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27/08/2008 12h00 Les avis sont partagés sur les artistes français. Festivalier, j'ai eu beaucoup de mal avec le melting pot spécial anniversaire. Beaucoup d'esbrouffe à mon goût. Dommage que l'article ne fasse pas de place aux découvertes. Plusieurs concerts de groupes en devenir m'ont paru très intéressants. Pour moi, la palme revient à des Français : Yules. Ils ont produit une pop/folk très envoutante. Je suis, depuis, allé chercher leur cd et il est super.
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EUROCKEENNES DE BELFORT 2008 Record battu !
Mélissa Rivet pour Evene.frPhotographies (c) Rémy Pellissier - Juillet 2008 - Le 23/07/2008
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C'est plutôt discrètement que les Eurockéennes ont préparé leur vingt ans. Une volonté des organisateurs qui souhaitaient faire de cet anniversaire une édition traditionnelle. Cet événement majeur de l'été a au final été largement célébré par les festivaliers. Avec un record absolu d'affluence, plus de 100.000 personnes, le festival a eu droit à la plus belle des récompenses : la reconnaissance du public.
Au cours de toutes ces années d'existence, le festival s'est construit une marque de fabrique, un style aux différents visages, dont l'écologie fait partie. Tout mastodonte qu'il est, le festival reste tout de même attaché à son site, la presqu'île du Malsaucy, et tient à le protéger. Tri sélectif et gobelets consignés ont démontré la bonne volonté des organisateurs. Mais ceux-ci n'avaient malheureusement pas paré à toutes les éventualités. Entre des poubelles trop petites et peu nombreuses et des annonceurs qui ont distribué des gadgets en plastique à tout va, les beaux efforts ont été quasi annihilés. Pour son cadeau d'anniversaire, la nature repassera.
Cocorico aux Eurocks
La chanson française et le festival ont toujours fait bon ménage, notamment grâce aux créations originales. Cette année, la lumière ne se porte pas sur un seul artiste comme à l'accoutumée. L'affiche se veut spectaculaire. La crème de la chanson francophone se réunit autour d'un hommage au patrimoine rock, nommé 'La Bande originale'. Dirigés par Vincent Segal, Cyril Atef, Sébastien Martel et DJ Shalom, les duos se succèdent autour de chansons rarement populaires avec un résultat plus ou moins fructueux. Un sentiment de joyeux bazar et de répétitions à la va-vite, tout de même couronné par une bonne humeur communicative et quelques belles associations : Nosfell et Didier Wampas, pour une surprenante reprise de 'I Was Made for Loving You' de Kiss, ensuite rejoint par Daniel Darc pour 'Redemption Song' de Bob Marley, et le final collectif sur 'Higher' de Sly and the Family Stone.
En plus de cette création, une ribambelle d'artistes francophones ponctue l'affiche tout le week-end. Chargée d'ouvrir le bal, la jeune rappeuse Keny Arkana remplit la case "revendications politiques". Elle propose de "nettoyer l'Elysée au karcher", une idée acclamée par de nombreux festivaliers. Avec la fougue de son flow et de sa jeunesse, elle parvient à réveiller les esprits. Les corps, eux, profitent déjà du bronzage. Quelques minutes après, Arno tente de réaliser une mission impossible sous le chapiteau : donner un concert... Court-circuités par des problèmes techniques, les trois-quarts de sa prestation tombent à l'eau. Il parvient malgré tout à présenter quelques-unes des reprises anglaises de son dernier disque, méconnaissables, emballées par son timbre rauque. Un autre habitué, Daniel Darc, parcourt la scène de sa démarche déglinguée. Chef d'orchestre pour l'occasion, il dirige les musiciens d'Asyl qui accompagnent son phrasé gainsbourien. La prestation s'achève en un crescendo rock enlevé par les solos du violoncelliste Pierre le Bourgeois.
Les Eurocks font aussi une place à la relève de ces vieux routards, et parient sur le renouveau de la chanson. Pour cette édition, la mise était d'abord placée sur Camille. Enroulée dans un poncho orange, la jeune femme et ses acolytes utilisent toutes les techniques possibles pour créer une musique conceptuelle, amalgame de petits bruitages farfelus. Claquements de doigts, human beatbox et froissements de draps se glissent sous la voix puissante de la chanteuse. Plus bluesy, la famille Moriarty remporte tous les suffrages. Bien qu'intimiste, leur univers s'adapte à l'ampleur du chapiteau, le charisme et la voix de Rosemary y étant pour beaucoup. Cette magie ne fonctionne pas pour tout le monde. La plastique de la chanteuse de The Do a beau laisser bouche bée tous les garçons, la transposition de leurs morceaux sur scène tombe à plat. Epurés, les arrangements perdent de leur saveur et leur rap 'Queen Dot Kong' tourne à la ballade pop, fade et décevante.

Danse les Eurocks !
L'autre mission incontournable des Eurocks, c'est de faire danser les festivaliers. Une nouvelle fois, cette année, il y en a eu pour tous les déhanchements. Flash-back dans les années 1960 et le son de la Motown avec Sharon Jones et ses Dap Kings. Costards et robe à franges, show calibré à la seconde près, l'ambiance est bouillante lorsque la diva invite tour à tour deux jeunes festivaliers sur scène pour une ballade langoureuse. Plus actuels et pailletés, les Gnarls Barkley remportent un succès équivalent. Les spectateurs se dandinent d'abord timidement pour ensuite se déchaîner sur le tube de l'été dernier, 'Crazy'. Cependant, la palme du "dancefloor" le plus brûlant revient sans conteste à Moby. Remisées au second plan, ses vagues électros atmosphériques. Place à un gros son rebattu et commercial, qui secoue frénétiquement les derniers festivaliers et leurs tympans lors du dernier concert du festival dimanche soir.
Programmée au même moment, la noirceur d'Ez3kiel n'attire pas les foules. L'ambiance est pourtant idyllique : la lune, le lac, le sable et la fraîcheur du soir forment un décor parfait pour les tintements et les basses profondes des morceaux très cinématographiques des Français. Electro sombre et accessible, le mariage est aussi réussi par les Anglais de Massive Attack. Le soleil se couche sur leur set froid, mais conduit de main de maître. Au milieu de leurs titres aux rythmes hypnotiques, le coeur des festivaliers bat fort sur le superbe 'Teardrop' . La prestation de Sébastien Tellier aurait pu être tout aussi réussie si le chanteur ne s'était pas noyé dans l'alcool. Son démon incontrôlable découvert à l'Eurovision sort de sa boîte. Absurdités et insultes ponctuent des plages instrumentales brouillonnes et interminables. Même sa jolie 'Ritournelle' devient soporifique.
Eurock'n'roll
Comme leur nom l'indique, les Eurockéennes restent fidèles à leur premier amour : le rock. Fidélité également à certains groupes qui ont marqué l'histoire de ce style, à différents niveaux. Ainsi, le chemin de la programmation 2008 a croisé celui d'anciennes gloires toujours bien accrochées dans le coeur des festivaliers. Des hurlements gutturaux résonnent dès les premières notes de 'Roots Bloody Roots'. La Cavalera Conspiracy, les frères Max et Igor aux commandes, ressuscitent l'aventure Sepultura à la grande joie des métalleux de tous les âges. L'expérience familiale s'étend même à Cavalera fils. Le garçon d'une douzaine d'années s'installe à la batterie le temps d'un morceau, et fait preuve d'une puissance de frappe et d'un talent très prometteur. Nostalgie toujours avec The Offspring, qui n'a pas changé d'un poil. Pogotant la larme à l'oeil, les festivaliers s'en donnent à coeur joie sur les tubes fédérateurs 'Come Out and Play' ou 'Pretty Fly'. L'ambiance retombe comme un soufflé sur leurs récentes compositions. Leur recette pop-punk éculée est désormais périmée. Au contraire, la figure indé Nick Cave émerveille le festival de sa classe. Venu avec sa nouvelle formation, Grinderman, le dandy australien envoûte le parterre regrettablement clairsemé de la grande scène avec un son plus brut que sur disque. Possédé par ses paroles, le chanteur raconte des histoires qui font vibrer sa grande silhouette.
Tendances... et mets tes baskets !
Les Eurocks suivent aussi les tendances. Elles vont chercher les groupes qui "font le buzz" et qui attirent les festivaliers. Ou plutôt les festivalières, fans de Pete Doherty et de ses Babyshambles notamment. Un décalage énorme règne entre l'hystérie du public et le talent des musiciens : cafouillis sonore, mélodies galvaudées, chant approximatif. Le bilan musical n'est pas brillant, mais la seule présence du messie Doherty ravit le public. Après les groupies à chapeaux noirs, celles à bandeaux à fleurs. Les deux MGMT prennent le relais, accompagnés de trois musiciens. Malgré ce renfort, les compositions perdent de leur superbe, penchant plus du côté rock que des synthétiseurs. Mais peu importe le son, la bande de néo-hippies prouve qu'ils ont une foule de bonnes chansons, et leur heure de set passe à vitesse grand V. Une tornade débarque en fin de soirée avec The Gossip, le groupe de la volcanique Beth Ditto. Celle-ci maintient tout le monde en pleine forme, pile électrique à la voix tonitruante. Dotée d'une confiance à toute épreuve, elle se déchaîne, moulée dans une combinaison noire, dont ses formes dépassent allègrement. Elle revient en sous-vêtements pour le rappel et se jette dans le public pour une longue traversée. La diva Ditto rend la vie des vigiles infernale, mais un baiser sur leurs joues arrange tout sur les dernières mesures de 'Standing in the Way of Control'.
Les lumières s'éteignent sur la chanteuse qui psalmodie : "What Do We Want ? We Want Peace, We Want it Now". Une requête presque exaucée. Excepté quelques événements marginaux, les Eurockéennes sont un week-end de trêve, trois jours exceptionnels durant lesquels 100.000 personnes s'enferment dans une bulle de verdure et de musique depuis vingt ans déjà.
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11/02/2012 08h50 geniale! j'aimeeeeee
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