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« Alors oui, c’est ma famille blanche qui m’a élevé, logé, nourri, donné de l’amour et m’a permis peut-être de devenir ce que je suis devenu aujourd’hui, y compris donné la possibilité de leur dire merde »
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Jeune premier plus si jeune ayant connu succès public au cinéma recherche rôle aux côtés actrice célèbre. Présente signe particulier mais demande être jugé sur pièce. Metteurs en scène franco-français s'abstenir.

par Thomas FlamerionIl n’est de beau rôle que ceux que l’on interprète à l’abri des objectifs. C’est ce que semble nous prouver la vie d’Antoine, le comédien débutant de ‘Beau rôle’. Métis, charmant, avec ce qu’il faut d’assurance, tombeur de filles et auréolé d’un jeune succès professionnel, le trentenaire nouvelle mouture du non moins beau et poliment irrévérencieux Nicolas Fargues a tout pour plaire. Au point que le mal-être qui le ronge - la fille qu’il ne parvient pas à oublier, le racisme aussi muet qu’éloquent qui pollue le cinéma français et celui qui au sein même de sa famille le retient hors du conventionnel clivage Noir / Blanc - perdent de leur profondeur et de leur perspicacité. Au fond Antoine s’ennuie, et le mal est contagieux. Ses tribulations tiennent de l’ordinaire et forcent une émotion étudiée, calculée, pour ainsi dire prémâchée.
Alors oui, ‘Beau rôle’ s’inscrit en satire du métier d’acteur et du désoeuvrement globalisé sur fond d’égalité des chances, mais la réflexion tourne court. Moins réussi que ‘One Man Show’ qui égratignait délicieusement le milieu de l’édition, le dernier opus de Nicolas Fargues se perd en digressions sur les mêmes thèmes sans vraiment surprendre ni provoquer. Si quelques passages ne manquent pas de truculence - notamment une scène de dîner qui culmine en un ahurissant monologue sur les qualités des films de Steven Soderbergh -, son roman est plus bavard que sagace. L’auteur n’écrit pas, il débite, il assène son récit au rythme des états d’âme d’un héros tiède, pessimiste, dont les sentiments sur la célébrité ou le racisme hésitent entre lieux communs et bons sentiments. Et la caricature, loin de forcer le trait, reste souvent à l’état d’ébauche. Mais ‘Beau rôle’ est un roman franchement contemporain, dont l’intrigue peu substantielle laissera dans son sillage le souvenir d’un bon divertissement.
Prix éditeur : 14 euros - Prix alapage.com : 13.3 euros
Nombre de pages : 228 pages ISBN : 9782846822244Commandez le livre "Beau rôle"
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Livres Hebdo - Alexandre Fillon (16 Novembre 2007)
Nicolas Fargues a conservé son regard mordant, capable à son tour, à l'instar d'Eric Reinhardt dans 'Cendrillon' et de Pierre Jourde dans 'L' Heure et l'ombre', de réussir notamment une formidable scène de dîner où son héros monopolise la parole en discourant sur les mérites du réalisateur Steven Soderbergh.
Le Nouvel Observateur - Aude Lancelin (03/01/2008)
Provocateur prudent et styliste maîtrisé, Nicolas Fargues persiste dans une qualité franco-française avec laquelle peu de trentenaires peuvent aujourd' hui rivaliser. Reste un goût d'inachevé, de prise de risque minimale, reste l'impression fade d'avoir affaire à l'équivalent livresque de la musique lounge.
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La première phrase
Mélikian m'avait écrit ceci :
Bonjour Antoine,
Je ne sais pas si cet e-mail te parviendra, mais je tente quand même ma chance.
Morceau choisi
J'ai conclu en disant que je troquerais sans hésiter cent cinquante comédies romantiques avec Jean Dujardin, Gad Elmaleh, Mathilde Seigner, Karine Viard et consorts, pas mauvais acteurs mais tellement mal dirigés et tout autant désincarnés que le pays est désincarné (' On joue avec la tête en France, pas avec ses émotions'), que je troquerais donc cent cinquante films de pseudo-auteurs type Christophe Honoré ou Gaspard Noé ou je ne sais [... ]
- chapitre : 1 - page : 65 - éditeur : P.O.L - date d'édition : 32008 -
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