-
12/02/2012 06h12 TOUT SIMPLEMENT FEERIQUE ++++++LE REVE DE MA VIE ALLER AU JAPON ?????MAIS HELAS JE REVE
Voir tous les avis
SINGAPOUR Les possibilités d'une île
Adriana Dimitrova pour Evene.fr - Décembre 2008 - Le 08/12/2008
De l'avis de ses citoyens et nombre de visiteurs, Singapour est un paradis. Il est vrai que rien ne résiste à la cité-Etat qui a accompli en quarante ans autant que bien d'autres pays en deux siècles. Sûreté, croissance, éducation, environnement verdoyant et architecture high-tech, "Little Red Dot" ambitionne désormais de devenir le centre culturel de l'Asie du Sud-Est. Singapour met pour cela toutes les chances de son côté, l'occasion d'interroger cette ville, "modèle" de réussite.
"Nous avons atteint un développement tout à fait hors du commun en seulement trente ans mais nous y avons aussi laissé une partie de notre identité", reconnaît l'acteur Richard Low, rôle principal de 'Singapore Dreaming', le film le plus populaire dans l'île ces deux dernières années. La première chose qui interpelle le visiteur à Singapour, c'est d'abord cette modernité fluide. Tout est réglé comme du papier à musique : le douanier avenant, les bagages qui vous attendent et le chauffeur de taxi - bilingue anglais et très volubile - qui vous dépose à votre point de chute trente minutes après l'atterrissage de votre avion, tout cela est possible dans la cité-Etat. Comme si de rien n'était : les taxes d'autoroutes sont prélevées à distance, les feux réglés par ordinateur afin de minimiser les risques d'embouteillages. Un rêve d'Occidental pressé. C'est que depuis quatre décennies, la petite ville-Etat s'applique à imiter les Occidentaux, mais surtout à les surpasser. Quitte à sacrifier ses spécificités.
Le sacrifice à la modernité
Musée national de Singapour, (c) Adriana Dimitrova A partir de l'indépendance de Singapour en 1965, la population - fortement encouragée par un gouvernement autoritaire - s'est appliquée à gommer ses traditions, soupçonnées d'être rétrogrades et contre-productives. En lieu et place des traditionnelles shop houses, ce sont désormais les gratte-ciel du Central Business District et les barres HDB - Housing Development Board - qui attirent le regard. Il reste peu de chose des quartiers historiques tels que Chinatown ou Little India, jugés trop insalubres pour un pays de classe mondiale. Afin de conserver l'attraction des touristes, ces quartiers ont été rénovés voire même en partie rasés pour être reconstruits à neuf. Les Singapouriens plaisantent sur le fait que leur ville n'est pas propre, mais "stérile". Dans les années 1970, le président historique de Singapour, Lee Kuan Yew - encore aujourd'hui le mentor politique et le père de tous les Singapouriens - décide de donner à tous ses habitants un logement salubre et bon marché. Après les émeutes raciales de 1964, Lee Kuan Yew, qui accède à la présidence du pays devenu indépendant un an plus tard, décide que la croissance ne peut s'encombrer de xénophobie. Ainsi, un système de quotas est instauré dans les HDB : chaque immeuble doit être habité par des Chinois, des Malais et des Indiens. Et cela fonctionne, car si les Singapouriens paraissent communautaristes - ils se sentent par exemple de culture chinoise avant d'être singapouriens - ils sont très tolérants avec les différences de leurs voisins. De fait, la première forme d'art qui se développe dans le pays est l'art partisan. Le gouvernement encourage les habitants à cultiver une fierté nationale exceptionnelle avec des célébrations populaires, comme le National Day le 9 août ou le Nouvel An Chinois au mois de février. Cet été, Singapour a fêté son 43e anniversaire en grande pompe avec une chanson nationale et un film conçus pour l'occasion. L'art a donc une valeur utilitaire servant avant tout à promouvoir les valeurs dictées par le gouvernement : fierté nationale, sécurité, famille.
Emergence du produit culturel
Eric Khoo, (c) Sébastien Dolidon Considéré comme trop restreint pour rentabiliser des projets nationaux, le marché singapourien - moins de trois millions d'habitants jusqu'en 1990 - voit donc la majorité de ses produits culturels importés de l'étranger durant de très longues années. C'est le cas notamment de la musique avec une prédominance de variétés américaines et chinoises. Si l'intérêt des Singapouriens pour la musique est sincère - les conservatoires ne désemplissent pas - les artistes locaux peinent encore aujourd'hui à se faire une place sur les ondes et les scènes. Le même phénomène se produit dans le cinéma, les films américains répondant à la demande d'une société matérialiste dont les loisirs se résument au divertissement. Une lente évolution se dessine dans les années 1990 lorsque l'acteur-réalisateur Jack Neo applique la recette du blockbuster américain pour populariser un cinéma local. Ses films ont beau emprunter au jeu vidéo et au vaudeville, ils ont le mérite d'aborder des thèmes spécifiques à la cité tels que le matérialisme dans 'Money no Enough' (1998) ou l'élitisme de son système éducatif dans 'I Not Stupid' (2002). Rares sont les films, comme 'Singapore Dreaming' (2006) de Woo Yen Yen et Colin Goh, qui évoquent les limites d'une société obnubilée par la réussite et parviennent à concilier succès populaire et exigence cinématographique.
La société singapourienne, pourtant à l'origine du succès économique du pays, s'avère un réel frein au développement de la culture locale. Au pays de l'optimisation, l'art est encore considéré comme un luxe inutile, boudé au profit d'activités de consommation et autres parcs de loisirs. Un peuple très éduqué refusant de sacrifier une partie de son revenu pour avoir accès à la culture n'est pas le moindre des paradoxes de la société singapourienne. Les artistes locaux se font encore rares, le système d'éducation visant à former des cadres supérieurs plutôt que des intellectuels et artistes à l'avenir incertain. La plupart des stars locales émergent de la télévision, le média le plus puissant, détenu par Mediacorp, une entreprise d'Etat. Ces "Mediacorp artists" sont placardés sur d'immenses panneaux publicitaires, vantant divers produits de consommation à travers la ville. Car ici, on devient avant tout artiste pour la célébrité et la réussite. Ainsi le cinéaste Eric Khoo qui réalise en 1995 le premier film indépendant singapourien 'Mee Pok Man', une histoire d'amour entre un vendeur de nouilles et une prostituée, est-il plus connu en Europe que dans son propre pays. Pourtant, en 1997, le même Khoo inscrit Singapour sur la carte du cinéma mondial avec '12 Storeys' projeté dans la sélection Un Certain Regard à Cannes, décrivant la vie quotidienne dans les HDB. En 2005, le pudique hymne à l'amour 'Be With Me' ouvre la Quinzaine des réalisateurs tandis que le très réussi 'My Magic' est projeté en sélection officielle en 2008.
vos commentaires
Pour aller plus loin
Articles & dossiers associés
-
5 BONNES RAISONS D'ALLER À SINGAPOUR
TourismeOn la surnomme la petite Suisse d'Asie du Sud-Est. Un véritable condensé des cultures asiatiques, mais aussi une étape incontournable du marché de l'art et du tourisme culturel. Elle est...
Plus sur 5 BONNES RAISONS D'ALLER À SINGAPOUR
-
40E ANNIVERSAIRE
La Quinzaine reste jeuneCette année, la Quinzaine des réalisateurs fête ses quarante ans. Et pourtant, pas une ride. Normal pour cette sélection qui se nourrit exclusivement de nouveaux talents, de toutes...
Plus sur 40E ANNIVERSAIRE
-
INTERVIEW D'ERIC KHOO
Khoo de chapeauGrand moment de magie sur les écrans le 5 novembre : dans 'My Magic', Eric Khoo met en scène un père et son fils dans une relation trouble et féerique. En sélection officielle à Cannes en...
Plus sur INTERVIEW D'ERIC KHOO
Les films associés
Comédie dramatique
Singapore Dreaming
de Colin Goh, Yen Yen Woo
Aigri par ses rêves déchus, Loh Poh Huat reporte ses frustrations sur sa famille. Quand il gagne à la loterie, chacun s'attend à ce que l'argent libère les tensions. Seulement, Loh meurt...
- Plus sur Singapore Dreaming
Film dramatique
Be With Me
de Eric Khoo
Un mariage d'histoires construites autour des thèmes de l'amour, de l'espoir et du destin. Les personnages de 'Be With Me' mènent des vies séparées, mais sont liés par un même désir : vivre...
- Plus sur Be With Me
Film dramatique
My Magic
de Eric Khoo
Depuis que sa femme l'a quitté, Francis est au bout du rouleau. Il travaille comme serveur dans une boîte de nuit, et noie son chagrin dans l'alcool. Son fils de 10 ans se débrouille seul,...
- Plus sur My Magic
Les événements associés
Patrimoine & Architecture
Baba Bling
A Singapour, le terme "Baba" désigne un "homme chinois" et, par extension, les descendants des communautés chinoises qui se sont intégrées dès le XIVe siècle dans le sud-est asiatique....
Plus sur Baba Bling Réservez vos places sur fnac.comLes stars & célébrités associées
-
Eric Khoo
Réalisateur singapourienNé à Singapour Né le 27 Mars 1965Cinéaste stylé, Eric Khoo commence sa carrière avec les clips et les spots publicitaires. Adolescent, ses influences cinématographiques sont forgées par Scorsese, Spielberg, Tsukamoto et...
- Plus sur Eric Khoo
fil culture
-
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez17/02 Encore un record pour Intouchables -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez17/02 Gaël Garcia Bernal en Zorro du... -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez17/02 Festival du premier roman à Laval -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez17/02 Moscou au Salon du livre
les Avis des membres
VOUS AIMEZ
-
01.Théâtre de Belleville
Passage Piver, 94 rue du faubourg du temple -
02.Scène nationale de Sénart
La Coupole : rue Jean-François Millet BP 107, 77 385 Combs-La-Ville / La Rotonde : Place du 14 juillet, 77 550 Moissy-Cramayel -
03.Théâtre à l'Italienne de Cherbourg
Place du Général de Gaulle -
04.Galerie Dakota
170 rue du faubourg Saint-Denis
-
01.Scène nationale de Sénart
La Coupole : rue Jean-François Millet BP 107, 77 385 Combs-La-Ville / La Rotonde : Place du 14 juillet, 77 550 Moissy-Cramayel -
02.Théâtre de Belleville
Passage Piver, 94 rue du faubourg du temple
citation du jour
« Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. »
de Molière
En savoir plus sur cette citationVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez-
Membres (6)
privilèges
agenda
DERNIERS JOURS
Expos & manifestations
La France en relief, chefs d'oeuvre de la collection des plans-reliefs de Louis XIV à Napoléon III
Dates : du 18/01/2012 au 17/02/2012





01.Théâtre de Belleville
Passage Piver, 94 rue du faubourg du temple02.Scène nationale de Sénart
La Coupole : rue Jean-François Millet BP 107, 77 385 Combs-La-Ville / La Rotonde : Place du 14 juillet, 77 550 Moissy-Cramayel03.Théâtre à l'Italienne de Cherbourg
Place du Général de Gaulle04.Galerie Dakota
170 rue du faubourg Saint-Denis