- Genre : Roman Français
- Editeur :
Aden - Parution :
25 Février 2012 - Prix editeur :
15€20 - Isbn : 9782805920110
résumé du livre
Serge Latouche et Enzo Barnabà ont tous deux, à des époques différentes, arpenté l'Afrique. L'expérience et la rencontre avec l'altérité furent si intenses que l'écriture a été, pour tous deux, un passage nécessaire. La singularité de ce recueil de nouvelles africaines provient du fait qu'il s'agit de récits sur l'Afrique écrits par des blancs après les indépendances. Ces nouvelles entremêlées bornent le moment historique de cette époque de transition, de l'éclatement du Congo-Zaïre, fleuron de la colonisation belge, à la débâcle du miracle ivoirien, chef-d' oeuvre de la décolonisation française. Quand Serge Latouche posa le pied sur le continent noir, il crut voir défiler les images de l'Afrique immémoriale telle que Marc Allégret, le jeune compagnon d'André Gide, les avait fixées dans les années 1920. Les femmes aux seins nus se savonnant dans le marigot entre les bananiers et les champs de manioc, les cases de pisé aux toits de paille, les couleurs et les odeurs d'une terre épicée à la végétation exubérante. Cette Afrique à peine et mal décolonisée qu'il découvrait était encore et surtout l'Afrique des ndoki (sorciers), des nkissi (esprits) et des nganga (guérisseurs), des 'évolués '(l' élite africaine) et de la brousse. Certains récits sembleront incroyables voire insupportables, aussi bien pour des blancs qui n'ont pas connu cette Afrique-là que pour des Africains qui l'ont 'oubliée '. Puis, la planète devint un village. Un certain exotisme colonial disparut. Il n'y a plus de femmes aux seins nus et les citoyens ne portent plus leur carte d'identité sur leur visage, même si l'Afrique offre encore des spectacles insolites. Bien qu'il soit de la même génération que Latouche, Barnabà a vécu cette expérience dans un pays de la côte ouest plus occidentalisé et en marche vers cette Afrique des cybercafés qui bat au rythme de la technopole transnationale. Ses récits, plus éloignés de l'époque coloniale, touchent déjà à la littérature mondialisée d'aujourd' hui. Les histoires de Latouche et de Barnabà sont donc la chronique d'un monde disparu, vu à travers la lorgnette de travailleurs européens qui en découvraient les saveurs et les souffrances. Les narrateurs de la plupart des histoires, puisqu'elles sont souvent écrites à la première personne, ne sont pas nécessairement sympathiques, ni recommandables ; il s'agit d'experts de la coopération comme ceux qu'ils ont connus à l'époque. Ces 'expatriés ', comme on dit aujourd' hui, de la première génération, étaient le plus souvent d'anciens administrateurs recyclés, sans doute pas pires que les fonctionnaires internationaux ou les volontaires des ONG qui leur ont succédé, mais dotés de préjugés sensiblement différents. Ils lorgnaient avec nostalgie du côté de la Rhodésie de Ian Smith et de l'Afrique du Sud de l'apartheid et passaient leur week-end à Luanda (Angola portugaise). Les 'héros 'ici s'apparentent encore à l'homme qui voulut être roi de Rudyard Kipling ou à l'inquiétant Kurtz qui sévissait justement, au début du XXe siècle, Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad. En tous cas, ce sont leurs héritiers.
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