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L'art de la rencontreINTERVIEW DE BRIGITTE LEFEVREPropos recueillis par Mathieu Laviolette-Slanka pour Evene.fr - Avril 2008
Pouvez-vous présenter cet événement un peu particulier ? Ce programme est composé de trois moments de danse. Tout d'abord 'Les Quatre Tempéraments' de George Balanchine, véritable génie de la danse, un révolutionnaire qui s'appuyait sur ce qu'il savait, mais qui avait aussi le goût et le savoir d'aller au-delà. Puis un extrait de 'Raymonda', de Marius Petipa et Rudolf Noureev, qui représente la grande artillerie de la danse classique, difficile, élégante, virtuose. Et enfin 'Artifact Suite' de William Forsythe. Ce chorégraphe allait plus loin que Balanchine lui-même, montrant la danse classique comme un plaisir et en explorant toutes les facettes. C'est en fait une sorte de voyage non pas dans la technique classique, qui n'intéresse pas grand monde, mais plutôt dans l'émotion. Les musiques et les ambiances très différentes les unes des autres agissent sur le corps, son comportement dans l'espace, son élan. Finalement, ces trois versions peuvent nous faire sortir de nos idées reçues sur la danse classique. C'est un spectacle idéal pour des personnes qui voudraient découvrir trois chorégraphes sans forcément être des spécialistes de cet art. Justement, quel langage tenez-vous à ces "non-spécialistes" de la danse qui peuvent parfois être effrayés par le prix des places, ou alors par une vision un peu négative du ballet traditionnel ?
La danse classique n'a donc rien de figé... Quand j'entends dire qu'il faut "dépoussiérer" la danse, je ne me sens pas concernée : la poussière se dépose quand on ne danse pas les oeuvres, et nous les dansons, nous les renouvelons. C'est aussi ce qui m'excite terriblement dans cette responsabilité du service public : on ne doit pas se contenter de ce que l'on sait ; au contraire, nous avons le devoir de continuer notre apprentissage, de découvrir et de faire découvrir, inlassablement. Et cette démarche est payante : entre Bastille et Garnier on compte environ 300.000 spectateurs, très composites. L'empathie est forte avec la troupe, l'influx d'énergie évident. Une réputation internationale, un budget pharaonique… Comment trouve-t-on sa place humaine dans l'Opéra de Paris ?
Quel est votre rapport à certains de ces danseurs qui deviennent, littéralement, des "stars" ? Quand j'étais petite, je pensais que j'habitais dans un grand géant, qui lui-même habitait dans un autre géant, et ainsi de suite. Le ballet représente environ 200 personnes : les danseurs, mais aussi les maîtres de ballet, les kinésithérapeutes, les médecins… Rapportés aux 1.600 salariés de l'Opéra de Paris, ce n'est pas grand-chose. Mais cette troupe réactive pardonne peu de choses. Alors on se trompe, on tâtonne et on recommence, on a de grands moments de bonheur, des doutes et aussi parfois des instants de détresse. J'ai dansé en même temps que Laurent Hilaire ou Clotilde de Vayer, les maîtres de ballet actuels, je surveille la carrière des plus grands danseurs d'aujourd'hui. J'ai beaucoup d'estime et d'admiration pour la plupart d'entre eux. Mais mon rôle n'est pas d'être impressionnée par ce bruissement humain. Il est d'être à la hauteur de ses exigences. Page 1/2
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Tous les avis sur les articles et interviews
On ne voit qu'eux mais leur conception reste un secret soigneusement dissimulé aux regards indiscrets. A l'origine des habits de lumière ou d'ombre que l'on voit sur scène se trouve le décorateur, différent à chaque production. Mais son idée ne serait rien sans les dizaines de petites mains qui s'affairent pendant des mois sur une boucle, un volant ou un corset. Voyage dans un pays secret qui transforme les rêves en réalité.
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Benjamin Millepied, lors de sa venue à Paris, semble ne pas avoir assez d'une vie pour tout faire. Danseur dans le programme du New York City Ballet à Bastille, chorégraphe de son nouveau spectacle 'Triade' à Garnier, il cumule les casquettes - ce qui ne l'empêche pas de se prêter de bonne grâce au jeu de l'interview.
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