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« Je les aimais comme on aime ses mains ou ses viscères, sans y penser ou même sans s’en rendre compte. »
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Une chronique new-yorkaise en forme de tragédie proche du Jay McInerney de Bright Lights, Big City. Une héroïne qui évoque l'Edie Sedgwick de Warhol. Dans les années 80, Alison a connu son heure de gloire comme mannequin à New York. Mais le rêve a tourné court et s'est transformé en balade de la dépendance. La drogue, l'argent facile et les succès éphémères l'ont détruite. Vingt ans plus tard, Alison subsiste à New York en faisant quelques heures de ménage chez un ancien amant. Elle replonge dans le tourbillon de ses souvenirs. L'enfance, les relations avec son père, l'amitié rédemptrice avec l'excentrique Veronica, morte du Sida... Tout revient, tout s'entremêle et Alison nous entraîne dans son conte de fées perverti.

par Emilie VitelSexe, drogue, etc. Le refrain est familier. Rebattu, pourrait-on dire. D’autant plus difficile, donc, de créer la surprise. ‘Veronica’ est un personnage haut en couleurs, une femme pas comme les autres. Pour Alison, la véritable héroïne de ce roman, elle est plutôt un prétexte pour raconter sa propre vie. Celle d’une gamine propulsée trop brutalement dans le vif du sujet pour avoir eu le temps de perdre sa naïveté ; d’une jeune fille qui semble glisser sur l’existence sans que rien ne l’atteigne. Mary Gaitskill possède un vrai don pour raconter les histoires, celles qui captivent. Elle sait dire les petits bonheurs, les déceptions, la souffrance, le désir… De comparaisons, souvent incongrues, en descriptions abondantes, elle signe un récit très imagé. Au-delà des détails techniques, c’est aux sensations qu’elle s’attache, et compose un univers vibrant. ‘Veronica’ aborde chaque thème, du plus anodin au plus sensible, avec pudeur et authenticité. Comme le veut la tendance, l’auteur attire l’attention sur le clinquant pour mieux faire passer l’essentiel.
Ainsi, elle joue l’impertinence à outrance, nous jette au visage des images explicites et indispose de mots crus. Elle feint aussi l’ingénuité et le manque d’expérience, dans le fond comme dans la forme. Mais nous pousse à aller plus loin. Si, au départ, quelques réflexions un peu simplistes sur la société de consommation alarment, peu à peu l’ensemble prend un tour différent, un rien philosophique, et trouve le ton juste pour frapper de plein fouet. ‘Veronica’ est comme ses alliances inattendues, qui se révèlent étonnamment enrichissantes parce qu’elles répondent à un élan du coeur. Comme l’amitié qu’après avoir brandi comme un étendard, son héroïne célèbre enfin.
Traduit de l’américain par Suzanne V. Mayoux
Prix éditeur : 21 euros - Prix Fnac.com : 19.95 euros
Nombre de pages : 318 pages ISBN : 9782879295602
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Livres Hebdo - Alexandre Fillon (21 mars 2008)
Désenchanté et lumineux malgré sa profonde noirceur, le roman de Mary Gaitskill marque un retour en grâce.
Lire - Alexandre Fillon
(Mai 2008)
On sort de ces pages bouleversé ; la gorge nouée, persuadé que Mary Gaitskill a eu raison d'aller puiser dans ses propres souvenirs pour mieux restituer une époque faussement désinvolte, insuffler autant d'intensité et de justesse à des héroïnes marginales qui n'arrivent jamais vraiment à se couler dans le moule. Welcome back, chère Mary !
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La première phrase
Quandj'étais petite, maman m'a lu l'histoire d'une méchante fille.
La phrase à retenir
Telle une langue, une musique sexy de film d'espionnage me mouillait l'oreille ; elle me mouillait aussi l'entrejambe. Le repas rapidement terminé, on alla à mon nouvel appartement.
Morceau choisi
J'ouvre les yeux.
Je n'arrive pas à dormir. Si je m'efforce de trouver le sommeil, je me réveille au bout de deux heures et passe le reste de la nuit assaillie par tout un tas de sentiments et de réflexions. En général, je m'assoupis à l'aube avant d'émerger à sept heures et demie. Je me lève furieuse d'avoir mal dormi et ma fureur s'en prend à n'importe quoi. Mon cerveau hurle des insultes tandis que mon corps se traîne. Des images [... ]
- page : 11 - éditeur : L’Olivier - date d'édition : 2008 -
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Originaire du Kentucky, Mary Gaitskill essaie pendant dix ans de se faire publier. Elle réussit finalement en 1988 avec une première nouvelle, 'Mauvaise conduite'. Le titre annonce le thème majeur de ses écrits : la femme aux prises avec la prostitution, la dépendance, le sadomasochisme et des tabous qui en découlent. Elle-même revendique un passé de stripteaseuse et de call-girl. En [...]
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