Faire découvrir cet article à un ami
La boutique du poèteINTERVIEW DE HUBERT HADDAD
Une vie de lecture, d'écriture et de voyages. D'amitiés littéraires aussi. J'interroge l'espace des signes depuis l'adolescence. Mes premiers ateliers, c'était les revues littéraires. J'en ai fondé quatre au moins, dès ma vingtième année. 'Le Point d'être' a ouvert des perspectives neuves par l'émulation, vrai bain d'inspiration, entre quelques jeunes gens et leurs aînés vivants ou morts. Je viens d'un milieu acculturé, indigent, dans l'exil et l'absence, avec en héritage la tentation du suicide. La poésie a vite pris toute la place, violente, exclusive, multiple dans ses investigations tant verbales que plastiques. L'art dangereux s'est emparé de l'espace et du temps, avec des morts, des accidents. C'est le fonds d'une passion pour les territoires inconnus, les croisements singuliers, l'infinie richesse sans cesse dérobée. Dans les ateliers d'écriture, avec tous les publics imaginables, j'ai voulu partager calmement l'aventure, pour la sauvegarde et l'invention mutuelle. Mon travail d'écrivain allié à cette pratique aura abouti à cet objet littéraire non formaté. Pouvez-vous nous expliquer le choix du titre ? En quoi s'agit-il d'un"magasin" qui serait "nouveau"?
Y a-t-il eu un principe de composition qui en a guidé l'écriture ? Mettre le lecteur concerné en situation d'apprentissage ludique par le déconditionnement, l'appel aux richesses souvent brimées, censurées, de l'imaginaire, lui donner le goût d'une invention spontanée en même temps que celui de la lecture des textes majeurs des littératures française comme étrangères, pour une part méconnues, et cela à travers une stratégie de l'accueil et de l'émulation, essentielle à tout dépassement. Pourquoi avoir quelque peu laissé de côté une littérature moins imaginative et plus proche du reportage social ou biographique?
Avez-vous vous-même appris quelque chose sur votre pratique d'écrivain au terme de l'ouvrage? Tout travail littéraire est un "work in progress", une remise en question, un effort vers l'impossible. Dans ce bouquin, j'ai tenté de déployer de manière analytique les divers processus de création qui me sont propres (mais que je vis dans le travail solitaire de façon plutôt obscure, disons syncrétique) et cela afin d'offrir aux lecteurs non des procédés mais des tactiques oniriques, des méthodes mi-techniques mi-magiques. Sans jamais s'abstraire de la littérature vivante qui nous vivifie. L'expression "pirate d'une littérature imaginative et joyeuse" vous correspond, vous plaît-elle ?
Vous étiez présents au Salon du Livre de Paris aux côtés de Régine, Yannick Noah, Hervé Villard, mais également des écrivains francophones comme Ken Bugul ou Gary Victor. Quel regard l'auteur que vous êtes porte-t-il sur cet événement à la fois culturel et commercial ? Si je suis présent au Salon du Livre, c'est surtout, je l'espère, aux côtés des poètes, des nouvellistes, des authentiques écrivains qui oeuvrent dans la discrétion et qui ne rencontreront dans ces halls de foire que l'amateur authentique, le passant chimérique, l'ami égaré. Propos recueillis par Guillaume Orignac et Mélanie Carpentier pour Evene.fr - Mars 2006
|
Réagissez à l'article "La boutique du poète"
Tous les avis sur les articles et interviews
A l'occasion de la sortie en France du 'Coffre des secrets', l'auteur de 'La Petite Montagne' et de 'Comme si elle dormait' nous parle de ce roman qu'il considère comme le point culminant de son oeuvre.
Lire "INTERVIEW D'ELIAS KHOURY"
De la Tunisie aux quartiers populaires de Ménilmontant, Hubert Haddad retrace son parcours de fils d'immigrés dans un récit autobiographique intitulé 'Le Camp du bandit mauresque', paru en 2005. Au sortir de l'adolescence, le jeune homme se passionne pour la littérature et entame des études de lettres. Fondateur de la revue Le Point d'être, il côtoie alors les milieux surréalistes, [...]
Plus sur "Hubert Haddad"
Samuel Faun est photographe de guerre au Liban, en Irak, partout où il y a des enfants soldats et des villes en feu. Depuis longtemps, il se consacre avec courage à cette activité dangereuse lui qui, dans son enfance, en Europe centrale, [...]
Plus sur "Oholiba des songes"
"J'avais dû atteindre la périphérie quand, au détour d'une avenue en pente tout au long de laquelle je n'avais compté qu'un vieillard et deux chats, une vaste église asymétrique dressée de guingois, le portail ouvert, exhala sur moi une [...]
Plus sur "La Vie ordinaire d’un amateur de tombeaux"


Tout à la fois encyclopédie subjective, anthologie personnelle et dictionnaire portatif, 'Le Nouveau Magasin d'écriture' est un véritable manuel d'écriture et de littérature, en action. Des collages surréalistes aux mises en place oulipiennes, [...]
Plus sur "Le Nouveau Magasin d’écriture"
Toxicomane et nécrophile, c'est pour de bon, cette fois, que le gardien de la morgue tombe follement amoureux. Elle s'appelle Eva, elle est sublime, mais elle est morte, assassinée. Et dès lors menacée des pires atteintes.
Plus sur "Un Rêve de glace"
Actualité [livres] |
Un nouveau LouvreINTERVIEW DE JEAN-CLAUDE CARRIERE ET BERNAR YSLAIRE |
Voyage au bout de l'InuitINTERVIEW DE JØRN RIEL |
Salon de Montreuil 2009DOSSIER JEUNESSE |
Si la vanité est le moteur de l’humanité, la flatterie en est le lubrifiant.
Abonnez-vous à la Citation du jour
ROMANS
» Fille noire, fille blanche
ESSAIS - DOCUMENTS
» Carnets de captivité et autres inédits
POCHES
» Le Sourire innombrable
B.D.
» George Sprott, 1894-1975
BEAUX LIVRES
» La Collection National Geographic
PRATIQUES
» Mes desserts de sorcière
MANGA
» La Promesse
JEUNESSE
» Des nouvelles de mon chat
|
