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Conseillez le livre "Un éternel jeune homme" à un ami
« Souvent inquiet, et enclin au désespoir, il considérait la beauté comme l’oeil du cyclone »
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Martin Knight, fils des classes moyennes né dans la banlieue pavillonnaire de Londres, se révèle un enfant délicat. Adolescent, il est romantique, sensible, narcissique et résolument esthète. Se sentant à l'étroit dans son milieu, il rêve de s'élever afin d'accéder à la beauté. Mais où trouver la clé des songes ? Ce sont les lumières de la City qui lui indiqueront la voie, qui feront en sorte que l'élève médiocre saisisse la chance qu'offre aux ambitieux la capitale anglaise sous l'ère Thatcher. Chance rime avec finance. Et l'amour, dans tout ça ? Le jeune homme va faire la rencontre de Marilyn, jeune femme élégante issue de la bourgeoisie intellectuelle. Il va voir, par cette rencontre, incarnées toutes ses aspirations.

par Maud DenariéIl est de ces livres dont l'influence littéraire est tout à fait palpable. C'est le cas d''Un éternel jeune homme' de Michael Bracewell, savamment imprégné des saveurs romanesques de Flaubert. Martin Knight, héros en quête d'argent, d'amour et d'esthétique absolue rappelle étrangement Frédéric Moreau, protagoniste de 'L'Education sentimentale'. Tous deux façonnés à l'image d'un monde régi par les idées reçues et les conventions, ils deviennent de véritables pantins du système dans lequel ils évoluent. Et les aspirations premières ne peuvent se solder que par une douloureuse désillusion. Observateur méticuleux des moindres faits et gestes de son personnage, Michael Bracewell dresse un portrait acerbe du jeune homme, révélant la noirceur des années 1980 en Angleterre, sous le règne de la "dame de fer". Englobé dans un monde artificiel, Martin Knight incarne le stéréotype parfait de la victime de la dictature du bon goût. C'est avec un grand cynisme et un humour distillé parcimonieusement que l'auteur présente un héros ambigu, tant antipathique qu'attendrissant, dont la quête légitime d'absolu sombre aussitôt dans les remous de la superficialité. Martin voudrait paraître beau, élégant, distingué mais son absence de spontanéité finit par le tourner en ridicule. Vouant une admiration excessive à l'intelligentsia, il ne fait que flotter à la surface de la connaissance, effleurant le sens de quelques raisonnements philosophiques. Titre pour le moins éloquent, 'Un éternel jeune homme' définit tout à fait ce héros dépourvu de personnalité et de maturité, qui n'est, somme toute, que le reflet du modèle de beauté à quoi il voudrait ressembler.
Traduit de l’américain par Robert Davreu
Prix éditeur : 23.5 euros - Prix Fnac.com : 22.33 euros
Nombre de pages : 389 pages ISBN : 9782752902672
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Livres Hebdo - Alexandre Fillon (22 Février 2008)
Tout au long d''Un éternel jeune homme', intrigant mais bigrement séduisant, le lecteur ne cesse de s'interroger sur un personnage rêvant de devenir un être 'rare et extraordinaire'. Il ne faut en tout cas pas hésiter à accompagner ce dandy des années new wave sur le 'chemin de l'Exceptionnel'.
Le Point - Marc Lambron (17 Avril)
Bracewell, avec un art cruel de la satire aigre-douce, dépeint la dilution des attitudes juvéniles dans les servitudes consenties de l'économie tertiaire. En 1986, le style des yuppies faisait loi. Ajoutez un peu de commerce équitable et quelques doudounes en Kevlar, et vous aurez ici une belle anticipation de l'ultime bobo.
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La première phrase
C'était le 12 juin 1987.
Morceau choisi
'Comment m'habiller ? Mais comment m'habiller ?'
Dans la Maison du Capitaine, Marilyn Fuller se posait cette question à voix haute, seule dans sa chambre. Elle se préparait à aller retrouver Martin Knight. Les portes de sa penderie étaient ouvertes ; derrière elle, sur sa couette vert pâle, étaient empilés des vêtements - chemisiers, pulls, tailleurs et jupes -, molle pyramide de tissus aux formes et motifs mêlés, dont il ne semblait [... ]
- chapitre : V - Un couple séduisant - page : 207 - éditeur : Phébus - date d'édition : 2008 -
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Après des études à l'université de Nottingham, Michael Bracewell travaille quelque temps au British Council. Son premier roman 'The Crypto-Amnesia Club' est publié en 1988. Suivent quatre romans dont les trois derniers sont traduits en langue française dans un ordre chronologique décroissant. Ainsi 'Perfect Tense', traduit en 2002, paraît sous le titre 'Une époque formidable' et 'Un [...]
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Il ne s'agit pas de beaucoup lire, mais de bien lire.
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