouveau contrat de performances avec des objectifs précis. Mais c’est un jeu de dupe, parce que le ministère de la Culture ne leur donne jamais le nombre d’emplois nécessaire au développement d’une politique culturelle dont ils ont le rêve. Il y a beaucoup de conservateurs qui rêvent de donner la culture aux gens, de la démocratiser avec pédagogie et esthétique mais pour faire ça, il faut de nombreuses personnes et beaucoup de moyens financiers.
AA : Les moyens donnés ne sont pas à la hauteur des exigences et des projets culturels rêvés. Il ne s’agit pas de s’opposer spontanément aux responsables des établissements publics culturels mais de considérer la réalité des conditions de développement. Quand ils font rentrer l’art contemporain au sein du Louvre, qu’ils organisent des séances de slam ou de danses modernes dans les salles du musée, ce sont de très bonnes initiatives. Mais, par manque de moyens, ils créent des conditions de travail de plus en plus pesantes. En tirant sur les effectifs, par exemple.
Ce sont finalement les agents qui trinquent ?
NT : Evidemment ! La nouvelle façon de gérer les personnels consiste à mettre les agents en concurrence sur le même poste de travail. Ca a tendance à mettre une pression supplémentaire et une tension entre différentes catégories de personnes. Je travaille en salle, j’ai l’impact du public, c’est-à-dire plus de 8 millions de visiteurs par an, je donne mon savoir et mes compétences que j’essaye de développer, et, en retour, j’ai plus de stress et de pénibilité.
AA : Mais en plus, il y a l’apparition de la notion de mérite. La personne est récompensée sur sa manière de servir parce qu’elle est au service du public. Or, avec la réforme de l’Etat, l’IAT est devenue une prime modulable, notée par les chefs de service, selon la manière de servir de l’agent. Avant en catégorie C, il n’y avait pas de primes modulables (pour ne pas moduler les bas salaires). Comme syndicaliste je lis la presse du patronat. Dans une revue, j’ai trouvé un article où un grand patron donnait des conseils de management. En 1987, il disait : “On ne module pas les bas salaires (jusqu’à deux fois le SMIC), ce n’est que porteur de conflits sociaux entre les agents.” Pourtant, la fonction publique, depuis 2002, a instauré la modulation des bas salaires dans ses services. Avant, elle ne concernait que les cadres (catégories A et B), aujourd’hui, elle s’exerce sur les salaires de “subsistances”.
Mais en ce qui concerne la pénibilité du travail, les agents ont plutôt une image d’indolence auprès du public ?
AA : C’est un a priori injuste, la pénibilité est effective et considérable. Par exemple, l’interdiction de photographier au 1er étage de Denon et précisément à la Joconde et dans la galerie d’Apollon est très préjudiciable aux agents par la manière dont elle est appliquée. Les représentants du personnel étaient plus ou moins d’accord pour l’interdiction, à condition d’apporter des moyens à la hauteur. Or, ce n’est pas le cas. Pourquoi ils veulent interdire les photos à cet endroit ? Parce qu’il y a la Joconde, c'est-à-dire un flux conséquent, des pickpockets, une sécurité renforcée... Malheureusement, il n’y a pas assez d’informations, la gestion de flux est souvent mauvaise en amont, les visiteurs ne comprennent pas cette interdiction et les actes d’incivilité se multiplient. En définitive, les surveillants jouent les fusibles. C’est une vraie pénibilité.
NT : L’agent ne se reconnaît plus. D’un coté, on lui demande de faire de l’accueil, de la médiation culturelle, ce qui est une mission gratifiante pour lui et bénéfique pour les visiteurs. De l’autre, il se retrouve dans un secteur très difficile où il passe sa journée à faire le flic. Le gardien de musée assis sur son siège est un préjugé anachronique et faux et, surtout, ce n’est pas ce que souhaitent les agents eux-mêmes. Ils veulent donner satisfaction aux visiteurs tout en ayant l’impression de remplir une mission de service public pédagogique et culturelle.
Il ne faut donc pas interdire les photos ?
AA : D’un point de vue éthique, les syndicalistes sont défavorables à une interdiction de photographier. Les flashes n’ont pas d’impacts sur les peintures et les sculptures, seulement sur les tapisseries. L’interdiction est liée à la gestion de flux. Interdire ce média populaire est difficilement supportable pour les visiteurs. La photo est un vrai plaisir pour les gens et c’est aussi une forme démocratique de diffusion de la chose culturelle. A contrario, on peut régler efficacement le problème de la gestion de flux par une augmentation des effectifs d’agents, une meilleure information et une politique culturelle concrète, un peu plus ciblée sur l’instruction ou la transmission du savoir aux dépens d’un objectif déconcertant d’amélioration de la rentabilité.
C’est bien beau, mais quand vous faites grève, vous n’êtes pas très complices avec le visiteur ?
NT : Premièrement ce n’est pas un jeu de faire la grève, les agents de surveillance perdent de l’argent quand ils agissent de la sorte. En attendant le 14 mars, qui est la date de la prochaine négociation, on ne veut pas entraîner les gens dans une grève trop onéreuse, ni laisser la situation se détériorer progressivement, ni la radicaliser complètement. On se sert de ce temps pour informer, organiser une stratégie appropriée et populariser la grève pour l’ensemble des musées et des catégories. Deuxièmement, on a choisi un blocage des caisses avec gratuité pour les visiteurs pour ne pas les pénaliser. On s’est aussi rendu compte que ce type d’actions était populaire, ludique (dialogues courtois avec les gens) et avait des répercussions médiatiques considérables. C’est une espèce d’alternative fraternelle au “service minimum” puisque l’action revendicatrice concrète existe sans désagrément pour les visiteurs. La direction perd de l’argent mais elle s’en fout. Par contre, elle perd en image, surtout à l’étranger. L’impact international est réel.
Pour terminer, quelle place pour la culture dans cette société de consommation ?
NT : Le rôle de la culture, c’est l’émancipation de l’individu. Tout en considérant que l’émancipation de l’individu n’empêche pas la revendication collective…
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