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The Bewitched Hands, fines bulles de pop
Par Adrien Sene - Le 23/08/2012
Temps fort de la dernière édition de Rock en Seine, The Bewitched Hands jouait à domicile au Festival Elektricity de Reims pour accompagner la sortie de leur nouvel album, Vampiric Way. Rencontre avec un groupe qui a tout pour être la sensation pop de la rentrée.
Fort d’une moyenne d’âge de 30 ans, les rémois de The Bewitched Hands sortent l’album de l’été… à la rentrée. Le 25 septembre plus exactement. Il s’appelle Vampiric Way et il est très bien. Mieux que ça, même. Après Birds & Drums, ce second album enfonce le clou d’une pop-rock décomplexée de ses origines champenoises. De l’ouverture extatique avec Westminster, en passant par le single Thank you goodbye it’s over ou la ballade Let me, et tout du long jusqu’à cette euphorique Vampiric Way, la formation pétille des fines bulles de pop, de folk ou de Madness.
La Cité des Rois
Reims, Place du Forum sous un cagnard juilletiste. Les caves de Champagne sont un peu loin. La cathédrale est à une centaine de mètres. Mais les Bewitched Hands sont là au Général. Du moins, les deux tiers du sextet, à savoir : Nicolas Karst, Baptiste Lebeau et Benjamin Pinard et Sébastien Adam. Resterons absents : Anthonin Ternant et Marianne Mérillon. Jean slim, cheveux longs, barbe ou casquette de routier, ils détonnent dans l’architecture bourgeoise. Et, pourtant, la « ville des sacres » est bien leur berceau, et celui de The Shoes, Yuksek ou Brodinski, soit dit en passant. Pourquoi une telle concentration de talent ? Bizarrement, la réponse se trouve plutôt du côté de Bordeaux. « On a tous habité là-bas, explique Benjamin. La scène rock y est très vivante. En revenant à Reims, où tout le monde travaillait dans son coin, on a ramené cette envie de se rassembler. » Baptiste ajoute : « Après, c’est aussi un concours de circonstance. Le succès de certains a entraîné les autres. Yuksek a sorti son premier album auquel on a participé et il nous a aidé par la suite. » La scène de Reims est une grande famille. D’ailleurs, Baptiste est le frère de Benjamin Lebeau, qui forme avec Guillaume Brière The Shoes. Pour infos : les Bewitched sont sur trois morceaux de l’album Crack My Bones, dont le single Tim to Dance. Pour rappel, le clip avec les chœurs de The Bewitched Hands.
Pop anglaise à la française ou Pop française à l’anglaise ?
La formation, en 2007, de The Bewitched Hands relève également du concours de circonstance. « Chacun de nous évoluait dans des projets solos, nous raconte Benjamin entre deux gorgées de bière. On se connaissait sans pour autant avoir joué ensemble puis, un soir, on s’est réuni pour faire un concert. Et ça a fonctionné. Peut-être, justement, parce qu’on avait le plaisir de jouer, sans la pression d’aboutir à quelque chose. » Peut-être aussi parce qu’ils se sont retrouvés autour de référénces communes. « On fait de la musique depuis l’adolescence, continue Nicolas. Chacun a ses influences mais on a grandi avec les mêmes groupes anglophones de l’époque. Les Pixies ou Nirvana, et bien d’autres d’avant comme Robert Wyatt, The Humphries, Magma ou Can. » Et cela s’entend. Dans la langue de Shakespeare, en plus. Mais à l’époque de Revolver, Phoenix et M83, y-a-t-il encore matière à débat ?
Au choeur de la pop
© Sony MusicSept à la maison, ça va. Six dans un groupe, c’est souvent « un joyeux bordel ». Mais l’euphorie est là et la tribu ne peut s’empêcher de la fredonner à l’unisson, comme le prouve leur marque de fabrique : les chœurs. « C’est venu naturellement, explique Benjamin. Comme on n’avait pas le temps de préparer nos premiers concerts, et que l’on chantait tous sur nos projets annexes, il était plus simple de chanter ensemble. » Comme The Polyphonic Spree et Arcade Fire, The Bewitched hands communiquent leur enthousiasme ensemble.
À l’écoute, le second album démontre la maturité du groupe. « On avait mis trois ans pour écrire Birds & Drums. On a eu trois mois pour Vampiric Way. Du coup, il a un côté plus viscéral. » Après l’autoproduction à l’arrache, cet album a été produit par Julien Delfaud (Keren Ann, Gaëtan Roussel, Phoenix). Un atout. « Il nous a beaucoup aidé sur les structures des morceaux, affirme Baptiste. Il nous a apporté du recul et il a été là pour trancher sur des décisions qui peuvent être difficile à prendre lorsqu’on est six. » Du coup, ils ont bien été sept à la maison.
Vampiric Way
Alors que l’interview touche à sa fin, le groupe savoure les évènements à venir : Rock en Seine, donc, suivi, en septembre, d’un concert spécial au festival Elektricity de Reims. « Ce sera plus massif, assurément, car il est plus facile de monter des projets spéciaux à la maison, explique Nicolas. On est en plein dans la création donc on ne sait pas comment cela va rendre. » Les Bewitched Hands tiennent bien la barre de leur aventure. Ils ont même pris le parti de préparer eux-mêmes leur nouveau clip. Pas de tournage sur les toits de Los Angeles, cette fois-ci les Bewitched veulent du « fait maison », du train fantôme en carton pâte et un esprit bien à eux…On était un brin sceptique au moment de l’interview mais il est en ligne aujourd’hui et, force et de constater qu’il a de la gueule. La preuve.
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