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05/02/2012 04h50 très déçue par cette salle les DIX premiers rangs ont une visibilité tronquée ce qui est génant pour un ballet classique où on ne voit pas...
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L'ILE DE SOCOTRA Voyage dans le temps
Emilie Trochu pour Evene.fr - Juin 2010 - Le 25/05/2010
Bien au large d'un pays peu connu des Européens, Socotra, île yéménite, est un véritable joyau naturel, classé au patrimoine mondial de l'Unesco et auréolé d'une eau turquoise. Terre de marchands et de voyageurs au long cours pendant des siècles, aujourd'hui terre sauvage mais accueillante, l'île dévoile ses paysages hallucinants à qui saura les respecter.
Une chaleur humide, des montagnes à l'horizon, une terre ocre et une lumière de miel. Un bâtiment sommaire et isolé, quelques chèvres broutent un sol rocailleux à la sortie. Bienvenue à Socotra, un petit bout du monde. Ile yéménite proche de la côte somalienne, avant-poste très convoité de l'océan Indien, Socotra est une terre sauvage et mystérieuse, comme il n'en existe plus beaucoup sur terre. Abrupte et aride, secouée par les vents la moitié de l'année et isolée du reste du pays, elle ne semble pas être une destination idyllique. C'est pourtant bien ces caractéristiques qui en font un paradis. Car en ces temps où l'espace et la nature perdent du terrain, les lieux inaccessibles, et donc préservés, deviennent très recherchés. Cette protection historique en fait également la seconde réserve naturelle d'espèces rares, derrière l'archipel des Galapagos. Statut qui lui vaut un classement au patrimoine mondial de l'Unesco. Bien que les lieux soient encore très peu visités, les habitants de l'île commencent pourtant à s'ouvrir au monde, tout en ayant bien conscience de la nécessité de préserver leur environnement. Une situation qui met en exergue les contradictions liées au tourisme, d'autant que les voyageurs ne sont pas les seuls à convoiter ce morceau de terre presque vierge.
Un morceau des temps anciens
Les dromadaires se regroupent pour la nuit, (c) Emilie TrochuDétachée il y a 250 millions d'années du continent et très peu habitée depuis, Socotra a conservé presque intact l'environnement naturel de cette époque. C'est la raison pour laquelle l'île possède de nombreuses espèces d'oiseaux et de plantes endémiques, dont le dragonnier. Cet arbre improbable, véritable parasol naturel, surtout présent sur le plateau de Diksam, au centre de l'île, offre sa résine rouge pour soigner comme pour peindre. Arbres à encens, adeniums, palmiers et bien d'autres essences encore couvrent cette terre pourtant loin d'être luxuriante. Les oiseaux se cachent eux dans les replis veloutés des hautes falaises, que l'on peut longer à l'ouest. Mais partout, ce ne sont que paysages grandioses et désertiques, oasis cachées dans les profondeurs de roches éternelles, abritant bassins naturels dont l'eau émeraude accueille volontiers les randonneurs échauffés. Puis, au détour d'une route filant sur les plateaux, la mer d'Oman se livre d'un seul coup, d'un turquoise si vif qu'elle semble être fluorescente. Et la roche à cet endroit, semble encore porter la marque de ce déchirement survenu des millénaires auparavant. Elle descend en falaises vertigineuses et forme presque un angle droit avec le sol, à plusieurs kilomètres encore du rivage.
Kaléidoscope surnaturel
Les falaises longeant la plage de Arthur, (c) Emilie TrochuChacune des côtes de Socotra offre ainsi un visage différent, toujours à la limite du surnaturel. Au sud, sur la route qui longe le rivage, on ne sait où se tourner. Vers la terre, la montagne s'ouvre en plusieurs endroits, formant des grottes gigantesques. Antres mystérieuses et abris naturels qui (on découvre seulement aujourd'hui l'étendue de cette vérité) accueillent depuis l'Antiquité marchands et voyageurs de tous pays. Encore aujourd'hui, les bergers socotris, semi-nomades, se réfugient dans ces grottes le temps de la mauvaise saison. Du côté de la mer s'élèvent soudainement des dunes de sable, d'une blancheur aveuglante. Leur ascension laisse l'impression d'être parachuté dans le désert. Illusion : quelques mètres encore et la mer réapparaît. Contraste de tons comme d'impressions. D'un climat idéal entre novembre et mars, le reste de l'année, Socotra disparaît derrière des vents d'une incroyable violence, la rendant tout à fait impraticable. Les dunes de Hayf en sont la preuve et sur la plage Arthur, le vent a déplacé la plage, qui semble vouloir escalader la falaise noire. Là encore, devant ce spectacle, une étrange sensation d'étrangeté qui laisse pantois, le signe frappant qu'ici, seules les lois de la nature règnent.
Une terre qui se mérite
Sable fin et eau turquoise, (c) Emilie TrochuCar au-delà de ces somptueux paysages, il règne à Socotra une ambiance presque mystique. Le peu de présence humaine au cours du temps rend palpable cette puissance naturelle. Au rythme tranquille des vautours égyptiens qui tournoient dans l'azur, un sentiment d'éternité plane. A bord d'un 4x4 (seul véhicule envisageable sur les pistes de montagnes) la traversée de l'île fait défiler un décor changeant, mais presque vide. De temps à autre, un village de pierres ocres se détache du sol. Quelques maisons, dont une possède un modeste étal, parfois rassemblées autour d'une mosquée, et basta. Seule Hadibu, la "capitale", possède des magasins, répartis autour d'une seule rue et où l'on trouve les produits de base, arrivés du continent, ainsi que deux hôtels. C'est une autre particularité de l'île : les conditions de vie y sont tellement rudes qu'elle ne devrait même pas être habitée. Pourtant, les quelques dizaines de milliers de Socotris se débrouillent, entre élevage de chèvres pour les uns, pêche pour les autres et une culture de palmier balbutiante pour certains. Pas à n'importe quel prix cependant : très conscients et attachés à leur patrimoine naturel, les habitants surveillent son exploitation. Bien qu'extrêmement poissonneuse (et "langousteuse" !), la pêche est très contrôlée. Arracher un arbre implique une longue réflexion collégiale et ne s'envisage que dans des cas extrêmes. Les Socotris sont un magnifique exemple d'une population qui vit en harmonie avec son environnement depuis toujours. D'ailleurs, la seule nuisance visible sur place (le sac plastique dans les rues d'Hadibu), vient de l'étranger.
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