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« Mes seuls bons souvenirs sont des souvenirs de fuite ou de fugue. Mais la vie reprenait toujours le dessus »
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Au début des années 1960, aux balbutiements du futur situationnisme, la bohème littéraire et étudiante se retrouve au Condé, un café de l'Odéon. Parmi les habitués, les quatre narrateurs du roman : un étudiant des Mines, un ancien des RG, une certaine Youki, alias Jacqueline Delanque, et Roland, jeune apprenti écrivain. Dans la première séquence, l'étudiant des Mines se souvient de la vie au Condé et décrit minutieusement les apparitions de Youki, jeune femme de 22 ans apparemment sans attache, qui lui donne l'impression de vouloir faire 'peau neuve'.
Dans la deuxième, Caisley, l'ancien des RG, mène l'enquête : le mari de Youki, Jean-Pierre Choureau, l'a chargé de la retrouver. Il découvre son enfance, aux abords du Moulin-Rouge où travaillait sa mère. Troisième partie : Youki prend la parole et se souvient de son enfance, de ses fugues, des bars interlopes du 18e... Elle évoque les hommes qui l'ont aimée : Jean-Pierre Choureau, Roland, Guy de Veer l'ésotériste qui lui a fait connaître la figure de 'Louise du Néant' à laquelle elle s'identifie. Dernière partie : Roland se rappelle sa rencontre avec Youki et leur amour. Jeune homme passionné par l''éternel retour' et qui écrit un essai sur les 'zones neutres', il flotte, comme Youki, et croit pouvoir la rejoindre dans ses pensées. Mais elle lui échappe comme à tous les autres... Jusqu'au jour où il apprend, au Condé, que Youki s'est défenestrée...

par Thomas FlamerionLe titre sonne comme un appel, un reliquat de romantisme d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître... Et les apparences ne trompent pas. ‘Dans le café de la jeunesse perdue’ s’inscrit bien comme le nouveau chapitre d’une oeuvre en cours, un chapitre au parfum de liberté et d’insouciance. Dans un Paris à la topographie minutieuse, Patrick Modiano provoque des rencontres, nourrit les questionnements, mélange écrivains réels et protagonistes imaginaires sur les banquettes du Condé, café carrefour, symbole d’un passé révolu et regretté.
Alors bien sûr, on pourrait accuser Modiano de s’inscrire dans un parisianisme littéraire si souvent décrié. Mais cela serait sans compter l’émotion palpable avec laquelle il nous transporte au coeur de la capitale, de la Trinité à la place Blanche, d’Argentine à l’Odéon. A défaut de chauvinisme, l’écrivain montre un attachement sensible à une cité qu’il érige en personnage secondaire, un choeur antique, témoin des tragédies ordinaires.
Son héroïne, Jacqueline Delanque, dite Louki, avance tel un pion sur l’échiquier. Elle ne maîtrise ni le temps ni l’espace mais s’y laisse guider par la plume légère et efficace de Modiano. Il est le joueur qui engage la partie, compose les règles, superpose les voix et trace les lignes tantôt fixes, tantôt fuyantes d’horizons incertains. Présent parce qu’on le connaît, parce qu’il ne trompe pas, mais subtilement en retrait, l’écrivain écrit court, direct, suggestif.
L’art de Modiano tient de la poésie, de cette couche infranchissable dont il enveloppe son petit monde, pellicule de temps indéfini et d’“Eternel Retour” sur ces “zones neutres” où se perdent ses personnages. Nostalgie et amnésie bercent toujours cet univers qui ressemble à la réalité mais demeure insaisissable. Certes, Modiano avance en terrain connu, mais c’est avec la même grâce et une mélancolie sans cesse renouvelée qu’il balaye les certitudes et nourrit de trouble l’extraordinaire quotidien.
Prix éditeur : 14.5 euros - Prix Fnac.com : 13.78 euros
Nombre de pages : 160 pages ISBN : 9782070786060
Le livre de l’année
'Dans le café de la jeunesse perdue' a été élu meilleur livre de l'année 2007 par les journalistes du Point.
Avis de naura 
Grand écrivain, certes, cependant, toujours cette obsession du passé, du temps perdu et ou retrouvé, histoire simplement banale, où l'on s'emmêle un peu, les personnages n'atteignent pas le lecteur. Moyen...
Avis de naura 
Nous retrouvons toujours et ici encore, la nostalgie du passé. Paris encore plus belle et plus légère que jamais, presque insouciante... Entre réalité, fiction et mélancolie, les personnages de l'auteur partagent des moments forts et se séparent... La quête du passé, de la jeunesse perdue.
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Donnez votre avis sur "Dans le café de la jeunesse perdue"
L’Express - Delphine Peras (4 Octobre 2007)
Ici est l'art singulier de Modiano, cette intensité envoûtante du clair-obscur, cette densité du non-dit qui ouvre la porte à toutes les interprétations.
Le Magazine littéraire - Marie-Laure Delorme (Octobre 2007)
Patrick Modiano restitue, avec Dans le café de la jeunesse perdue, le début des années 1960 à Paris. Ses lieux (le café Condé aux abords du carrefour de l'Odéon, la librairie Véga boulevard Saint-Germain), ses figures (Guy Debord, Arthur Adamov, Olivier Larronde), ses courants (la naissance du situationnisme), ses dangers (les expériences limites, la drogue, la fascination pour le néant).
Les vidéos [evene]Bernard Pivot raconte Patrick Modiano
(c) Evene
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La première phrase
Des deux entrées du café, elle empruntait toujours la plus étroite, celle qu'on appelait la porte de l'ombre.
La plus belle phrase
Il y a de l'électricité dans l'air, à Paris, les soirs d'octobre à l'heure où la nuit tombe. Même quand il pleut. Je n'ai pas le cafard à cette heure-là, ni le sentiment de la fuite du temps.J'ai l'impression que tout est possible. L'année commence au mois d'octobre.
Morceau choisi
L'un des membres du groupe, Bowing, celui que nous appelions 'le Capitaine', s'était lancé dans une entreprise que les autres avaient approuvée. Il notait depuis bientôt trois ans les noms des clients du Condé, au fur et à mesure de leur arrivée, avec, chaque fois, la date et l'heure exacte. Il avait chargé deux de ses amis de la même tâche au Bouquet et à la Pergola, qui restaient ouverts toute la nuit. Malheureusement, dans ces deux [... ]
- page : 18 - éditeur : Gallimard - date d'édition : 2007 -
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Voir le dossier spécial "Rentrée Littéraire"
Fils d'une actrice d'origine flamande et d'un homme d'affaires italien, Patrick Modiano grandit entre Jouy-en-Josas et la Haute-Savoie. Les absences répétées de ses parents et sa scolarité passée en pension le rapprochent de son frère aîné, qui meurt d'une maladie à 10 ans. Cette disparition annonce la fin de l'enfance de l'auteur qui gardera une nostalgie marquée de cette période et [...]
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