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« Les Lisières »
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Les Lisières
de Olivier Adam
Commandez avec 5% de remise sur Fnac.com - livraison gratuite« Les Lisières »
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la critique evene
Logique pour un roman intitulé 'Les Lisières' de mettre en scène un « être périphérique ». Sauf que le dixième livre d’Olivier Adam tourne en rond, comme s’il avait bazardé dans une centrifugeuse tous les thèmes qu’il ressasse depuis son entrée en écriture, voilà dix ans maintenant, avec 'Je vais bien, ne t’en fais pas' (paru au Dilettante). Soit, dans le désordre des 454 pages : un enfant mort, l’existence banlieusarde, l’amour tragique, l’amitié enfuie, le Japon avec ses temples, ses pommiers fleuris et son tsunami, la solitude des pères, l’obsession de l’exil, la fuite… Et, très important pour la météo de ses livres, les embruns atlantiques, car c’est à Saint-Malo que notre corsaire des lettres françaises s’est réfugié pour mieux contempler, tel Chateaubriand sur son rocher, notre monde cruel. Son héros, l’écrivain Paul Steiner, plus que jamais son double accablé, a été quitté par sa femme. Ses deux enfants lui manquent. Comble de désespoir pour cet homme qui répète à longueur de page qu’il est étranger à lui-même, son frère honni (car vétérinaire de droite), lui demande de s’occuper des autres. En l’occurrence de ses parents : un père ouvrier à la « raideur glaciale » qui s’apprête à voter FN et une mère gagnée peu à peu par Alzheimer… Un enfant n’a jamais les parents dont il rêve comme le dirait Boris Cyrulnik. Vous avez dit plombant ? Le pire, notre homme va bientôt le vivre : le voilà contraint de retrouver la maison familiale, à V. dans l’Essonne, en banlieue sud de Paris. Aux lisières donc, dans cette France d’en bas chère à Monsieur Raffarin. Là où son copain devenu caissier ne peut joindre les deux bouts, où l’ado rebelle d’hier s’est métamorphosée, cafard de lotissement, en épouse névrotique d’un VRP, où l’ancien coco va voter « La Blonde » (par quelle pudeur Adam n’écrit-il pas « Marine Le Pen » ?). Donner la parole à une frange silencieuse, évoquer le combat ordinaire, voilà belle et noble ambition. Sauf que l’on n’entend ici que l’écoulement de considérations caricaturales. Une cascade d’un jus faussement aigre. Comme lorsque Steiner-Adam s’enfonce, ou plutôt se noie, dans la critique de l’édition, milieu peuplé de « fils et filles de grands bourgeois, cultivés, distingués et spirituels, normaliens ou agrégés ou que sais-je (…) ». Même Olivier Cohen, l’ancien éditeur d’Adam, dans un élan peu fairplay, en prend pour son grade (p. 409). Mais il faut citer un passage de ce roman pour comprendre toute l’inanité de la pensée l’irrigant. « Farouchement de gauche, ils (les gens de l’édition, toujours eux) considéraient pourtant unanimement, parfois sans oser le dire, qu’au-delà du périphérique ne régnaient que chaos, barbarie, inculture crasse et médiocrité moyenne et pavillonnaire », écrit-il encore. On rêve. C’est bien de cette médiocrité dont Adam fait son miel, s’appuyant sur un soi-disant complexe d’infériorité du natif des lisières qui n’est, en réalité, qu’une vaniteuse béquille. Elle l’aide en effet à se maintenir dans sa posture d’écrivain non pas « social », mais à « morale », cette « faiblesse de la cervelle » comme la considérait Rimbaud. En écologie, les spécialistes évoquent parfois l’effet-lisière ou effet-bordure pour décrire les impacts négatifs de ces habitats intermédiaires. Certes, Adam jouit d’une dynamique « écopaysagère » propre – qu’il faille ou non le déplorer, on reconnaît immanquablement sa musique funèbre – mais tout y résonne artificiellement. Page 101, il semble touché néanmoins par un éclair de lucidité (ou est-ce du masochisme ?) lorsque son personnage déclare : « Je m’étais vu en Modiano, Fante, Sagan, Salinger et j’avais écrit les livres que j’avais écrits. Des livres de cogneurs de fond de court, solides mais dénués de grâce, laborieux et pesants. On est ce qu’on peut. Mais de le savoir, rien ne nous console… » Nous non plus, hélas.
l'Avis du public
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08/10/2012 03h52 Je viens de finir les Lisières et ce livre est le non-évènement de la rentrée. Il n'y a pas d'histoire, sinon les lamentations sans recul d'un ado attardé persuadé qu'il est le seul à ressentir les émotions. Le héros est antipathique,immature, je n'en voudrais pas même en ennemi. Le style est lourd, dense, envahissant, comme le personnage central.
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