-
Pop-rock
Rachida Brakni
-
Electro, musique nouvelle
Le Voyage Dans La Lune
-
Pop-rock
Django Django
-
Pop-rock
Born to die
-
Pop-rock
Fold it ! mold it !
-
World et reggae
Area 52
-
Chanson
Second Tour
-
Jazz, soul, funk
Lioness : Hidden Treasures
-
Jazz, soul, funk
Love Revolution
LES EUROCKEENNES 2007 Eclectisme à l’affiche
Anne Yven et Rémy Pellissier pour Evene.fr - Juillet 2007 - Le 13/07/2007
Pour la 19e année consécutive, l’un des plus grands festivals estivaux se déroule le premier week-end de juillet. Au confluent des styles, les Eurocks parviennent encore une fois à tirer leur épingle du jeu en proposant cet été moins de grosses têtes d’affiche, mais plutôt une programmation diversifiée et de qualité, tournée vers le futur. Retour sur un très bon cru 2007.
Petit rappel "historock"…
Tout commence il y a une éternité, en l’an de grâce 1989, lorsque 10.000 spectateurs assistent sur la presqu’île du Malsaucy à la première édition de ce qui va devenir l’une des manifestations musicales incontournables de l’été en France. Le site est enchanteur, à quelques kilomètres de Belfort, en pleine campagne, entre lac et montagne. En 1991, c’est le premier véritable succès public avec 60.000 entrées. En 1992, les "mégastars" Lou Reed et Bob Dylan créent l’événement. On atteint 86.000 spectateurs en 1995 avec Cure et Oasis à l’affiche. Puis David Bowie, les Smashing Pumpkins, Iggy Pop, Metallica et Muse enchantent le public les années suivantes. En 2001, les intempéries sont de la partie et le premier soir est annulé pour cause de tempête. Un fait assez récurrent tout au long de l'histoire du festival, marquée par les caprices du ciel, pas forcément amateur de bonne musique... Enfin, le record d'affluence est battu en 2006, avec 100.000 entrées en trois jours, et Depeche Mode en tête d’affiche. Presque 20 ans de boue, de stars et de rock'n'roll…
Le pari du Malsaucy
Comme chaque année (ou presque), les nuages menacent au moment de l’ouverture des portes. Heureusement, l’opiniâtreté des festivaliers arrivés jusqu’à cet écrin de verdure belfortain est à toute épreuve, et l’on compte sur la venue d’environ 75.000 personnes sur la presqu’île. Sur ce site naturel protégé et géré par le conseil général, on annonce la couleur un peu partout : "Attention site protégé", "Ici on trie"… Tous ces écriteaux à vocation écologique rappellent aux festivaliers qui déambuleront pendant 3 jours dans cet endroit superbe qu’ils doivent en prendre soin ! Mais peut-on vraiment empêcher des dizaines de milliers de personnes de mettre à mal l’écosystème de cet espace naturel ? Question épineuse… L'autre problème posé par le choix de ce site est la distance avec la ville de Belfort. Pour faire la navette, des trains sont donc réquisitionnés… en nombre insuffisant pour permettre le retour au bercail de milliers de festivaliers. Au point que les mouvements de la foule empressée auront causé de belles frayeurs à nos amis habillés de bleu, venus réguler le flot d'impatients dans la nuit de vendredi à samedi.
"V.S.D." aux Eurockéeennes : Véritables Sensations et Déconvenues
Vendredi, sur un site à peine stabilisé après de récentes intempéries, les premières grosses têtes d’affiche et les nouvelles sensations très attendues ont pour mission de faire oublier la boue. En fin d’après-midi commence le concert du mythique Wu-Tang Clan, presque entièrement reformé pour l’occasion. La grande scène prend des allures de trampoline, et le public n’est plus qu’une masse gigantesque de doigts pointés en W. Le public scande "We love Wu-Tang". Si le show peine à se renouveler, le son cogne fort et transporte un public ravi d’assister à cet événement. Puis Amy Winehouse et son groupe investissent le chapiteau en début de soirée. Ils nous servent une soul feutrée et colorée à souhait, directement débarquée de la fin des années 1960, qui fonctionne comme une "machine à réchauffer le temps", en cette fraîche soirée d’été. Un show presque (trop ?) parfait (instruments rutilants et choristes en costumes noirs), pimenté par la voix éraillée et le style débraillé de la lady. A la nuit tombée vient le tour d’une autre star pour faire bouillonner la prairie du Malsaucy dans un halo rouge sang : Marilyn Manson fait son entrée dans une atmosphère pesante au son d’un orgue dissonant, à la lumière des bougies factices posées sur d'énormes candélabres. Un décor à l’esthétique gothique caricaturale… Heureusement, l'artiste tant attendu nous livre un show complet : mise en scène soignée, contorsions et chants d’outre-tombe. Le maléfique agitateur de l’Amérique conservatrice s’offre même un changement de tenue pour un rappel explosif : fumée, jet de confettis argentés et douche de lumière qui met en valeur un costume immaculé. Puis le son retombe dans un maelström de larsen final. Pour clore la soirée, les festivaliers viennent se déhancher au son du dernier duo électro parisien à la mode et au nom pompeux. Justice nous délivre un show somme toute assez prévisible et loin de la révolution musicale annoncée, bien que d'une efficacité redoutable.
Un samedi radieux attend les festivaliers et l’après-midi prend enfin des airs d’été sur la presqu’île où, après la relative déception du vendredi, on attend avec impatience les prestations des têtes d’affiche du jour, nombreuses et emblématiques de tous les styles musicaux présents cette année. Vers 17h, c’est le hip-hop du rugissant Joey Starr qui vient faire vibrer la prairie. Le plus international des groupes français, Phoenix, semble vouloir vraiment profiter d’une de ses seules dates hexagonales de l'été et joue sans retenue avec le public. Le concert est plus rock que ce qu'on pouvait espérer d'un groupe parfois jugé mou et trop pop. Le final morcelé voit revenir Thomas Mars, le chanteur, à deux reprises. Il prend un bain de foule dans les premiers rangs d'un public conquis. Les dandys suédois survoltés de The Hives, tout de noir et blanc vêtus, enchaînent ensuite sur la grande scène, avec une scénographie impeccable, un chanteur charismatique en diable et un rock survitaminé imparable. La charmante Olivia Ruiz poursuit avec nombre d'invités de marque : le public redécouvre les titres de la chanteuse au sang "chaud-colat", interprétés en duo avec le bouillant Mathias Malzieu des Dionysos, Christian Olivier des Têtes raides, Philippe Prohom et Adrienne Pauly pour une réinterprétation de 'Marcia Baila' terriblement sensuelle. Ce n’est qu’en guise de rappel que le public la découvre plus vulnérable, seule en scène, entonner ses tubes radiophoniques. Plus tard, les Queens of the Stone Age, dignes inventeurs du son "stoner" et forts d’une reconnaissance amplement méritée, viennent nous livrer un set puissant en forme de "best of". Les chansons de QOTSA, plus efficaces les unes que les autres révèlent leur potentiel au fil de riffs rageurs et répétitifs. Le charisme du chanteur Josh Homme et l'énergie de Joey Castillo, batteur survolté et "surtatoué", font merveille. Enfin, à l'heure à laquelle les grenouilles du lac de Malsaucy vont se coucher, le show électro-groove redoutable de Digitalism transforme le chapiteau en un dancefloor hédoniste, et empêche nos chers batraciens de s'endormir en paix…
Dimanche vers 16 heures, le groupe hardcore Sick of it All démarre en trombe et se charge de réveiller les rainettes qui avaient l’intention de profiter d’une sieste au soleil : il reste un après-midi et une belle soirée prometteuses. On rechausse les bottes et les bouchons d’oreilles, et on se laisse transporter au gré des scènes, des humeurs et des ambiances… On poursuit avec les Klaxons, qui n’ont pas volé leur réputation de "groupe de scène". Ces trois trublions, nouveaux ambassadeurs du rock outre-Manche, nous livrent un set furieusement dansant. Ensuite, sur la Grande Scène face au soleil couchant, on attend l’impressionnante formation The Good, the Bad and the Queen : Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Paul Simonon (The Clash), Simon Tong (The Verve) et Tony Allen (batteur de Fela Kuti notamment). Leur formation et leur album ont constitué l’un des événements de l’année. Ces pointures parviennent sur scène vêtus de noir, chapeaux haut de forme sur le chef, et entament un show très carré, sur une scène parée aux couleurs d'un Londres suranné. Leur rock mélodique est soutenu par des instruments acoustiques, qui nous offrent quelques envolées lyriques du meilleur effet. Un concert d'une élégance rare, bien que manquant légèrement de fougue et d’ardeur. Côté électro, la scène de la Loggia nous réserve ce soir des moments d’une incroyable intensité. Le barman Laurent Garnier nous a notamment préparé un cocktail électro-jazz aux petits oignons : une scénographie irréprochable, de longues plages planantes entre deux envols dansants et un accompagnement coloré de cuivres très appréciable. Tout simplement l’un des sets les plus riches auxquels nous avons assisté lors de cette édition… Plus tard, sur la même scène, la sensation vient de Belgique. Il s’agit cette fois de Goose, qui nous embarque dans une tornade électro-rock. Le public déchaîné se plie sans broncher au tempo choisi par ces furieux maestros ! Le festival finit en apothéose avec la prestation fastueuse, baroque et lyrique, des Canadiens d’Arcade Fire. Très attendus, ils honorent parfaitement leur réputation de groupe scénique. Leurs chansons, parfois presque expérimentales, prennent une dimension inouïe sous la pluie battante de cet ultime concert du festival. Certains musiciens passent allègrement d’un instrument à un autre en faisant preuve d’une incroyable virtuosité. Le public hypnotisé se laisse emporter par la liesse communicative du groupe, car tout le monde est décidé à profiter de ces derniers instants de bonheur dans le pré du Malsaucy. Un bien beau final pour un festival très réussi. Tout le monde rentre trempé mais heureux, et se donne rendez-vous… "Vivement les Eurocks 2008 !"
vos commentaires
Pour aller plus loin
Articles & dossiers associés
-
INTERVIEW DES QUEENS OF THE STONE AGE
La force tranquilleVéritable tornade de rythmes et de riffs entêtants, l’album ‘Era Vulgaris’, sorti en juin 2007, se pose aujourd’hui en digne successeur de ‘Lullabies to Paralyse’. Le dernier album des...
Plus sur INTERVIEW DES QUEENS OF THE STONE AGE
-
INTERVIEW D'ABD AL MALIK
Aède moderneAbd al Malik, rappeur du réel, adepte du soufisme, laisse à nouveau couler son flow clairvoyant pour éclairer les âmes. Après Camille en 2005, c’est à lui que revient le prix Constantin...
Plus sur INTERVIEW D'ABD AL MALIK
-
INTERVIEW DE MAXÏMO PARK
En taxi avec Paul SmithDeux ans après le remarqué ‘A Certain Trigger’, un demi-million d’albums vendus tout de même, les Anglais de Maxïmo Park reviennent avec un second album fruit d’une belle évolution, ‘Our...
Plus sur INTERVIEW DE MAXÏMO PARK
-
INTERVIEW D’ARCADE FIRE
Le succès en toute simplicitéArcade Fire est LE groupe dont tout le monde parle. Un premier album aux critiques dithyrambiques et une tournée à guichets fermés auront suffi à en faire une référence sur la scène rock...
Plus sur INTERVIEW D’ARCADE FIRE
-
INTERVIEW DE THE GOOD THE BAD AND THE QUEEN
L’appel de Londres‘London Calling’. Titre d’un mythique album des Clash évidemment, avec un Simonon briseur de basse, mais aussi sujet du nouvel album d’un nouveau groupe : The Good, the Bad...
Plus sur INTERVIEW DE THE GOOD THE BAD AND THE QUEEN
-
INTERVIEW DES RITA MITSOUKO
Les Rita à la sauce anglaise1987, les peintures de la Cigale n’avaient pas encore fini de sécher que le duo Rita Mitsouko en arpentait déjà la scène. Le 23 avril 2007, Catherine Ringer et Fred Chichin y étaient à...
Plus sur INTERVIEW DES RITA MITSOUKO
-
INTERVIEW DE PHOENIX
Retour au bercailPhoenix est un groupe rare. Chacun de leur passage dans l'Hexagone est un événement. Leurs concerts estivaux dans les festivals n'échappent pas à la règle, et ils défendent actuellement...
Plus sur INTERVIEW DE PHOENIX
-
INTERVIEW DE TRYO
12 ans sur la "roots"Après une pause salvatrice consacrée à leurs différents projets personnels, les quatre mousquetaires de Tryo repartent sur les scènes de France pour le plus grand plaisir d’une audience...
Plus sur INTERVIEW DE TRYO
-
EUROCKEENNES DE BELFORT 2008
Record battu !C'est plutôt discrètement que les Eurockéennes ont préparé leur vingt ans. Une volonté des organisateurs qui souhaitaient faire de cet anniversaire une édition traditionnelle. Cet...
Plus sur EUROCKEENNES DE BELFORT 2008« EUROCKEENNES DE BELFORT 2008 »
1 personne a déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez1
Les événements associés
Festivals de musique
Les Eurockéennes 2008
Du 4 au 6 juillet 2008, le festival des Eurockéennes de Belfort célèbre sa vingtième édition. Une nouvelle fois, le festival porte haut les couleurs du rock et de ses affluents au travers...
Plus sur Les Eurockéennes 2008 Réservez vos places sur fnac.com
Festivals de musique
Les Eurockéennes 2007
Les Eurockéennes de Belfort tiennent toujours incontestablement le haut de l'affiche des festivals français et proposent cette année encore une programmation des plus alléchantes. La...
Plus sur Les Eurockéennes 2007 Réservez vos places sur fnac.comfil culture
-
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez16/02 Et le prix Landerneau est ? -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez16/02 Lana Del Rey, disque de platine -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez16/02 Quoi de neuf ? Hitchcock -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez15/02 Dix mots pour fêter la langue...
nouveautés
les Avis des membres
-
11/02/2012 08h50 geniale! j'aimeeeeee
Voir tous les avis
VOUS AIMEZ
-
Pop-rock
01.Django Django
-
Pop-rock
02.Rachida Brakni
-
Electro, musique nouvelle
03.Le Voyage Dans La Lune
-
Pop-rock
04.Born to die
-
Pop-rock
05.Fold it ! mold it !
-
Pop-rock
01.Django Django
-
Chanson
02.Second Tour
-
Pop-rock
03.Born to die
-
Pop-rock
04.Fold it ! mold it !
-
World et reggae
05.Area 52








Pop-rock
01.Rachida Brakni
Electro, musique nouvelle
02.Le Voyage Dans La Lune
Pop-rock
03.Django Django
Pop-rock
04.Born to die
Pop-rock
05.Fold it ! mold it !