-
10/12/2008 12h00 Je crois que les artistes devront travailler plus fort sur les spectacles, c'est certain, ils devraient mettre plus de chansons sur leurs albums, inclure les chansons pas endisquées et faire une collection complète d'un ensemble de tous leurs albums réunis, rajouter plus de bonus dans leur CD (poster, vidéoclips, en faire le plus possible pour se faire reconnaître plus après de la part du public... que les titres de leurs chansons soient affichés quand on fait jouer leur CD dans un système de son qu'il soit en format mp3 pour les Ipods même s'ils sont vendus en magasins.
- Vous aussi donnez votre avis
L'INDUSTRIE MUSICALE Crise ou révolution ?
Mathieu Menossi pour Evene.fr - Octobre 2008 - Le 07/10/2008
« L'INDUSTRIE MUSICALE »
3 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez
Ventes de disques en chute libre, labels rachetés, artistes autoproduits. L'ère du numérique a profondément bousculé les habitudes d'une industrie que l'on croyait verrouillée. A la croisée des chemins entre innovation technologique et nouveaux modèles économiques, maisons de disques et artistes tentent de s'harmoniser. Etat des lieux et perspectives de l'industrie musicale.
Avant même le cinéma ou la télévision, la musique est la première des industries culturelles à avoir subi de profonds bouleversements structurels. Le déferlement de nouvelles technologies (Internet, baladeurs numériques, opérateurs téléphoniques, plate-forme d'écoute gratuite en streaming (1)) et les habitudes de gratuité chez les consommateurs mènent aujourd'hui à une véritable redéfinition des rapports entre les différents acteurs d'un secteur resté jusque-là très cloisonné. Les maisons de disques ont-elles toujours leurs raisons d'être ? Qu'en est-il de l'avenir des labels indépendants au sein de cette nouvelle économie ? Le salut de l'artiste passera-t-il par la scène ? Autant de sujets de débats derrière lesquels se dessine un enjeu autrement plus important : la diversité culturelle.
La crise du disque, entre ombres et lumières
Les années se suivent et se ressemblent. Depuis 1999, les ventes de CD ne cessent de diminuer : une chute de près de 17 % en 2007 en France et de 15 % aux Etats-Unis. Depuis 2002, le marché du disque a perdu près de 40 % de sa valeur (2). Premier responsable stigmatisé par les maisons de disques : le téléchargement illégal. Pourtant, si certaines s'acharnent à multiplier les attaques en justice envers les utilisateurs de logiciels d'échanges de fichiers (ou peer to peer), plusieurs associations d'artistes et de consommateurs contredisent cette analyse qu'ils jugent bien trop simpliste. Sur les 17 % de pertes, à peine deux ou trois points seraient imputables aux téléchargements frauduleux sur Internet.
Pour Patrick Zelnik, PDG et fondateur du label indépendant Naïve, "[La crise] trouve également sa source dans la banalisation du disque compact qui a perdu, dans les dernières années, une grande partie de son pouvoir de séduction" (3) : un support vieillissant, des prix excessifs, des contenus médiocres et surtout la concurrence du Net qui a engendré une véritable dématérialisation de la musique. La politique du "tout-répressif" prônée par certains politiques ou certaines des grosses huiles de l'industrie du disque s'avérerait donc vaine et illusoire. Une façon de dissimuler les déficiences des structures de production actuelles de plus en plus vétustes et leur incapacité à s'adapter à la nouvelle donne qu'impose l'ère du numérique.
"Oligopole à franges concurrentielles"
Depuis une vingtaine d'années, l'industrie – culturelle - du disque serait devenue plus industrielle que culturelle. "Sur 3.000 disques sortis en 2001, explique Philippe Le Guern, sociologue des médias et musiciens, environ trente ont figuré sur les play-lists des radios, dix ont réalisé 80 % du marché et 90 % des ventes ont été générées par la publicité audiovisuelle" (4). Selon le rapport 2005 de l'Observatoire de la musique, 2,8 % des titres représentent 76,2 % des diffusions en radio ! Des chiffres qui témoignent de la réduction de l'offre et d'une dangereuse uniformisation de la création. Artistes, producteurs, diffuseurs, auditeurs. Tous font aujourd'hui les frais d'une industrie musicale cadenassée par les quatre grandes majors. Universal music, EMI, Warner music et Sony-BMG : le puissant quatuor truste à lui seul plus de 75 % du marché mondial. Un phénomène de concentration qui s'accompagne des inévitables vagues de licenciements et d'une réduction des catalogues distribués.
Tout miser sur le marketing ne favorisera certainement pas la création mais constituera au contraire une réelle menace pour la diversité culturelle. Philippe Le Guern parle de "modèle oligopole à franges concurrentielles". Entendez par "franges" cette myriade de labels indépendants qui s'agitent autour des quatre puissants. Tels des d'éclaireurs, leur quotidien consiste à faire le travail de défrichage artistique et de découverte que les majors n'assument plus. Une occupation du terrain entièrement prise en charge par ces petites structures de production qui n'ont pourtant pas les capacités économiques de distribuer et de faire tourner des artistes à grande échelle. Mais pendant que les "petits" explorent, les "gros" guettent la courbe des meilleurs ventes, prêts à bondir sur le prochain Christophe Maé. Certains artistes tentent de se repositionner au coeur de cette économie dont ils se trouvent peu à peu dépossédés. En octobre dernier, 'In Rainbows' de Radiohead était diffusé exclusivement via le Net. 'Planet Earth' de Prince, distribué gratuitement avec le tabloïd britannique 'Mail on Sunday'. Autant d'exemples d'artistes, certes bien établis, mais qui, en s'attaquant de front à ses rouages, stigmatisent les failles d'un système devenu obsolète. Un choix de rupture rendu possible par l'explosion des nouveaux médias et à laquelle aspirent de plus en plus d'artistes désireux d'imposer à leurs maisons de disques leur propre conception de l'industrie musicale.
(1) La "lecture en continue" permet la lecture d'un flux audio ou video à mesure qu'il est diffusé, à l'inverse de la diffusion par téléchargement.
(2) Source : Syndicat national de l'édition phonographique.
(3) Trois Couleurs, le magazine distribué par Mk2, décembre 2007-janvier 2008, p. 68.
(4) "Présentation", Philippe Le Guern, in Réseaux 2003/1, n° 117, p. 9-44.
vos commentaires
-
10/11/2008 12h00 Un très grand merci à cet article de fond qui comble les vides laissés face à la question : Pourquoi les trois glorieuses revues de la musique classique musèlent à elles seules, un tel pourcentage de la vente des CD classiques : elles sont de toute évidence parrainées par les majors qui sont très bien décrits dans l'article où l'industrie musicale pleure sur son sort en attendant une révolution... "Appono Astos"comme disent les étoiles...
- Vous aussi donnez votre avis
-
11/10/2008 12h00 La diversité culturelle peut enfin s'exprimer pleinement. Les majors ne produisent quasiment plus que des artistes formatés et misent vraiment tout sur la communication et le marketing, alors qu'à l'heure d'internet, peut-être voulons-nous quelque chose de plus intime, une vraie création. La recherche, la production et la diffusion, voilà ce qui importe. 2,8 % des titres représentant 76 % des diffusions en radio, c'est malheureux. Il pourrait y avoir tant de radios <i>indé</i>, nous offrant une diversité musicale ; des découvreurs, je ne vois que des censeurs, des maisons comme Naïve, Harmonia Mundi et des plus petites, peuvent vraiment nous redonner envie d'acheter. Les disquaires doivent refaire leur travail, les revendeurs, autres que ceux qui réduisent leurs fonds spé, ont l'opportunité de refaire venir les consommateurs. Tant d'artistes rêvent d'être dans leurs rayons, bien sûr le support change, l'avenir n'est peut-être pas dans le support matérialisé, les radios ont un rôle à jouer, peut-être doivent-elles se recentrer sur des créations musicales plus libres, non préfabriquées, des radios comme Nova, proposant des schémas d'écoute différents de ce qui se fait actuellement. Une meilleure répartition des coûts et des bénéfices est peut-être nécessaire et c'est cela qui actuellement bloque. Un cycle se finit, place aux artistes.
- Vous aussi donnez votre avis
Pour aller plus loin
Articles & dossiers associés
-
INTERVIEW DE FRANCIS ZEGUT
Surf musiqueFrancis Zégut n'est pas seulement l'inventeur d'expressions aussi colorées que "Préparez vos cages à miel, bande de petits graisseux !" Avec l'émission 'Plug-in', diffusée dès la fin des...
Plus sur INTERVIEW DE FRANCIS ZEGUT
-
INTERVIEW DE JEAN-LOUIS MURAT
Artisan autodidacteAprès la sortie de son album 'Tristan' en mars 2008, Jean-Louis Murat repart sur les routes seul avec sa guitare pour une tournée de deux mois en France, avant de revenir à la Cigale de...
Plus sur INTERVIEW DE JEAN-LOUIS MURAT
-
RETROSPECTIVE 2008
Une année culturelleEcouter, regarder, découvrir. Toute l'année, la rédaction d'Evene s'est engagée aux côtés de la création pour mieux rendre compte de sa diversité. A travers nos entretiens, nos dossiers,...
Plus sur RETROSPECTIVE 2008
-
ART ET INTERNET
La guerre des mondesBien qu'une poignée de riches collectionneurs et d'artistes "starifiés" vivent encore dans un autre monde, le marché de l'art n'est plus aussi hermétique qu'autrefois. Et si certains...
Plus sur ART ET INTERNET« ART ET INTERNET »
7 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez7
-
RETROSPECTIVE 2009
Une année culturelleCertains célèbrent déjà la première décennie du troisième millénaire. Mais il faudra attendre décembre 2010 pour tirer ce bilan... Si, si. On vous laisse compter, le temps d'un retour sur...
Plus sur RETROSPECTIVE 2009« RETROSPECTIVE 2009 »
1 personne a déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez1
-
LA LOI CREATION ET INTERNET : HADOPI
La nouveauté périméeAvec le vote de la loi Création et Internet advient une ère nouvelle et paradoxalement déjà obsolète dans la lutte contre le piratage. Amorcée, avortée, adoptée puis censurée par le...
Plus sur LA LOI CREATION ET INTERNET : HADOPI« LA LOI CREATION ET INTERNET : HADOPI »
3 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez3
-
INTERVIEW DE JULIETTE
Des sons & des sensLoin des autoroutes télévisuelles et des boulevards de la FM, Juliette continue de pousser la chansonnette comme bon lui semble. Fougueuse diva à l'exubérance militante, elle arpente les...
Plus sur INTERVIEW DE JULIETTE
-
LE MARCHE DU VINYLE
Un sillon à creuser ?La crise du disque porte mal son nom, il s'agit plutôt d'une crise du CD. Si les ventes de ce petit support apparu il y a 25 ans n'en finissent plus de baisser, son grand frère le vinyle...
Plus sur LE MARCHE DU VINYLE« LE MARCHE DU VINYLE »
2 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez2
-
50 ANS DE MADONNA, PRINCE ET MICHAEL JACKSON
Rester dans la lumièreIl est le roi de la pop, elle en est la reine, et le dernier - qui n'a rien d'un héritier - en est le prince. Michael Jackson, Madonna et Prince : trois stars planétaires célèbrent en 2008...
Plus sur 50 ANS DE MADONNA, PRINCE ET MICHAEL JACKSON« 50 ANS DE MADONNA, PRINCE ET MICHAEL JACKSON »
1 personne a déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez1
Les lieux associés
Salles de spectacle
Olympia
Paris
C'est en 1893 que les Parisiens voient la destruction de montagnes russes, et la construction d'un music-hall. En référence à la demeure mythologique des dieux grecs, le lieu est baptisé...
- Plus sur Olympia
Les stars & célébrités associées
-
Radiohead
Groupe de rock anglaisEn 1987, Thom Yorke, Phil Selway, Ed O'Brien, Colin et Johnny Greenwood fondent à Oxford le groupe On a Friday. Six ans plus tard, la formation lui préfère le nom de Radiohead. Bâtissant sa...
- Plus sur Radiohead
-
Prince
Chanteur et musicien américainNé à Minneapolis, Minnesota Né le 7 Juin 1958C’est à l’âge de 13 ans que Prince s’ouvre à la musique, alors que ses parents divorcent et que la future star s'installe chez un ami, avec qui il fonde un premier groupe baptisé Champagne...
- Plus sur Prince
« Prince »
3 personnes ont déjà commenté cet article
Voir les commentairesVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez3
-
Pascal Nègre
PDG françaisNé à Saint-Germain-en-Laye Né le 4 Août 1961Actuel président-directeur général d’Universal Music France et président du Syndicat national de l’édition phonographique, Pascal Nègre a débuté sa carrière comme animateur d’une radio...
- Plus sur Pascal Nègre
fil culture
-
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez10/02 Le Salon du Livre protège ses... -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez10/02 Les Folies très Yé-Yé -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez10/02 Les Molières menacés -
Vous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez10/02 Samedi littéraire au Lutetia
nouveautés
-
Pop-rock
Django Django
-
Pop-rock
Born to die
-
Pop-rock
Fold it ! mold it !
-
World et reggae
Area 52
-
Chanson
Second Tour
-
Jazz, soul, funk
Lioness : Hidden Treasures
-
Jazz, soul, funk
Love Revolution
-
Jazz, soul, funk
Rio
-
Chanson
L'homme à tête de chou
les Avis des membres
VOUS AIMEZ
-
Pop-rock
01.Django Django
-
Pop-rock
02.Born to die
-
Pop-rock
03.Fold it ! mold it !
-
World et reggae
04.Area 52
-
Pop-rock
05.The stars are indifferent to astronomy
-
Chanson
01.Second Tour
-
Pop-rock
02.Born to die
-
Jazz, soul, funk
03.Lioness : Hidden Treasures
-
Pop-rock
04.Fold it ! mold it !
-
Pop-rock
05.Django Django
citation du jour
« Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons. »
de Jean Renoir
En savoir plus sur cette citationVous aussi écrivez votre commentaire ou votre critique
Réagissez-
Membres (3)





Pop-rock
01.Django Django
Pop-rock
02.Born to die
Pop-rock
03.Fold it ! mold it !
World et reggae
04.Area 52
Pop-rock
05.The stars are indifferent to astronomy