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Qui aura le dernier mot ?Censure ou LITTERATURE
A history of violence
Depuis le XIXe siècle, force est de constater que la censure a - généralement et surtout en Occident - perdu de son efficacité. Un phénomène se profile en effet dès la fin du XVIIIe siècle : la censure provoque un effet contraire à celui escompté. La curiosité du public et sa plus grande sensibilité aux appels révolutionnaires ont pour conséquence un succès renforcé des éditions clandestines. Les choses n’ont pas changé. Censurer une oeuvre et / ou un auteur demeure une publicité formidable et un booster de ventes conséquent : ce n’est pas l’actualité qui dira le contraire. Orhan Pamuk : libre de se taire
Orhan Pamuk ne se démonte pourtant pas. Soutenu par le monde des lettres, il plaide pour la liberté d’opinion et le respect des droits de l’homme en Turquie. Son procès, prévu le 16 décembre 2005, est donc reporté au 7 février. Ce délai devait permettre de déterminer si l’article 301 du nouveau code pénal, réprimant les atteintes et les insultes envers la République turque, pouvait s’appliquer de manière rétroactive au cas de Pamuk. Il n’en sera rien : l’auteur est acquitté. On ne le condamnera pas pour avoir évoqué le génocide arménien en raison d’un non-lieu. Mais pour beaucoup, cette décision apparaît comme une stratégie visant à éviter tout conflit avec l’Union européenne, alors que se pose la question de l’étude du système judiciaire turc en vue de son entrée dans l’Union. L’affaire Rushdie
26 septembre 1988. ‘Les Versets sataniques’, le roman de Salman Rushdie, est publié à Londres. L’auteur suggère que le message divin dicté à Mohamed est corrompu par Satan qui, se substituant à Dieu, aurait soufflé au Prophète des paroles démoniaques. 14 février 1989. Sur les ondes de Radio Téhéran, l'ayatollah Khomeini proclame une fatwa à son encontre : "J'informe le fier peuple musulman du monde entier que l'auteur du livre ‘Les Versets sataniques’, qui est contraire à l'Islam, au Prophète et au Coran, ainsi que tout ceux impliqués dans sa publication et qui connaissaient son contenu sont condamnés à mort. (...) J'appelle tout musulman zélé à les exécuter rapidement, où qu'ils soient. (...) Toute personne tuée dans cette voie sera considérée comme un martyr." La fondation iranienne politico-religieuse Khorad 15 offre peu de temps après le lancement de l’affaire Rushdie une récompense d’un million de dollars à quiconque le tuerait. Interdit dans plusieurs pays arabo-musulmans, l’auteur n’a d’autre choix que d’entrer en semi-clandestinité sous la protection des services secrets britanniques. En Angleterre, en Inde, ou encore au Pakistan, des émeutes et des manifestations ont lieu : plusieurs personnes sont tuées ou blessées. Le livre est retiré de la vente. Des librairies aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne sont victimes d’attentats à la bombe. A Londres, un "Comité international de défense de Salman Rushdie" est alors lancé. Pour René Girard, philosophe et professeur de littérature comparée à l’université de Stanford aux Etats-Unis, le romancier comme les caricaturistes danois de Mahomet "ont osé s’en prendre au tabou par excellence, celui du sacré que l’homme, dans toutes les sociétés, anciennes ou modernes, a toujours utilisé pour justifier, légitimer, réguler sa propre violence." Une raison pour réclamer la mort de l’auteur ? Malgré toute l’horreur impliquée, sans cette fatwa et l’énorme brouhaha médiatique dont Salman Rushdie a été l’objet, il serait peut-être resté inconnu en Occident. Son sens de la dérision s’est retourné contre lui : cela n’a cependant pas empêché le défenseur de la liberté d’expression de récidiver en 2005 avec ‘Shalimar le clown’ dans le rapport au religieux, et d’être considéré comme un auteur de génie dans le monde entier. A chacun sa censure
Et ni les tabous ni la censure ne subissent d’évolution linéaire. Un pas en avant, deux en arrière : leur progression pourrait facilement se résumer de la sorte. Pour Ahmed Charaï, directeur de recherche au CNRS, "la censure est le plus grand anachronisme qui soit." Catherine Millet et Virginie Despentes font les frais de leur attrait pour la littérature dite "érotique" à une époque où le sexe est devenu un argument marketing incontournable. On crie au scandale à la publication de ‘Acide sulfurique’, le dernier Amélie Nothomb, qui ose transposer une émission de téléréalité dans un camp de concentration, alors que les critiques n’ont jamais cessé de pleuvoir au sujet de la nouvelle télé. Aux Etats-Unis, les créationnistes veulent faire interdire l’enseignement de la théorie de l’évolution de Darwin. Aujourd’hui, plus de la moitié des Etats représentés à l’ONU pratiquent la censure, et notamment la censure littéraire. Le pouvoir de l’idéologie a plus que jamais un impact dans la littérature. Chaque jour, de nouveaux exemples nous démontrent l’impossibilité d’une liberté d’expression qui ne se verrait pas entravée. La censure fait partie de l’homme : interdire - s’interdire ? - la divergence devient une évidence. Mais la divergence profite au marché et à la culture. C’est même elle qui leur permet de survivre et d’évoluer. Faustine Amoré pour Evene.fr - Février 2006
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Avis de adillitera 
Oui, ça c'est bon, être courageux et écrire pour défendre une cause est une chose qu'on respecte tous. Mais en tant que musulman ouvert sur le monde je pense que ce qu'a dit Salman Rushdie dans 'Les Versets sataniques' a profondément blessé les musulmans. Mais je ne suis encore pas d'accord avec Khoumaini qui veut le tuer, je suis convaincu qu'avec le dialogue tout pourra être résolu et qu'on pourra mettre les points sur les i.
Merci.
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