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INTERVIEW DE MARTIN RAPPENEAU Chanteur de charme
Propos recueillis par Claire Mione pour Evene.fr - Avril 2006 - Le 25/04/2006
Après la sortie de son deuxième opus ‘L’Age d’or’, alors qu’il est en tournée dans toute la France, Martin Rappeneau revient sur sa récente ascension. Entretien avec un chanteur déjà grand qui se dit timide, ce dont on peut douter à voir son aisance naturelle sur scène.
Certains mettent plus de dix ans à percer, vous concernant le succès est venu assez rapidement, comment percevez-vous cette fulgurante ascension ?
Ce n’est pas aussi fulgurant et ce n’est pas encore gagné. J’ai pensé à faire des chansons vers 20 ans et je considère que la route a commencé à ce moment-là. C’est quand même huit ou neuf ans de travail, de rencontres, de patience… Par contre je prends très bien le fait que certaines de mes chansons appartiennent déjà à des gens et qu’ils peuvent les chanter par coeur et à tue-tête avec moi quand je suis sur scène, ce qui est venu assez rapidement. En même temps ça a toujours été mon ambition ; à partir du moment où je fais des chansons, c’est pour que les gens les chantent avec moi.
Vous avez, ces deux dernières années, conquis un public de plus en plus important à travers une cinquantaine de dates. Que représentent pour vous ces échanges avec le public ?
C’est ce qu’il y a de plus important. C’est un métier où on est un peu isolé, soit dans sa chambre en train d’écrire, ou en studio en train d’enregistrer, soit dans une maison de disques où l’on réfléchit à comment sortir le disque. Donc le seul moyen de savoir ce que l’on vaut, qui l’on est musicalement, c’est d’être confronté directement aux autres. Je ne cours pas les plateaux télé, je cours plutôt les salles de concerts, c’est là que l'on voit les gens. Que ce soit pour les premières parties où le public ne m’attendait pas, ou lors de mes propres concerts lors desquels j’ai vraiment rencontré des fans - pas des fans hystériques mais des fans qui aiment vraiment les chansons. C’est juste ce que je recherchais depuis le début.
Le succès a été grandissant : la Boule noire, puis la Cigale et, dernièrement, le Casino de Paris…
C’est vraiment agréable car cela s’est fait à un rythme très humain. Ca n’a pas été du jour au lendemain et c’est vrai que ça n’a pas pris quinze ans. Ca s’est fait progressivement et j’ai vu les gens venir petit à petit. J’ai l’impression de l’avoir fait de la bonne manière, avec le bon tempo.
Pour votre deuxième album ‘L’Age d’or’, vous avez été bien entouré. N’était-ce pas impressionnant de travailler avec Clive Langer, sachant le CV qu’il avait derrière lui ? (ndlr, il a notamment travaillé avec David Bowie et Elvis Costello)
C’est la maison de disques qui m’a proposé de travailler avec lui et au départ le nom ne me disait rien. On m’a dit "Va voir sur Internet ce qu’il a fait", et il se trouve que je connaissais vraiment beaucoup de ses disques (on voit vraiment que les réalisateurs sont des hommes de l’ombre). Je ne suis pas du genre impressionnable. Quand on s’est rencontrés on a parlé musique, des albums qu’on aimait et on s’est très vite bien entendu, le tout accompagné de vin rouge, ce qui a pu dissiper la barrière de la langue et la barrière des carrières respectives. Le contact s’est fait assez vite. C’était très familial, très simple.
Comment s’est passée l’écriture de votre second album ?
Ca fait au moins quatre ou cinq ans que j’écris ce second album puisque l’écriture du premier avait été finie bien avant sa sortie. C’est quand même quatre années de composition parce qu’on épure, on enlève, on rajoute… J’ai encore eu le luxe d’avoir le temps de l’écrire celui-là. Il n’a pas été écrit dans l’urgence. Le troisième album va être un vrai challenge pour moi qui aime prendre mon temps. Pour le dernier j’ai eu le luxe de réfléchir et dans ce métier le temps est un luxe.
Ces chansons, vous avez eu l’occasion de les tester sur scène ?
Quelques-unes, et notamment ‘Julien’ que j’ai testée assez rapidement sur scène. Ca donne confiance - quand on est en studio - de savoir que cette chanson-là fonctionne quand elle est confrontée au public. C’était aussi un moyen de savoir si les chansons avaient l’énergie suffisante et le souffle suffisant à vivre sur scène. Ca a été. Je n’ai pas eu peur de les jouer car je me dis que si on aime bien ce que je fais, ces chansons peuvent entrer rapidement dans le coeur des gens.
La comparaison avec Michel Berger, vous n’avez pas fini d’en entendre parler, particulièrement à l’écoute de chansons comme ‘Poupées russes’ ou ‘La Poudrière’, comment la prenez-vous ?
C’est complètement assumé, bien entendu. Je ne cours pas du tout après la référence, les chansons que vous avez évoquées ne sont pas du tout des clins d’oeil appuyés. Mais je suis très fier que l’on me compare à lui si c’est pour les bonnes raisons : si c’est pour la mélodie et le piano énergique, je prends et je garde !
Peut-être la comparaison est-elle aussi due à la voix…
C’est la voix un peu haute ? Evidemment. Mais il y a aussi Polnareff dans le lot, Sheller, Voulzy… Je pense que ma voix s’est placée instinctivement haute car les gens que j’aime chantent aussi haut.
Comment vous décririez-vous à quelqu’un qui ne vous connaît pas ?
Je dirais que je suis timide, que la musique prend 70% de ma vie. Je n’aime jamais la musique monochrome, il faut que ce soit un mélange de couleurs : ni trop blanche, ni trop black. C’est pour ça que j’aime la pop, elle mélange toujours ça. C’est pour cela aussi que j’apprécie tant les Beatles : jamais bassement rock blanc de Liverpool mais toujours influencés de musique black. Comme Stevie Wonder qui n’a jamais fait que de la black music, toujours influencé par les mélodies des groupes anglais. Voilà ce que j’aime, quand la musique se mélange.
Vous vous entourez d’artistes dont le répertoire est assez éloigné du vôtre comme Camille ou Sly. Ces influences sont-elles importantes dans votre musique ?
C’est important d’avoir autour de moi des gens qui ne me ressemblent pas obligatoirement mais avec lesquels on se retrouve sur certaines choses. Par exemple avec Camille, on a beaucoup de références communes, des chansons qu’on écoutait tous les deux, comme Sly qui aime beaucoup la soul music. C’est important car ça me met en danger, ça me confronte à d’autres choses et ça m’apporte beaucoup personnellement et musicalement. Ca me donne surtout une vision plus large. Dans le regard des autres aussi, ça correspond bien à ce que je suis et ça aide à élargir le portrait : pas uniquement un chanteur de chanson d’amour, de pop ou de variété.
Vous faites souvent intervenir des femmes dans l’écriture de vos albums, qu’apportent-elles ?
Ce sont souvent des femmes qui me connaissent bien - pas des ex - mais elles me connaissent bien dans ce que je vis, ce que je suis, donc ça permet de confronter les regards avec douceur. Comme dans l’écriture à deux il y a souvent un dialogue, c’est à la fois une séduction, quelque chose de charmant qui donne un double regard au texte. Ca s’approche plus justement de ce que je suis.
Les photos sur votre dernier album vous donnent l’image d’un romantique, tendance chanteur-à-femmes, ciblez-vous votre public ?
(Rires) Je n’en ai pas l’impression et je ne suis pas du genre à cibler mon public. Je sais qu’il est plutôt féminin mais il commence à se masculiniser. Peut-être que les filles amènent leur mec… Non je ne cible pas mais j’ai conscience que mes chansons parlent d’abord aux filles. Les passeurs de musique sont plutôt les femmes, elles ont moins de pudeur à s’abandonner dans une chanson.
Prochainement, beaucoup de dates sont prévues dans toute la France, êtes-vous effrayé à l’idée de quitter les sphères parisiennes dans lesquelles vous avez fait vos preuves ?
Je suis très content de partir en province chanter mon répertoire. A Paris on a pu construire, les gens commencent à bien me connaître et il y a toujours une base d’amis dans la salle qui permet de mettre la bonne ambiance, ce qui ne sera pas le cas en province. Aujourd’hui je n’ai qu’une envie c’est d’être sur la route, aller chercher les gens et les convaincre. Et puis le côté saltimbanque joue beaucoup dans le charisme de ce métier. Le vrai travail commence là pour moi. Le challenge est plus dur mais aussi plus excitant !
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Auteur, compositeur et interprète françaisNé à Neuilly Né le 5 Avril 1976Nourri des partitions délicates et très enlevées que Michel Legrand a souvent écrites pour son père, le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, mais aussi fan de musique californienne et de pop au...
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11/02/2012 08h50 geniale! j'aimeeeeee
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