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CONFERENCE DE PRESSE DU PRINTEMPS DES POETES La faute à Baudelaire
Thomas Flamerion et Guillaume Monier pour Evene.fr - Février 2010 - Le 11/02/2010
Pour la première fois en 12 ans de bons et loyaux services, le Printemps des poètes a droit aux ors de la rue de Valois pour sa traditionnelle conférence de presse. Le 9 février, Frédéric Mitterrand a affirmé son souhait de participer à la diffusion de la poésie en France. Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps, s'est quant à lui enthousiasmé de cette édition aux couleurs des femmes.
Introduisant la présentation officielle du Printemps des poètes, le ministre de la Culture a expliqué l'importance de la poésie dans le paysage culturel et la nécessité d'oeuvrer à sa défense : "Tout homme bien portant, disait Baudelaire, peut se passer de manger pendant deux jours ; de poésie, jamais. Bien sûr "tout homme", cela veut dire aussi "toute femme". J'ai toujours été frappé par cette maxime de Baudelaire. J'ai cru longtemps qu'il ne s'agissait que de la boutade désespérée d'un poète en difficulté avec la société, d'une forme aussi orgueilleuse qu'obstinée du refus de l'évidence - de cette terrible évidence de la quasi-absence de la poésie dans le monde moderne. Et pourtant je n'ai jamais pu croire qu'un si grand poète que Baudelaire ait pu hasarder une provocation vide de sens. De fait, Baudelaire nous rappelle le paradoxe de la poésie dans notre monde contemporain. En un sens, elle est partout : elle nous nourrit, elle nous habite, elle nous fait vivre, sous toutes les formes qu'elle emprunte pour se glisser jusqu'à nous et nous soutenir, à notre insu même. Mais en un autre sens, on ne la voit pas, on ne l'entend pas, pas assez ou presque pas. Sa voix se perd dans le brouhaha du monde. Les cris censés l'annoncer la font fuir, et le silence alors la tente, comme le dernier sursaut de fierté que lui impose sa discrétion."
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