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« Ils désertent »
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critiques & avis
la critique evene
Elle est trentenaire, diplômée d’école de commerce, et elle compte bien faire carrière dans la boîte de papiers-peints qui vient de l’embaucher. Lui est quinquagénaire, divorcé, il sillonne la France depuis 30 ans avec ses échantillons et réalise le plus gros chiffre d’affaires de l’entreprise. Seulement voilà : il n’a pas l’intention de se mettre à vendre des canapés, comme le voudrait la direction. À elle de le mettre à la porte, en dépit de ses états de service… Après 'Retour aux mots sauvages', Thierry Beinstingel continue son exploration du monde du travail et sa critique de la société marchande dans ce roman qui commence comme un face-à-face (la jeune contre le vieux) et s’achève main dans la main (ensemble contre le système). À priori, les deux personnages sont deux incarnations d’un type social : la jeune cadre aux dents longues, le vieux routier au caractère d’ours. Mais au fil des pages, Beinstingel les rend plus complexes et révèle les failles : la solitude pour elle, l’absence d’un père et la sensation d’isolement (elle a acheté un 3 pièces dans un ensemble immobilier tout neuf, au milieu de nulle part) ; pour lui, le sentiment d’avoir gâché sa vie sur les routes, l’envie de tout plaquer et l’impression de vivre dans un monde irréel. Parfois, il descend de voiture pour toucher le macadam, histoire de s’assurer que tout est bien vrai, et il se récite des vers de Rimbaud, son idole, VRP comme lui… La chute est peut-être un peu simpliste, mais Beinstingel rend ses personnages très attachants (alors même qu’ils n’ont pas de nom et qu’ils devraient être humainement vides, conformément à la logique marchande). Surtout, il dépeint magnifiquement la France des zones commerciales, ce paysage partout répété de ronds-points et de panneaux criards, idéal aseptisé du système consumériste. Les allusions à Hannah Arendt renforcent la dimension « politique » de ce livre d’époque très réussi, satire mélancolique de notre « fuite vers la consommation pour combler le vide de nos vies ».
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09/03/2013 11h55 Ce samedi matin monsieur Caron était en entretien sur une station radio nationale Belge"La première",les animateurs Carlos et...
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