mardi 09 février

Alabama Song
La note evene : 5/5La note evene : 5/5

Alabama Song

de Gilles Leroy

[Littérature française XXIe]

COMMANDEZ AVEC -5% SUR


Editeur : Mercure de France
Publication : 23/8/2007

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« Et c’est là, à Westport, dans la maison du bonheur, que la poupée en moi s’est déglinguée »


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Les citations

«Les hommes trop beaux sont le fléau des femmes.»
[ Gilles Leroy ] - Extrait de Alabama Song

«Ecrire c’est passer tout de suite aux choses sérieuses, l’enfer direct, le gril continu, avec parfois des joies sous les décharges de mille volts. »
[ Gilles Leroy ] - Extrait de Alabama Song


Les extraits

La première phrase
Soudain, notre ville endormie fut envahie de milliers de jeunes gens, des pauvres gars pour la plupart, arrachés à leur ferme, leur plantation, leur échoppe, venus de tous nos Etats du Sud tandis que leurs officiers frais émoulus de l'école militaire descendaient du Nord, des Grands Lacs et des prairies (jamais depuis la guerre civile on n'avait vu autant de yankees en ville, me dit maman).


La plus belle phrase
Tu m'emmèneras au nord, dans ces villes de ton enfance, Buffalo, Niagara, ensemble on se jettera dans les chutes pour voir qui rebondit le mieux.


La plus belle phrase
Je voyais à son dos raidi que je l'agaçais. C'est étonnant, l'expression d'un dos - qu'une nuque crispée puisse vous dire je ne t'aime plus quand le visage encore n'y arrive pas.


La plus belle phrase
Plus je claquais des dents, plus il me serrait contre lui, toute menue, comme un grand rien contre lui si plein.


La phrase à retenir
Les hommes français, ce n'est pas qu'ils soient plus beaux, loin de là. C'est juste qu'ils nous désirent : pour eux, une femme qui cède n'est pas une putain mais une reine.


La phrase à retenir
Qu'est-ce qu'ils ont tous, ces jeunes types, à vouloir devenir écrivains ? Qu'ils se contentent de devenir riches et célèbres !


Morceau choisi
La belle flasque allait beaucoup servir, cadeau étrange et criminel, quandj'y repense. Scott l'égarait souvent et se maudissait de l'avoir sortie de sa poche de veston puis il partait à sa recherche comme un fou. Il pouvait retourner une chambre d'hôtel ou une maison en une demi-heure. On voyait l'angoisse grandir minute après minute, mais l'angoisse de quoi au juste ? La peur d'avoir perdu un objet précieux à son coeur, ou la peur de manquer de ce que l'objet renfermait – bathtub gin, corn whiskey, ou quelque autre bourbon de contrebande ?
'Ne m'oublie pas'  : n'est-ce pas la vérité, au fond ? On boit pour se souvenir autant que pour oublier. Avers et revers d'une même médaille, pas glorieuse, qui s'appelle le malheur.

- chapitre : La Plus belle nuit de ma vie - page : 25 - éditeur : Mercure de France - date d'édition : 2007 -


Morceau choisi
Ma grand-mère Sayre fut embrochée par un cerf lors d'une chasse à courre à la mode anglaise. Je ne crois pas vous l'avoir jamais dit. Mon grand-père le gouverneur fit interdire la chasse à courre dans tout le comté, où l'on se mit à maudire ma famille. Les biches pullulaient, les bois des cerfs détruisaient les jeunes arbres, les bêtes passaient de plantation en plantation, vandales et vengeresses, se revanchant de ceux qui détruisaient leurs forêts pour y faire des champs dont biches et cerfs n'ont que faire : du coton, qui va manger du coton ? (Et quand ce n'est pas du coton, c'est du tabac).
Quandj'étais petite, je faisais ce rêve éveillé que le cerf assassin continuait de hanter les alentours et qu'à chacun de ses bois était restée accrochée une boucle d'oreille de Granny. Que sij'étais sage il m'offrirait les boucles de diamant et m'emporterait sur son dos, loin, très loin de notre triste Sud et de ce sinistre comté.

- chapitre : 1 - Une tornade - page : 42 - éditeur : Mercure de France - date d'édition : 2007 -


Morceau choisi
Parfois l'excitation était si grande, elle bondissait dans mes veines, et je sentais les joues me cuire par un afflux de sang et de vie et de peur souterraine. Je valais quelque chose. Le coeur tambourinait à se rompre. La joie serait-elle douloureuse ? Quand je suis heureuse – si seulement il m'arrivait de l'être encore – ça fourmille dans mes jambes,j'avale trop d'air,j'étouffe, mes yeux se voilent, il faut se rendre et rideau ! Je tombe.
J' aurais voulu vous le dire, docteur, mais je garde un peu de moi pour moi.

- chapitre : Cathédrale Saint Patrick - page : 54 - éditeur : Mercure de France - date d'édition : 2007 -


Morceau choisi
Hier, la nuit, nous avons tellement ri et dîné de si bonne humeur, la compagnie était merveilleuse et il fallut danser... Hélas, dans mes chaussons de satin, ça saigne et s'écrabouille. Mon destin fait des siennes, et le maigre espoir se fait nouille. Certains disent que je l'ai cherchée, quej'ai voulu et fomenté ma déchéance. Les imbéciles !
Je me souviens des nuits au camp Sheridan, où je dansais jusqu'à ne plus sentir sous mes pieds que la brûlure du cuir frotté au parquet de la piste.J'ôtais mes escarpins et je continuais pieds nus. Les aviateurs applaudissaient, et les mécanos, et les radios, et les aiguilleurs. Mes jupes tourbillonnaient et, d'un doigt brandi ou d'une grimace de la bouche, je reproduisais les signes des garçons que je ne comprenais pas.J'étais la jeune putain, la petite salope bourgeoise de Montgomery, la miss Alabama des casernes et des prisons. Et je n'en savais rien.

- chapitre : Danser - page : 105 - éditeur : Mercure de France - date d'édition : 2007 -




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