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22/01/2012 03h25 J'ai lu ce livre, c'est formidable! C'est vraie qu'on ne pense pas assez souvent de quoi on mange. Si on montrerait plus souvent ce qu'il se passe dans les abbatoirs, il n'y aura personne qui mangeait de la viande! L'élevage industriel existe encore, mais seulement parce-que la plupart des gens ne savent pas d'où leur viande vient et ça changera seulement si le gouvernement interviendrait et forcerait ces entreprises de changer leur méthodes. Encore mes félicitations pour Jonathan Saffran Foer, pour écrire ce qui personne n'osait écrire!
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RENCONTRE AVEC JONATHAN SAFRAN FOER Very Bad Tripes
Hubert Artus - Le 05/01/2011
« RENCONTRE AVEC JONATHAN SAFRAN FOER »
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Avec 'Faut-il manger les animaux ?', Jonathan Safran Foer pénètre dans les enfers d'une civilisation qui ne respecte plus l'animal. Dans une enquête surprenante, le petit prodige du roman américain tente de remettre la consommation de viande au centre du débat public. Evene a voulu comprendre pourquoi l'écrivain a sonné la charge contre l'élevage industriel.
Première constatation : Foer est toujours un peu architecte. On se rappelle le montage texte-images qui donnait corps à la quête d'Oskar, ce petit garçon de neuf ans qui recherchait son père à travers New York et sous les décombre du World Trade Center dans 'Extrêmement fort et incroyablement près'. C'était en 2006, trois ans après la publication de 'Tout est illuminé', son premier roman, superbe récit initiatique qui l'avait fait naître sur la scène littéraire internationale.
Les trois cent soixante pages de 'Faut-il manger les animaux ?' sont, à une moindre échelle puisqu'il s'agit non d'une œuvre de fiction mais d'un récit, parsemées d'intermèdes avec jeux de caractères ou répétitions de mots. Ainsi, au beau milieu du livre, trouve-t-on douze pages ne contenant que deux mots « Influence/Mutisme », copiés/collés à foison. « Un peintre utilise toujours des mots dans ses peintures, pourquoi un romancier n'aurait-il pas le droit d'utiliser les images et les collages dans un livre ? », argumente le jeune romancier – il est né en 77 – dont on se demande bien quelle mouche (bleure) a pu le piquer pour qu'il éprouve le besoin de dauber sur la viande dans un essai saignant déjà couvert d'éloges (en particulier ceux de J.M. Coetzee), best-seller aux USA, en Italie et en Allemagne.
Réponse de celui qui fut l'ancien élève de Joyce Carol Oates et de Jeffrey Eugenides: « Vous savez, je n'ai pas écrit ce livre par conviction activiste, ou parce que j'aimais les animaux. Je l'ai écrit parce que je pense, comme tout le monde, qu'il y a des manières de bien les traiter, Et que nous devons refuser de manger de la viande qu'on sait issue des fermes qui les maltraitent. Je ne voulais pas d'un ouvrage sentimental. Mon entreprise était celle d'un livre qui aille au-delà du pathos. Manger de la viande, c'est du domaine du goût, c'est de l'émotion, certes, mais je voulais rationaliser ce qu'il y a derrière l'acte. »
Travail de terrain
Et faire entrer la notion d'urgence dans la tête du lecteur. « Je ne pose pas la question philosophique de si nous devons ou pas manger de la viande, mais si nous devons ou pas manger cette viande, la viande qu'on nous vend », nous dit-il. Venant de la part d'un romancier dont tout le travail (lire 'Tout est illuminé') porte sur la mémoire et la filiation, on se serait attendu à, une réflexion morale, métaphysique, voire religieuse sur la consommation de viande, donc d'animal, par l'être humain. Avec la présence de problématiques proches de celle d'une philosophe comme Élisabeth de Fontenay ('Sans offenser le genre humain. Réflexions sur la cause animale', éd. Albin Michel, 2008).
Pour l'essentiel, 'Faut-il manger les animaux ?' mêle surtout de réelles enquêtes de terrain et des réflexions personnelles. Jonathan Safran Foer s'est donc posé une question très contemporaine : sachant qu'aux USA, quatre-vingt dix-neuf pour cent de la viande consommée provient de l'élevage industriel et intensif, faut-il alors manger la viande qu'on nous vend ? Avec ce corollaire : où et comment est faite la viande qu'on nous vend ? Trois ans durant, il a visité les élevages industriels aux Etats-Unis. S'est rendu dans les abattoirs, les fermes d'élevage intensif, mais aussi leurs homologues dédiées à l'élevage artisanal. En le lisant on songe à la phrase de Paul McCartney, militant pro-végétarisme : « If slaughterhouses had glass walls, we'd all be vegetarians. » (Si les abattoirs avaient des parois de verre, nous serions tous végétariens.) Foer s'est même introduit de nuit, clandestinement, dans des poulaillers, a vu des volailles broyées et disséquées à la chaîne. Il a également parlé avec les propriétaires de ces sites, avec les employés, les producteurs, les vendeurs, bref chaque maillon de la chaîne de consommation alimentaire. Il en restitue les propos, souvent particulièrement crus, mais l'auteur se défend pourtant d'avoir cédé au réquisitoire. « Vous savez, je ne suis pas bien différent des personnes qui travaillent dans ces abattoirs… Ils ont autant d'humanité que moi. Dans ces fermes que j'ai visitées, et même dans les établissements d'élevage industriel, je n'ai jamais trouvé personne qui soit complètement indifférent au sort des animaux ».
Enquête littéraire
Jonathan Safran Foer, © Jean-Claude FigenwaldLa charge est d'autant plus efficace qu'elle est objective. Le récit des trois ans d'enquêtes témoigne de pratiques d'autant plus révoltantes qu'elles sont ultra-majoritaires : industrialisation de l'élevage et de sa nourriture, overdoses d'antibiotiques sur les animaux, ou encore stagnation des excréments. In fine, c'est lorsqu'il pointe les dimensions barbares (becs et groins tranchés à vif, yeux arrachés…) que Foer convainc plus encore : il illustre concrètement en quoi l'élevage animal devient nocif pour l'homme et pour l'environnement. Il referme le cercle vicieux de ce cercle sur les consommateurs de viande. Ainsi, bien que le début de l'ouvrage porte sur sa famille, ses racines, sa religion et son fils (c'est lorsqu'il connut la paternité que vint le déclic pour cette enquête, écrit-il), le livre illustre l'incompréhension de l'humain envers l'animal… surtout lorsqu'il doit le manger.
Immanquablement, le livre rappelle de récentes enquêtes de terrain menées par des écrivains. Celles de William T. Vollmann, 'Le livre des violences' (éd. Tristram, 2009) et 'Pourquoi êtes-vous pauvres ?' (éd. Actes Sud, 2008). Un genre qui réclame une certaine empathie. « Les journalistes doivent être impartiaux, et rester en retrait. À l'inverse, je me suis mis dans mon propre livre, j'y parle à la première personne. Pour le reste, il n'y a pas nécessairement de différences entre les deux. Comme un journaliste, je voulais avoir les perspectives et les points de vue des différents acteurs ». Au lecteur qui s'interrogera sur la démarche « journalistique » de l'écrivain, Foer apporte une réponse qui témoigne d'une belle confiance littéraire : « J'ai, aussi, voulu raconter une histoire, car seules les histoires changent les gens ».
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30/05/2012 06h14 Moi qui n'aime pas lire , j'ai du lire ce livre dans le cadre du cours de français en 4e année secondaire . J'avais le choix...
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