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« Les hasards des cartes, un cercueil, voilà un joli raccourci pour une destinée »
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Léonora Galigaï est florentine. Elle se nomme en vérité Dianora Dosi. Elle est la fille d'un menuisier et d'une blanchisseuse que le travail mène souvent au palais grand-ducal (palais Pitti). Léonora y est appelée pour distraire la jeune princesse de Toscane, Marie de Médicis. Elle devient sa coiffeuse. Elle s'insinue, fait rire cette enfant capricieuse et balourde. Bien vite, l'astucieuse Léonora sort de son modeste rôle d'amuseuse pour s'installer dans l'intimité de la petite princesse. Son empire devient immense. C'est une manipulatrice née. Chacun, au palais, s'interroge sur sa fulgurante ascension. Elle serait, dit-on, la soeur de lait de Marie de Médicis, c'est faux, cependant la légende de la Galigaï a déjà commencé, elle rachète ce nom au dernier de cette illustre famille avant de suivre Marie en France.

Lorsque Pierre Combescot revisite le XVIe siècle, c’est pour s’attaquer à la Galigaï, figure sulfureuse de l’entourage de Marie de Médicis. Grandeur et décadence d’une arriviste à la cour d’Henri IV, ou les rocambolesques aventures d’une coiffeuse florentine qui, grâce à un art consommé de la manipulation et à une intelligence sournoise mais industrieuse, s’éleva au rang de Maréchale de France. Drôle d’époque où la permanente est un outil à part entière du gouvernement… Ainsi, persiflages et ragots constituent fort logiquement le fond de commerce de la Galigaï, comme l’anecdote est celui du livre historique. Et anecdotique, Léonora l’est parfois, ensevelie sous une avalanche d’historiettes qui confèrent au récit sa saveur mais peuvent aussi le priver d’horizon, de fil conducteur.
C’est pourtant avec gouaille et bonhomie que le romancier louvoie la plupart du temps entre les deux travers de ce genre de chroniques (fiction souveraine contre exactitude historique), comme son héroïne entre deux attentats. Il ne fait pas partie de ces historiens poussiéreux qui, tels nos vieux professeurs de collège, se font fort de bannir le futur de leur vocabulaire ; son plaisir à commérer, à se plonger dans les crimes les plus sanglants, les intrigues les plus sordides, est palpable. A la manière d’un badaud du haut d’un balcon, il contemple le XVIe siècle avec cette distance réjouie et frondeuse de qui sait que l’histoire peut sans complexes se regarder comme un spectacle, avec du pop-corn. Il s’amuse, et nous avec.
Marie Segura
Prix éditeur : 18.9 euros - Prix Fnac.com : 17.95 euros
Nombre de pages : 304 pages ISBN : 9782246659310
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Livres Hebdo - Jean-Claude Perrier (15 Décembre 2006)
Pour notre plus grand plaisir, Pierre Combescot a revisité une page bien sanglante et... machiavélique de l'histoire de France.
Le Magazine littéraire - Vincent Landel (Janvier 2007)
C'est d'une méchanceté étincelante et vipérine, parfois lassante. Le feuilleton ne manque pas de panache, mais bien de l'étoffe de la fiction, parfaitement absente. Reste, grâce à la truculence, une piquante fricassée historique.
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La première phrase
Dans le maigre jour de la garde-robe, on eût pu prendre la dame d'atour pour un oiseau nocturne venu par mégarde se poser sur l'épaule de la reine.
La phrase à retenir
On dit [Catherine de Médicis] ficelle ; il faut plus que de la ficelle pour concevoir et réaliser la Saint Barthélémy ; il faut une manière d'abnégation et de grandeur.
Morceau choisi
Dans le maigre jour de la garde-robe, on eût pu prendre la dame d'atour pour un oiseau nocturne venu par mégarde se poser sur l'épaule de la reine. Ombre sur ombre. Crissement de soie sur la soie. Soupirs. Gazouillis d'italien. Et par instants, à de furtifs hochements de tête, comme un épouillage. Au vrai ce triste hibou de bonne heure asphyxié dans la malsaine obscurité des alcôves et des cabinets, s'appliquait, comme elle en avait [... ]
- chapitre : I - page : 11 - éditeur : Grasset - date d'édition : 2007 -
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Journaliste de formation, Pierre Combescot est connu sous le pseudonyme de Luc Décygnes au Canard enchaîné et à Paris Match. Il est aussi l'auteur de plusieurs romans et de quelques biographies. Son premier livre est une biographie de Louis II de Bavière. En 1986, il reçoit le prix Médicis pour 'Les Funérailles de la Sardine', en 1991 le prix Goncourt pour 'Les Filles du [...]
Plus sur "Pierre Combescot"
Pour mon plaisir et ma délectation charnellede Pierre Combescot[Biographie]
Nous sommes au début du XXe siècle. Une guerre qu'on nommera de Cent Ans oppose Anglais et Français. Les princes trahissent et s'assassinent ; la peste et la famine déciment la population ; on pend et on brûle sorciers et jeteuses de sort. [...]
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Et aussi : Les Filles du Calvaire de Pierre Combescot Ce soir on soupe chez Pétrone de Pierre Combescot Ce soir on soupe chez Pétrone de Pierre Combescot Les diamants de la guillotine de Pierre Combescot |
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